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Alors que le solde du régime général devrait être déficitaire de 6,6 milliards d’euros en 2025, le régime complémentaire géré par les partenaires sociaux est toujours excédentaire et possède même près de 100 milliards d’euros de réserves.
Passer la publicité Passer la publicitéLe système de retraite français n’est pas voué à être déficitaire. C’est la leçon que donne chaque année l’Agirc-Arrco, qui gère la retraite complémentaire de 14 millions de salariés du privé. En 2025, ce régime affiche un résultat en excédent de 1,4 milliard d’euros (contre 4,6 milliards en 2024). Les caisses du régime sont par ailleurs de plus en plus pleines, avec 91,2 milliards d’euros de réserves, dont le placement a rapporté 1,1 milliard d’euros en 2025. Alors que le déficit du régime de retraite dans son ensemble se creuse, la gestion efficace de l’Agirc-Arrco par les partenaires sociaux pourrait servir d’exemple.
Ce bon résultat en 2025 « s’inscrit dans une trajectoire pluriannuelle équilibrée » rappelle Brigitte Pisa, vice-présidente de l’Agirc-Arrco. Depuis 2019, le régime affiche en effet chaque année un solde positif, sauf en 2020, au moment de la crise sanitaire. Une résilience qui témoigne de « la robustesse de notre modèle », ajoute Brigitte Pisa. Hors du giron de l’État, l’Agirc-Arrco est piloté exclusivement par des représentants du patronat (Medef, CPME et U2P) et des syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et FO) et obéit à une règle d’or : le régime doit toujours disposer d’au moins 6 mois de réserves de paiements des pensions de retraite sur 15 ans glissants.
Un régime général en bien mauvaise posture
L’Agirc-Arrco n’est toutefois qu’un seul des pans du vaste système de retraite français. En 2023, les retraites complémentaires obligatoires comme l’Agirc-Arrco ou l’Ircantec (pour les agents contractuels de droit public) ont représenté 28 % des dépenses, contre 42 % pour le régime de base, selon la Cour des comptes. Additionnés, ces régimes ne sont pas à l’équilibre. Dès 2025, la Cour des comptes tablait sur un déficit de 6,6 milliards d’euros, avant de grimper à 15 milliards d’euros par an à partir de 2035 et environ 30 milliards à partir de 2045, hors inflation. Un scénario établi avant le vote par les parlementaires de la suspension de la réforme des retraites, effective au 1er septembre 2026. Une loi impopulaire, mais qui améliorait légèrement le solde du régime grâce à sa montée en puissance prévue jusqu’en 2030.
Cette mauvaise situation du régime de retraite s’explique en partie par le rapport de plus en plus déséquilibré entre le nombre d’actifs d’aujourd’hui face à ceux d’hier. Le ratio est passé d’environ quatre cotisants pour un retraité dans les années 1950 à moins de deux pour un aujourd’hui. Dans la fonction publique, ce solde est encore plus dégradé, avec environ un fonctionnaire actif seulement cotisant pour un fonctionnaire retraité, ce qui oblige l’État à compenser ce déséquilibre par une contribution faramineuse. L’Agirc-Arrco est pour l’instant relativement épargné, avec 28 millions d’actifs pour 14 millions de retraités en 2025, ainsi que 18 millions de personnes ayant cotisé au moins une fois en 2025 sans rester dans le giron du régime.


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