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Katherine Pancol raconte le viol qu’elle a subi enfant et dénonce la réforme de Gérald Darmanin

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France 14/05/2026 12:16 Actualisé le 14/05/2026 12:55

L’autrice a livré un témoignage bouleversant dans « La Grande Librairie » sur France 5. Le ministre de la Justice envisage de modifier sa réforme du plaider-coupable.

EN BREF L’écrivaine Katherine Pancol a témoigné du viol qu’elle a subi à 12 ans dans La Grande Librairie sur France 5.
Elle critique la réforme du plaider-coupable portée par Gérald Darmanin, estimant que la victime est oubliée.
Malgré un recul du ministre, la réforme continue de susciter de vives oppositions.

La séquence est bien connue des téléspectateurs de La Grande librairie sur France 5. Pour conclure l’émission, un écrivain s’adresse « droit dans les yeux » au public avec un texte très souvent riche en émotion. Dans celle diffusée ce mercredi 13 mai, c’est Katherine Pancol qui livre un témoignage bouleversant puisqu’elle raconte le viol dont elle a été victime quand elle avait 12 ans.

« Je suis seule. On sonne, c’est le voisin. Je lui ouvre, il m’entraîne dans ma chambre, me jette sur le lit. Il a 25 ans. C’est un massacre. Il repart en riant. J’ai du blanc dans la tête, la foudre a cramé ma cervelle », se souvient l’autrice venue présenter le livre Des choux et des reines (ed. Albin Michel), comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous.

En conclusion de ce texte, elle cible les politiques menées en France contrairement à l’Espagne où « le gouvernement a pris des mesures et le chiffre des victimes a chuté ». Elle attaque aussi une réforme en cours, celle conduite par Gérald Darmanin, qui vise à introduire la notion de plaider-coupable dans la juridiction pénale. « Tu reconnais ta faute, on réduit ta peine d’un tiers. Une fois de plus la victime disparaît », résume Katherine Pancol à propos de cette disposition qui ulcère une bonne partie du monde judiciaire.

Depuis qu’il a annoncé cette disposition, le ministre de la Justice fait face à la colère de nombreux avocats et associations de victimes (voir la vidéo en tête d’article) qui dénoncent une forme de « marchandage ». « Un viol, cela ne se négocie pas, cela se juge », avait par exemple lancé Muriel Robin sur la scène des Molières. Le Garde des Sceaux lui, se défend, expliquant que la procédure existe déjà pour de nombreuses infractions et qu'elle ne pourra pas être mise en place sans l’accord des victimes.

Gérald Darmanin exclut les crimes sexuels

Mais ses premières explications n’ayant pas suffi à faire l’unanimité, il a opéré un premier recul le 12 mai — le témoignage de Katherine Pancol a été enregistré quelques jours plus tôt — en excluant les crimes sexuels des infractions qui pourraient entrer dans le champ de ce plaider-coupable.

Dans une lettre adressée aux avocats et partis politiques, il a fait part de son intention d’exclure de cette procédure l’ensemble des crimes relevant des cours d’assises ; le dispositif ne concernerait plus que certains crimes aujourd’hui jugés devant les cours criminelles départementales, comme les coups mortels ou certains braquages. Insuffisant tout de même pour l’essentiel des détracteurs du texte. « Un crime ne se négocie pas, il se juge. Il faut renoncer au plaider-coupable criminel », exhorte toujours la sénatrice socialiste Marie-Pierre de La Gontrie. Les députés doivent en débattre dans les prochaines semaines.

L’intégralité du texte de Katherine Pancol

« J’ai 12 ans, je rentre déjeuner chaque jour à la maison. Mon père est parti, ma mère travaille, je suis seule. Tranche de pain, tranche de jambon, on sonne. C’est le voisin. Je lui ouvre, il m’entraîne dans ma chambre, me jette sur le lit. Il a 25 ans. C’est un massacre. Il repart en riant, j’ai du blanc dans la tête, la foudre a cramé ma cervelle. J’appelle ma mère au travail : “on en parle ce soir”. Le soir, la mère du violeur m’accuse d’avoir aguiché son fils. C’est de ma faute. Ma mère me demande de faire des excuses, je refuse. On n’en reparlera plus jamais. Ce jour-là, je suis devenue adulte. J’ouvre l’œil, je monte la garde ; enfants, filles fragiles, je surveille. Mais peu à peu, j’avale le souvenir de la scène, je me jette dans les mots des autres, je lis comme une dératée, je commence à écrire. Soixante ans après les victimes se sont mis à parler, les témoignages sont glaçants, les propos officiels ronflants mais rien ne change. Dans les crèches, dans les écoles, les familles, le prédateur est toujours gagnant. Une légère peine de prison et il sort. Recommence. Tire à bout portant allume le feu, enferme l’enfant. En Espagne, le gouvernement a pris des mesures et le chiffre des victimes a chuté. Mais en France ? La dernière idée brillante du ministre de l’Intérieur*, la loi SURE. Marchander avec le violeur : tu reconnais ta faute et on réduit ta peine d’un tiers. Une fois de plus la victime disparaît. »

*Katherine Pancol évoque « le ministre de l’Intérieur » mais Gérald Darmanin, qui porte ce texte, est ministre de la Justice.

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