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«L’affaire Dominique Pélicot n’est pas un cas isolé» : Saskya Vandoorne dévoile les coulisses de son enquête choc pour CNN

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Saskya Vandoorne dans le «Buzz TV» pour Le Figaro TV

Saskya Vandoorne dans le «Buzz TV» pour Le Figaro TV Le Figaro / capture d'écran

VIDÉO - La chef du bureau CNN à Paris était l’invitée du «Buzz TV». La chaîne américaine vient de diffuser un documentaire édifiant sur la soumission chimique après avoir infiltré des groupes Telegram.

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Saskya Vandoorne était l’invitée du «Buzz TV» ce vendredi 17 avril pour raconter sa récente enquête sur la soumission chimique. «Tout a commencé par le procès de Dominique Pélicot , parce que moi j’étais dans la salle d’audience quand l’avocat de Gisèle Pélicot , Antoine Camus, a parlé de cette plateforme Coco. Il a dit que c’était l’arme du crime», explique-t-elle. Coco est en effet le site de chat en ligne utilisé par Dominique Pelicot pour organiser son réseau. Reconnue comme étant un repère de pédophile, la plateforme a depuis été fermée par la justice française. Intriguée par d’éventuelles plateformes similaires, la journaliste de CNN a donc enquêté pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène de soumission chimique.

«Je ne savais pas que ça allait être aussi grand, qu’il allait y avoir tellement d’hommes qui voulaient droguer et violer leurs femmes, leurs partenaires», avoue-t-elle. «Au fur et à mesure de l’enquête, on a réalisé vraiment l’ampleur du phénomène et que c’est un phénomène qui est international, qui est global.» Très vite, elle infiltre un groupe Telegram où plusieurs dizaines d’hommes se conseillent sur la façon de droguer sa femme, l’endormir et ensuite la violer. Une organisation tentaculaire à travers l’Europe et le monde. «On a créé un faux profil, un profil masculin et tout a commencé sur Motherless, ce site pornographique. Ce n’est pas un site qui est sur le dark web, il est très facile à intégrer. Vous n’avez même pas besoin d’e-mail, juste un pseudonyme», explique-t-elle.

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Sur ce site, elle découvre «des centaines de milliers de vidéos» pornographiques de femmes sédatées avec un système de catégories. «Je vais vous donner un exemple. Il y en a un hashtag qui s’appelle #vérification des yeux. Et dans ces vidéos, les hommes vont soulever les paupières de la femme pour montrer qu’elle est complètement sédatée. Et après, ils vont passer à l’acte», révèle-t-elle. Sur les profils des utilisateurs figurent souvent des liens vers des groupes Telegram. C’est comme ça qu’elle réussit à «rejoindre un groupe privé avec mille hommes dessus». Un espace sur lequel les hommes vendent des drogues et s’échangent des conseils sur «le nom, le genre de dosage qu’il fallait, les médicaments, combien de temps les somnifères allaient durer. C’était vraiment de véritables tutoriels qu’on trouvait sur ces groupes», précise-t-elle.

60 millions de visiteurs sur Motherless

Dans ce groupe, elle entre en contact avec un certain Piotr. «Il me parle du médicament qu’il a utilisé, le même que Dominique Pelicot utilisait sur Gisèle Pelicot. Il a admis qu’il droguait et violait sa femme», raconte-t-elle. Afin d’apporter du réalisme à l’enquête, elle se déplace jusqu’en Pologne pour tenter de le retrouver. C’est dans un restaurant qu’elle tombe sur lui et sa femme. «On était là pour le voir, pour se dire : “Tout ce qu’il nous a dit, visiblement, est vrai”. On a décidé de quitter le restaurant et après, de partager des éléments de l’enquête avec la police polonaise», atteste-t-elle. Il a depuis été arrêté par les autorités et sera bientôt jugé.

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Saskya Vandoorne n’est pas la seule à avoir levé le voile sur ces pratiques illégales. Avant elle, «des journalistes allemandes, Isabelle Stroh, Isabelle Behr, ont trouvé des groupes où il y avait 70.000 hommes», confie-t-elle. Alors que Motherless compte environ 60 millions de visiteurs par mois, la journaliste s’interroge du manque de régulation. «Quand on était dessus, on n’a pas vu de policiers. Motherless continue à exister», s’étonne-t-elle.

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