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Le meurtre du Dr. Cassan, l'un des bienfaiteurs d'Albi dans le Tarn, a fait couler beaucoup d'encre. Retour sur une affaire criminelle qui a, en son temps, défrayé la chronique
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Par Gilles Rolland Publié le 12 juil. 2026 à 18h02
Ancien maire d’Albi, médecin-chef au Bon Sauveur, Germain Cassan était un homme apprécié et respecté. Un notable qui, en 1889, a brutalement été assassiné, au cours d’un printemps qui a marqué les esprits. Récit d’une affaire aussi sordide que glaçante qui s’est terminé sur la place publique, par une décapitation en bonne et due forme…
Un homme notoire et respecté
Tout commence le 7 mai 1889. Germain Cassan, docteur de son état, bienfaiteur notoire et célébrité locale, apprend la mort de sa servante Philippine à Lagrave, non loin de son domicile à Albi. Le lendemain, c’est son chien qui passe à son tour l’arme à gauche, empoisonné.
Le 9 mai de la même année, le docteur Cassan se prépare à passer une soirée comme tant d’autres. Certes probablement un peu inquiet ou en tout cas attristé par la mort de sa domestique, il ne se doute pas qu’il est le prochain sur la liste… Il est un peu plus de 22h quand le docteur se retire dans sa chambre. Les lumières de la maison s’éteignent les unes après les autres et la nuit prend ses quartiers, dans un silence de circonstance.
Justin Durand, le domestique de Germain Cassan, se glisse dans la chambre de son patron avant de le frapper à la tête avec un marteau. Le docteur n’est pas encore mort. Son domestique se saisit alors d’un couteau et porte le coup fatal. Le sang jaillit tel un geyser. Rapidement, le meurtrier quitte les lieux, a priori sans alerter les autres serviteurs. Il se rend en revanche chez les voisins pour leur informer que son maître vient d’être assassiné avant d’aller au commissariat pour faire de même avec les forces de l’ordre.
Motifs troubles
Les policiers découvrent alors le docteur Cassan, mort, baignant dans son sang. Les investigations et les interrogatoires commencent très vite. Sur la scène de crime, les agents trouvent un marteau et un couteau. Plusieurs meubles sont tachés de sang. Comme si l’assassin avait procédé à une fouille minutieuse de la chambre après avoir commis son sinistre forfait.
Objet de tous les soupçons, Justin Durand affirme dans un premier temps aux enquêteurs qu’il a lui aussi été agressé, ayant réussi à s’en sortir, avant d’avouer être l’amant d’une certaine Émilie Peyronnet, la belle-fille de Germain Cassan. Il explique qu’un tantinet aigrie, la jeune femme, veuve, reproche au docteur un train de vie misérable et lui aurait demandé son aide pour obtenir réparation.
Dans son témoignage, Justin Durand enchaîne les versions. Il affirme aussi que c’est son amante qui a tué le docteur mais il s’avère que cette dernière n’a pas quitté son domicile toulousain quand son beau-père a été tué. Ce n’est finalement que lors du procès que Durand reconnaît être le meurtrier. Il va même jusqu’à expliquer comment il a scié le cou de son employeur…
À en perdre la tête
Si aujourd’hui, plusieurs mois, voire plusieurs années sont nécessaires à la justice pour mener les affaires criminelles à leur terme, à la fin du XIXe siècle, le système était beaucoup plus expéditif. Immédiatement reconnu coupable, Justin Durand est condamné à la peine capitale. Pour le juge, il ne fait aucun doute que Durand a tué le docteur Cassan pour se saisir de son argent. En 1890, tout Albi assiste à son exécution et voit le domestique littéralement perdre la tête, en place publique…
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