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Des associations dénoncent "le silence inquiétant des responsables et des institutions" du Maroc, après un mouvement migratoire inédit. La "quasi-totalité" des personnes ayant franchi illégalement la frontière ont été renvoyées au Maroc, selon l'Espagne.
Publié le 03/08/2026 11:15 Mis à jour le 03/08/2026 11:43
Temps de lecture : 1min
Un groupe de candidats à la migration regagnent le Maroc après avoir tenté d'entrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, le 2 août 2026. (HENRY NICHOLLS / AFP)
L'écart est conséquent. Onze personnes sont mortes lors de l'afflux inédit de quelque 60 000 migrants entre jeudi et vendredi dans l'enclave espagnole de Ceuta, au Maroc, selon un premier bilan officiel du ministère de l'Intérieur marocain, publié dimanche 2 août dans la soirée. L'Espagne a de son côté recensé au moins 72 morts, et l'Association marocaine des droits humains (AMDH) a fait état de "près de 130 victimes" et de dizaines de disparus.
Le ministère marocain a annoncé 40 000 "tentatives" de franchissement irrégulier de la frontière vers Ceuta, ajoutant que 1 135 personnes avaient cherché à rejoindre l'autre enclave espagnole de Melilla, située à 400 kilomètres plus à l'est. Selon Madrid, la "quasi-totalité" des personnes ayant franchi illégalement la frontière, surtout des jeunes Marocains, ont depuis été renvoyées au Maroc.
L'AMDH a appelé samedi à l'ouverture d'une enquête indépendante sur les causes de cet afflux inédit de migrants entre la ville marocaine de Fnideq et l'enclave espagnole. L'association condamne "le silence inquiétant des responsables et des institutions" du Maroc, estimant que leur mutisme a contribué à cet afflux migratoire. Pour Rabat, cette crise migratoire résulte notamment de "l'exploitation malveillante" des réseaux sociaux, de "la diffusion d'informations trompeuses" et d'"interprétations erronées de dispositions légales" espagnoles. Des analystes pointent également le contexte diplomatique tendu entre l'Espagne et le Maroc : les autorités marocaines "utilisent les mouvements humains pour envoyer des messages", pointe Haizam Amirah Fernández, directeur exécutif du Centre d'études arabes contemporaines (Cearc), auprès du média espagnol RTVE.
L'arrivée en masse de ces migrants a déclenché une crise diplomatique entre l'Espagne et ses partenaires européens les plus critiques de sa politique migratoire. Les ministres de l'Intérieur des pays de l'Union européenne doivent aborder les événements de Ceuta mardi en visioconférence.


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