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Par Le Figaro avec AFP
Le 11 juillet 2026 à 01h04
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Le gouvernement malien avait annoncé plus tôt le retour à Alger de son ambassadeur, et les deux pays avaient fait état de la réouverture réciproque de leurs espaces aériens.
Passer la publicité Passer la publicitéL’Algérie et le Mali ont annoncé vendredi la réouverture réciproque de leurs espaces aériens ainsi que le retour de leurs ambassadeurs respectifs, des mesures qui pourraient augurer d’une détente entre les deux voisins après 15 mois de brouille diplomatique. Leurs relations s’étaient fortement détériorées ces dernières années, notamment depuis l’arrivée au pouvoir au Mali de la junte qui a accusé Alger d’ingérence dans ses affaires internes.
Bamako a décidé «la réouverture de l’espace aérien national à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination» de l’Algérie, a indiqué le gouvernement dans un communiqué. Il a en outre annoncé le retour à Alger de son ambassadeur qui avait été rappelé en avril 2025, sans toutefois préciser de date.
Quelques heures auparavant, Alger avait fait part de la même mesure relative à l’espace aérien de son voisin. Une décision effective à compter de ce vendredi et qui «inclut tous les vols aériens à destination et en provenance du Mali à travers les différentes destinations internationales», a précisé le ministère algérien de la Défense dans un communiqué. À l’instar du Mali, l’Algérie a également annoncé vendredi le retour de son ambassadeur au Mali.
Le drone de la discorde
Kamel Retieb, qui était en poste à Bamako avant qu’Alger ne le rappelle à la suite d’une querelle déclenchée par la destruction d’un drone malien par les Algériens en avril 2025, reprendra ses fonctions d’ambassadeur, a déclaré le ministère des Affaires étrangères.
La tension diplomatique était montée entre le Mali et son grand voisin du nord depuis l’arrivée au pouvoir de la junte malienne à la suite de deux coups d’État en 2020 et 2021. Alger, qui avait joué un rôle central dans la négociation de l’accord de paix de 2015 entre Bamako et les groupes armés du nord, a vu son influence remise en cause par les nouvelles autorités, qui accusent l’Algérie d’ingérence dans leurs affaires intérieures. Le Mali est confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire nourrie par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique (EI), et de bandes criminelles communautaires.
La querelle entre les deux pays s’était aggravée au printemps 2025 après la destruction d’un drone militaire malien près de la frontière commune entre les deux pays. L’Algérie a affirmé que l’appareil avait violé son espace aérien, le Mali soutenant de son côté qu’il se trouvait sur son territoire. L’incident avait provoqué une crise diplomatique avec rappel d’ambassadeurs, la fermeture réciproque des espaces aériens et des échanges d’accusations entre Alger et les pays de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger).
Les tensions ont par ailleurs été alimentées par l’annonce en avril du soutien du Mali au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, une position opposée à celle de l’Algérie, qui appuie le Front Polisario indépendantiste. Malgré ces querelles, les deux pays restent liés par une longue frontière et par des enjeux sécuritaires communs, notamment la lutte contre les groupes jihadistes actifs dans le Sahel.


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