L'accusation a conclu ce mercredi ses trois jours de réquisition à l'encontre de Nicolas Sarkozy, désigné par les avocats généraux comme « l'instigateur » du pacte de corruption avec les Libyens.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 16:36 | mis à jour aujourd'hui à 17:14 - Temps de lecture :

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Après trois jours de réquisition dans le procès en appel sur le financement libyen présumé, le parquet général a requis ce mercredi sept ans de prison et 300 000 euros d'amende à l'encontre de Nicolas Sarkozy. La cour d'appel rendra sa décision le 30 novembre. En première instance, une peine de cinq ans de prison avait été prononcée.

Comme lors du premier procès, le parquet a requis mardi la condamnation de l'ancien président pour l'ensemble des faits pour lesquels il est jugé, y compris la corruption et le financement illégal de campagne, l'accusant d'avoir conclu un « accord » avec le dictateur Mouammar Kadhafi. « Il a bien existé un accord entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi aux termes duquel, en récompense des fonds versés par le régime libyen, Nicolas Sarkozy et Claude Guéant devaient entamer des démarches qui visaient la levée du mandat d'arrêt visant Abdallah Senoussi », le beau-frère de Kadhafi, a lancé l'avocat général Damien Brunet, qui avait déjà demandé la veille la condamnation de l'ex-président pour association de malfaiteurs.

Nicolas Sarkozy, le 13 mai 2026. Photo Sipa/Cyril Pecquenard

Nicolas Sarkozy, le 13 mai 2026. Photo Sipa/Cyril Pecquenard

« Nous démontrerons la parfaite innocence de Nicolas Sarkozy »

Le présentant comme « le principal, l'unique bénéficiaire », « l'instigateur » de l'association de malfaiteurs « pour lui permettre d'être élu » à l'Elysée, l'avocat général, Rodolphe Juy-Birmann, n'a pas requis de mandat de dépôt ou d'exécution provisoire à l'encontre de l'ancien président. 

« Nous démontrerons dans quinze jours, lors de nos plaidoiries, la parfaite innocence de Nicolas Sarkozy. Il n'y a pas d'argent (libyen) dans sa campagne, dans son patrimoine, et pour cause il n'y a pas eu de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye. (...) Nicolas Sarkozy est innocent, son élection n'a pas été biaisée », a déclaré à la presse l'un de ses avocats, Christophe Ingrain.

Le tribunal correctionnel avait considéré en septembre que Nicolas Sarkozy avait laissé ses plus proches collaborateurs démarcher le régime libyen en vue de se procurer des fonds pour sa campagne. Mais en appel, l'accusation a demandé aux juges d'aller plus loin en le désignant comme « l'instigateur » du pacte de corruption avec les Libyens. Après sa condamnation en première instance, Nicolas Sarkozy est devenu le premier président emprisonné dans l'histoire de la République, passant 20 jours derrière les barreaux de la prison parisienne de la Santé jusqu'à sa libération sous contrôle judiciaire dans l'attente du procès en appel.

Mêmes peines requises contre Guéant et Hortefeux

A l'encontre de Claude Guéant et Brice Hortefeux, le parquet général a demandé globalement de confirmer leurs peines de première instance. L'ancien secrétaire général de l'Elysée avait été condamné à six ans de prison pour un ensemble d'infractions, notamment reconnu coupable de s'être laissé corrompre par l'argent libyen via l'intermédiaire Alexandre Djouhri. Il avait échappé à la prison en raison de son état de santé, qui l'a empêché d'assister au procès en appel. Quant à l'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, il avait été condamné à deux ans de prison aménageable, peine à effectuer avec un bracelet électronique. En appel, la même peine a été requise, avec deux années de prison avec sursis supplémentaire.

Après deux mois d'audience, le procès doit s'achever dans deux semaines, après les plaidoiries des avocats des dix prévenus incluant ceux de Nicolas Sarkozy.

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