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La province canadienne de l’Alberta a introduit un projet de loi visant à limiter l’accès à l’aide médicale à mourir aux seules personnes dont la mort est « raisonnablement prévisible ».
La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, dont le Parti conservateur uni (droite) s’oppose régulièrement aux politiques du gouvernement libéral fédéral, a déposé mercredi le texte au parlement provincial.
Seulement ceux « dont le décès naturel a été jugé raisonnablement prévisible par un médecin ou une infirmière praticienne » pourraient obtenir l’aide médicale à mourir (AMM), selon le projet législatif présenté.
S’il était adopté, l’Alberta interdirait « aux personnes dont le seul problème médical sous-jacent est une maladie mentale » d’obtenir l’euthanasie, et imposerait qu’un proche soit « témoin » de l’administration de l’AMM.
L’aide médicale à mourir est légale au Canada depuis 2016 pour les personnes en fin de vie. En 2021, elle a été étendue aux personnes atteintes d’une maladie grave et incurable, même lorsque la mort n’est pas imminente.
Alors que les parlementaires français et britanniques s’approchent d’une réforme en ce sens, le Canada s’apprête à aller encore plus loin.
Une commission parlementaire, sans poids décisionnel, doit se prononcer le mois prochain pour dire si les provinces sont prêtes à élargir la procédure aux personnes dont la seule pathologie est un trouble mental dès mars 2027.
Le chef de l’opposition canadienne, Pierre Poilievre, a semblé offrir jeudi son soutien à Mme Smith sur les ondes du podcast de l’Américain Joe Rogan, le plus écouté au monde sur Spotify l’an dernier.
« Ce qui nous inquiète, c’est l’idée qu’on pourrait le proposer à des enfants, ou à des personnes dont la seule pathologie est une maladie mentale. Je ne suis pas d’accord avec ça », a affirmé le leader conservateur, sans mentionner directement le projet de loi albertain.
Inclusion Canada, un groupe national de défense des droits des handicapés, a annoncé son soutien pour l’initiative législative.
Dans un communiqué, l’organisme a exhorté Ottawa à « supprimer l’admissibilité à l’aide médicale à mourir pour les personnes qui ne sont pas en fin de vie et à s’assurer qu’elle ne soit jamais étendue aux personnes ayant une maladie mentale ni aux mineurs matures ».
Le Canada occupe une place centrale dans le débat mondial sur la question, alors qu’un Canadien sur vingt est décédé de cette procédure en 2023.
Certains experts tirent la sonnette d’alarme, critiquant un laxisme vis-à-vis de la procédure, perçue comme un outil thérapeutique plutôt que comme une décision mettant fin à une vie.


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