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L’actu en vrac en 4-4-2 : un policier tué, un acteur écroué, un détenu XXL et une chienne héroïque

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Pendant que les humains compliquent tout, une chienne italienne rappelle qu’avoir du flair peut encore sauver des vies.

Nantes : un policier de 22 ans tué sur le périphérique, pendant que le pays apprend encore à marcher droit

Il avait 22 ans. Vingt-deux. L’âge où l’on devrait penser à l’avenir, pas finir sur un périphérique au cours d’une intervention de nuit.

Dans la nuit du 16 au 17 octobre, un jeune policier adjoint affecté au commissariat de Saint-Herblain a perdu la vie sur le périphérique de Nantes. À l’origine, rien qui ne paraissait devoir finir au cimetière. Une voiture poussée sur la chaussée, trois hommes autour, des agents d’entretien qui interviennent, un remorquage refusé, un rétroviseur abîmé. Le désordre ordinaire, celui qu’on appelle pudiquement un « incident ».

Puis la police arrive. L’un des hommes prend la fuite à pied sur les voies. Le jeune fonctionnaire le poursuit. Une voiture le percute. Malgré les secours, il meurt sur place.

Voilà où nous en sommes. Un policier part en intervention et ne revient pas. Un jeune de 22 ans meurt dans un pays qui ne cesse d’expliquer qu’il faut « apaiser », « prévenir », « sensibiliser », comme si la réalité allait se calmer devant une circulaire.

Le conducteur du véhicule est en état de choc. Une enquête a été ouverte pour établir précisément les circonstances du drame.

Francis Renaud : du polar à la cellule, quand le cinéma ne suffit plus à jouer les durs

Dans les films, Francis Renaud a souvent fréquenté les flingues, les commissariats et les sales gueules. Cette fois, il n’y a ni clap de fin, ni lumière de plateau, ni Olivier Marchal pour crier « coupez ».

L’acteur, connu notamment pour ses rôles dans 36 quai des Orfèvres et Les Lyonnais, a été placé en détention provisoire à la maison d’arrêt d’Évreux après sa mise en examen pour viols en réunion, harcèlement et violences. Les accusations émanent de son ancienne compagne, qui dénonce des faits présumés sur plusieurs années.

La présomption d’innocence s’applique, évidemment. Elle s’applique toujours. Et elle s’applique ici comme ailleurs.

Il n’empêche que la scène a quelque chose de brutalement ironique. Francis Renaud avait lui-même dénoncé en 2024 certains comportements attribués à André Téchiné, dans le cadre du mouvement #MeTooGarçons. Ses plaintes avaient alors été classées sans suite pour prescription.

Le voilà désormais de l’autre côté de la porte, non plus à jouer les hommes abîmés du polar français, mais à répondre à des accusations d’une tout autre nature.

Le cinéma français adore les gueules cassées, les durs à cuire, les répliques sombres et les regards de chien battu. La justice, elle, se moque des castings. Elle ne distribue pas des rôles, elle examine des faits.

Et dans la vraie vie, le costume de l’homme tourmenté ne protège de rien.

Varennes-le-Grand : 300 kilos, 18 ans de prison et une administration qui découvre qu’un détenu, ce n’est pas un colis Amazon

Direction la Saône-et-Loire, où l’administration pénitentiaire se retrouve confrontée à un problème que ses tableaux Excel n’avaient manifestement pas anticipé.

Un homme de 53 ans, pesant environ 300 kilos, a été condamné le 25 septembre à 18 ans de prison pour des viols sur mineurs commis entre 2008 et 2017. Son frère a, lui aussi, été condamné, à huit ans de réclusion.

Déjà, le procès avait tourné à la démonstration logistique. Impossible d’accueillir l’accusé dans des conditions ordinaires au tribunal de Vesoul. Il avait fallu délocaliser les audiences au ParcExpo 70, où l’homme comparaissait sur un lit médicalisé. On ne jugeait plus seulement une affaire pénale, on gérait aussi une opération de manutention lourde.

Après le verdict, transfert vers la prison de Varennes-le-Grand, en ambulance, sur un brancard adapté, avec installation dans une cellule du rez-de-chaussée. Et là, surprise : la prison n’est pas équipée.

Pas de lève-malade. Des surveillants inquiets. Du personnel médical mobilisé trois fois par jour. Une seule compagnie d’ambulances du secteur capable d’assurer les déplacements. L’administration française, ce vieux génie de l’anticipation, découvre donc qu’incarcérer un détenu de 300 kilos demande autre chose qu’une porte qui ferme.

L’avocat de l’homme, qui a fait appel, envisage une demande de suspension de peine pour raison médicale.

La question n’efface évidemment en rien la gravité des faits ayant motivé la condamnation. Mais elle expose une réalité très française : des institutions déjà à bout de souffle, à qui l’on demande de tout gérer avec des moyens prévus pour hier.

La prison manque de place, manque de bras, manque de matériel. Cette fois, elle manque même d’outils pour prendre en charge un détenu que le système est incapable de gérer dignement et efficacement.

On a les discours martiaux. On a les condamnations. Et derrière, on découvre que l’État tient parfois avec du scotch, des formulaires Cerfa et un brancard.

Italie : une chienne sauve un nouveau-né abandonné, pendant que l’espèce humaine continue son numéro de dégénérescence

Et puis il y a cette histoire, absurde et magnifique à la fois, qui rappelle que dans certains moments, l’animal sauve ce que l’humain abandonne.

Le 12 octobre, à Cinisello Balsamo, près de Milan, une femme de 58 ans promène sa chienne Marta. L’animal s’arrête devant un sac plastique bleu abandonné au pied d’un arbre. Sa maîtresse pense d’abord à un déchet. Elle la gronde. La chienne insiste.

Et heureusement qu’elle insiste.

Dans le sac, un nouveau-né, vivant, âgé de quelques heures à peine. Le nourrisson est secouru et transporté à l’hôpital Niguarda de Milan. Souffrant d’une légère hypothermie, il a ensuite montré des signes rassurants. Il respire seul et s’alimente au biberon.

Une enquête a été ouverte pour retrouver les responsables de cet abandon.

La leçon est cruelle, mais limpide. Pendant qu’une partie de l’humanité disserte sur le progrès, les valeurs, la bienveillance, la parentalité positive et toutes les bondieuseries creuses qui servent d’emballage moral à notre époque, un bébé est abandonné dans un sac plastique, et c’est une chienne qui fait le boulot.

Pas un expert. Pas un influenceur engagé. Pas une institution sursubventionnée. Pas un grand donneur de leçons en plateau.

Une chienne.

Morale de l’histoire : « Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien » (Pierre Desproges).

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