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Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) a inauguré jeudi sa première maison de naissances, à Val-d’Or. Celle-ci offre une alternative à la maison et à l’hôpital aux familles de la région qui veulent accoucher avec l’aide d’une sage-femme dans un lieu plus convivial.
La Maison de naissances et de la petite enfance des Grands Pins innove en offrant sous un même toit les services de sages-femmes et une équipe de santé publique, misant tant sur les soins que sur la promotion de la santé et de la prévention auprès des familles.
C'est une journée très fébrile parce qu'on voit concrètement à quoi ressemble la Maison de naissance et de la petite enfance des Grands Pins à Val-d'Or. On y travaille depuis 12 ans, donc c'est un rêve qui se réalise aujourd'hui. Et c’est combiné avec la petite enfance, donc avec des soins de santé publique, ce qui est unique comme modèle au Québec, affirme Frédérique Cornellier, l’une des instigatrices d’Objectif Sages-Femmes Abitibi-Témiscamingue (OSFAT).

Frédérique Cornellier, membre instigatrice d'Objectif Sages Femmes Abitibi-Témiscamingue, voit un volet important de son rêve se réaliser avec une première maison des naissances.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
L’Abitibi-Témiscamingue figurait jusqu’à l’an dernier parmi les trois dernières régions qui n'offrent pas le service de sages-femmes. Le projet est sur la planche à dessin depuis 2015. Trois sages-femmes et cinq aides natales offrent ce service depuis un peu plus d’un an. Deux sages-femmes s’ajouteront à l’équipe en juin.
On avait débuté notre offre de services en décembre 2024 avec des femmes en début de grossesse qui étaient dues à partir du mois d’août, explique Jessica Boulanger, première sage-femme de la région et cheffe du département clinique des sages-femmes pour le CISSS-AT.
Kéllyana, la première
Déjà, 11 enfants ont été mis au monde avec l’aide de sages-femmes en Abitibi-Témiscamingue, dont six à la nouvelle Maison de naissances et de la petite enfance des Grands Pins, qui a ouvert ses portes en décembre.

Darren Yan-Ping-Yen et Kalina Rinolf ont été les premiers parents à bénéficier de la maison des naissances, pour l'arrivée de la petite Kéllyana.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
La petite Kéllyana est le premier bébé né dans la maison de naissances, le 18 décembre dernier. Ses parents, Kalina Rinolf et Darren Yan-Ping-Yuen, se sentent très privilégiés d’avoir pu vivre ce précieux moment à cet endroit.
C’était une très belle expérience. Je voulais accoucher dans le bain, c’était un de mes rêves.
L'accouchement a aussi été, comme je le souhaitais, très naturel. Il n’y a pas eu beaucoup d'interventions des sages-femmes, donc j'étais comme dans ma bulle. Avec mon conjoint, on était connectés, dans notre bulle, et ça a été une très belle expérience, souligne la jeune mère.
Avec Darren et Kéllyana, elle a pu accrocher une photo de la famille sur un mur dédié à cette fin, entre le salon et la cuisine de la Maison de naissances et de la petite enfance des Grands Pins.
Offrir un choix
Avec la maison de naissances à Val-d’Or, le CISSS-AT vient élargir son offre de services sur le territoire. Il s’agit d’un choix de plus qui devrait répondre aux besoins exprimés par les femmes de l’Abitibi-Témiscamingue.

La chambre principale des naissances, meublée avec l'aide de la Fondation du Centre hospitalier de Val-d'Or, comporte un bain et grand lit, qui permet d'accueillir les deux parents.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
En 2021, on avait sondé la population pour mieux connaître les besoins qui se rattachaient au choix offert en périnatalité. À notre grande surprise, plus de la moitié des 1079 répondants de la région ont manifesté le besoin de pouvoir enfanter en dehors de l'hôpital, dont la majorité en maison de naissances, rappelle Frédérique Cornellier, d’OSFAT.
Ça se veut un lieu qui s’inspire du domicile, donc un espace qui est familier, qui comprend une cuisine, un salon. C’est distinct de l’hôpital. Lorsque la mère est en travail, elle nous contacte. Puis on convient ensemble du moment où elle vient à la maison de naissances pour vivre son travail ici, mettre au monde son enfant et rester en séjour la durée qu’elle le souhaite. La sage-femme s’assure d’avoir fait l’examen du bébé et on fait le suivi postnatal jusqu’à six semaines, explique Jessica Boulanger.
Une sécurisation culturelle
Une attention particulière est aussi portée sur la sécurisation culturelle à la maison de naissances. Le personnel souhaite que les gens, peu importe leurs origines ou leur identité de genre, se sentent les bienvenus et respectés pour mettre au monde leur enfant dans la dignité.

Jessica Boulanger, sage-femme et cheffe du département clinique des sages-femmes au CISSS-AT.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
On a intégré différents éléments pour honorer les différentes cultures. On a commencé à travailler avec le Centre d’amitié autochtone de Val-d'Or. Ça fait partie de l'offre de services d'aller aussi dans les communautés autochtones et d'établir des corridors de services, fait valoir Mme Boulanger.
Bien que la maison de naissances soit située à Val-d’Or, ses services sont offerts à toutes les familles de l’Abitibi-Témiscamingue. Mais à terme, le CISSS-AT projette d’établir des maisons sur chaque territoire de MRC de la région.
L'objectif, c'est d'élargir l'offre de services, donc ça pourra prendre une forme qui pourrait être variable selon les différents territoires, toujours à l'écoute de la communauté, puis de la mobilisation citoyenne, souligne la présidente-directrice générale du CISSS-AT, Caroline Roy.


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