Après la mort d'Yvan Colonna en prison en mars 2022, le parquet national antiterroriste français a requis le 20 février un procès pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste contre un détenu radicalisé.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 16:16 | mis à jour aujourd'hui à 16:37 - Temps de lecture :

Yvan Colonna purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l'assassinat en 1998 du préfet Claude Erignac. Photo d'illustration Sipa/Patrick Siccoli Yvan Colonna purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l'assassinat en 1998 du préfet Claude Erignac. Photo d'illustration Sipa/Patrick Siccoli

Le parquet national antiterroriste français (Pnat) a indiqué vendredi avoir requis un procès pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste contre un détenu radicalisé pour l'agression mortelle en prison du militant corse Yvan Colonna. Le parquet a précisé avoir rendu ces réquisitions le 20 février, près de quatre ans après la mort d'Yvan Colonna, agressé dans la prison d'Arles (Bouches-du-Rhône) en mars 2022.

Détenu radicalisé, condamné notamment dans un dossier terroriste et âgé aujourd'hui de 39 ans, Franck Elong Abé avait violemment agressé le militant indépendantiste dans la salle de sport de cette prison. Yvan Colonna y purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l'assassinat en 1998 du préfet Claude Erignac, le plus haut représentant de l'État français en Corse. Il est décédé des suites de ses blessures deux semaines plus tard.

Il affirme avoir « agi seul »

Au moment des faits, Franck Elong Abé était classé détenu particulièrement signalé (DPS) depuis novembre 2015 en raison de sa « grande dangerosité », de son « instabilité » et de « la persistance de son comportement violent », selon des documents d'enquête. Il purgeait alors plusieurs peines, dont une de neuf ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs terroriste, et était libérable en décembre 2023.

Lors de ses premiers interrogatoires, il avait expliqué s'en être pris à Yvan Colonna parce qu'il aurait blasphémé contre le prophète Mahomet. Il avait affirmé avoir « agi seul », « pour le compte d'aucun groupe ». Une commission d'enquête parlementaire sur les conditions de cette agression mortelle a pointé, dans un rapport publié en mai 2023, de « graves défaillances » dans l'appréciation de la dangerosité de Franck Elong Abé, une « rigueur » excessive du traitement carcéral infligé à Yvan Colonna et des « dysfonctionnements » d'ordre général dans l'établissement pénitentiaire.

Yvan Colonna était un militant de Front de libération nationale corse (FLNC), apparu en 1976, depuis devenu une nébuleuse opaque, résultat de scissions, luttes fratricides et recompositions.

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