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Magnus (Sverrir Gudnason) et Anna (Saga Garðarsdóttir) se sont aimés. Ils ont fait trois beaux enfants : une fille et deux garçons. Mais entre le marin sans cesse parti en campagne de pêche sur un chalutier et cette artiste qui peine à se faire exposer, l'amour s'en est allé. S'ils vivent séparés, cela n'empêche pas le père, toujours amoureux de sa femme, de venir régulièrement à la maison pour manger en famille.
Difficile d'oublier le choc Godland en 2022. Dans ce film formaliste habité, Hlynur Pálmason nous plongeait dans l'Islande du XIXe siècle sur les traces d'un jeune prêtre danois traversant l'île pour s'en aller bâtir une église dans un coin reculé.
Dans son nouveau film, dévoilé hors Compétition à Cannes en mai 2025, le cinéaste islandais revient à un récit plus terre à terre, ancré dans le présent. Et, contrairement à l'impressionnant Un jour si blanc en 2019, Pálmason refuse toute forme de cynisme dans l'observation de ses contemporains. Faisant preuve d'une grande sensibilité, il capte au contraire des instants dans la vie d'une famille pour sonder l'amour qui reste entre ses membres.
La poésie du quotidien
La mise en scène reste inchangée : plans fixes en 4/3, regard distancié, mais la tonalité est très différente. Portée par la très belle partition au piano d'Harry Hunt, L'Amour qu'il nous reste n'est pas un film froid. C'est au contraire une œuvre emplie de chaleur et de sentiments, mais qui ne verse jamais dans le sentimentalisme.
Tourné dans une région reculée de l'est de l'Islande, le quatrième long métrage d'Hlynur Pálmason est un véritable poème visuel. Passant d'un instant quotidien à un autre (jeux des enfants, travail sur le bateau, création de l'artiste…), la narration est lâche. Mais dès la séquence d'ouverture, magistrale, l'Islandais crée des images fortes, où l'on ne sait pas toujours si l'on est dans la réalité, le souvenir, le rêve, le cauchemar ou le gag burlesque.
"Godland" : un film époustouflant qui questionne l'homme, la religion et la natureLe film ne prend jamais le spectateur par la main pour lui expliquer ce qu'il doit comprendre. Maniant avec finesse le surréalisme, le réalisateur construit plutôt ses saynètes comme des métaphores, douces ou cruelles, pour parler de l'amour. Entre légèreté et profondeur, drôlerie et tristesse, il parvient à rendre vivante cette famille. Sans doute parce qu'aux côtés de deux acteurs attachants (l'humoriste Saga Garðarsdóttir et Sverrir Gudnason, vu dans Falling de Viggo Mortensen, mais aussi en Mikael Blomkvist dans Millénium : Ce qui ne me tue pas), l'Islandais fait ici tourner ses propres enfants, qui portent leur propre prénom à l'écran. Sans oublier le chien Panda, absolument craquant et à qui ne pouvait échapper la Palm Dog à Cannes !
Hlynur Pálmason fait tourner ses propres enfants. ©ImagineLa vanité de l'homme
Comme dans Godland, Hlynur Pálmason se montre également attentif à la beauté de la nature, filmant celle-ci dans toute sa majesté, avec la présence permanente de la mort, qui touche les animaux : poissons, oiseaux, poulets de la basse-cour familiale… Comme un rappel de la brièveté de notre passage sur Terre.
Hlynur Pálmason : "Ici, vous êtes abandonné de tous, sauf de Dieu. Mais Dieu n'existe pas…"Si la nature paraît moins inquiétante que dans Godland, celle-ci continue, impassible, de regarder évoluer l'humanité comme une vanité. Tourné au gré des saisons, sur une année, L'Amour qu'il nous reste souligne l'impact de cette nature sur la vie quotidienne dans cette région reculée de l'Islande, mais aussi sur l'art du personnage de la mère, que le cinéaste décrit de façon sublime.
Dans son nouveau film, Hlynur Pálmason filme à nouveau les paysages grandioses de l'Islande. ©Imagine
©ImagineL'Amour qu'il nous reste / The Love That Remains / Ástin sem eftir er
Drame Scénario, réalisation et photographie Hlynur Pálmason Musique Harry Hunt Montage Julius Krebs Damsbo Avec Sverrir Gudnason, Saga Garðarsdóttir, Ída Mekkín Hlynsdóttir, Grímur Hlynsson, Þorgils Hlynsson… Durée 1h49
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