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L’amitié entre Viktor Orban et Vladimir Poutine pèsera-t-elle lors des prochaines élections en Hongrie ?

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Publié le 19/03/2026 22:57

Temps de lecture : 3min - vidéo : 4min

Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, a encore empêché jeudi 19 mars le déblocage de nouvelles aides à l'Ukraine, lors d'un sommet européen. Lui, qui dirige le pays depuis 16 ans, est le meilleur allié de Vladimir Poutine. Mais restera-t-il au pouvoir ? Il joue sa survie politique dans trois semaines dans des élections où pour la première fois, il n'est plus favori.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Ce jour de juillet 2024, Viktor Orban brise un tabou. Il est le tout premier dirigeant européen à rendre visite au paria, Vladimir Poutine, depuis l'offensive russe en Ukraine. Une visite pour favoriser la diplomatie, justifie-t-il. "Parce que la paix ne vient pas d'elle-même, elle doit être obtenue. Il faut y travailler. J'ai discuté des moyens d'y parvenir avec le président", avait-il déclaré. Le geste provoque la fureur des Européens, mais il témoigne d'une profonde entente entre les deux hommes.

Officiellement, ils se sont rencontrés 14 fois et aiment afficher leur proximité. Viktor Orban et la Russie, c'était pourtant mal parti. Au moment de l'effondrement du Bloc de l'Est, Viktor Orban se fait connaître avec un discours en 1989 s'opposant à l'impérialisme russe et à la présence de soldats soviétiques en Hongrie, il n'a que 26 ans. "Nous pouvons élire un gouvernement qui ouvre des négociations pour le retrait immédiat des troupes russes de notre pays", affirmait-il à l'époque.

Mais 20 ans plus tard, en 2009, Viktor Orban, simple candidat aux législatives, opère un virage à 180 degrés. Il rencontre Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg lors d'un rendez-vous dont il n'existe aucune image, mais où les deux hommes ont noué une sorte de pacte. "Poutine lui a expliqué : 'Tu peux faire de bonnes affaires avec moi'. Dans le même temps, Viktor Orban est critiqué par l'Union européenne, par le monde démocratique. Il a donc fait de l'Occident, de l'Union européenne, un adversaire", indique Géza Jeszenszky, ancien ministre des Affaires étrangères hongrois sous Viktor Orban.

Une position pro russe qui détonne en Europe. Sommet après sommet, Viktor Orban apparaît isolé. Il brandit plusieurs fois son veto sur la Russie. Jusque-là, il n'a pas mis ses menaces à exécution, mais depuis plusieurs semaines, il fait dérailler un nouveau train de sanctions européennes. "Malheureusement, nous ne sommes pas parvenus à un accord sur le 20e paquet de sanctions. C'est un revers et ce n'est pas le message que nous voulions envoyer aujourd'hui", racontait Kaja Kallas, la vice-présidente de la Commission européenne, le 23 février 2026.

Viktor Orban justifie son entente avec Vladimir Poutine par ses besoins en hydrocarbures russes, bon marché. Depuis la guerre en Ukraine, la part du pétrole russe a même augmenté et atteint désormais plus de 90 %. Contrairement aux autres pays européens, la Hongrie n'a fait aucun effort pour s'en passer. "La base de la sécurité énergétique de la Hongrie, ce sont des approvisionnements d'énergie russe stables dans le passé, le présent et le futur", précisait Viktor Orban en compagnie de Vladimir Poutine le 28 novembre 2025. "Je suis très heureux de remarquer que malgré toutes les difficultés actuelles, nos relations restent intactes et continuent à se développer", lui avait répondu le dirigeant russe.

Dans la campagne électorale qui fait rage en ce moment, Viktor Orban surenchérit et désigne non pas la Russie mais l'Ukraine comme adversaire. "Ils veulent sans cesse que la Hongrie soit coupée de l'énergie russe pas chère. Tant que l'Ukraine fait ça et tant qu'elle ne s'excuse pas, je dirais que c'est notre ennemi", a-t-il dit lors d'une meeting. La population hongroise soutient-elle l'alliance d'Orban et de Poutine ? Les prochaines élections livreront une partie de la réponse.

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