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Parmi les documents déclassifiés relatifs à Epstein, une demande d’entraide judiciaire envoyée par la France aux États-Unis, datée du 8 juillet 2020, révèle que la justice était informée des agissements d’Epstein et de son entourage proche.
Les mails dormants de l’avenue Foch
Août 2019. Le parquet de Paris ouvre une enquête. Septembre 2019. Perquisition au 22 avenue Foch, l’écrin parisien du financier disparu. On y saisit des photographies, une trentaine de vidéos, une liste de 62 noms et, surtout, 4 500 mails reliant Epstein à Jean-Luc Brunel. On pourrait croire que pareil butin électrise une enquête. On aurait tort. Il faudra attendre juillet 2020, et l’arrestation de Ghislaine Maxwell, pour que le parquet se souvienne qu’il existe un traité d’entraide avec les États-Unis, signé en 1998, entré en vigueur en 2001.
La demande, référence EFTA00077200, sollicite des auditions, des perquisitions, des renseignements sur Brunel et Maxwell. Elle arrive outre-Atlantique six jours après l’incarcération de cette dernière. Elle aurait pu arriver dix mois plus tôt. Elle n’est pas venue.
🚨ALERTE INFO
Parmi les documents déclassifiés relatifs à Epstein, une demande d’entraide judiciaire envoyée par la France aux États-Unis, datée du 8 juillet 2020, révèle que la justice était informée des agissements d’Epstein et de son entourage proche.
Le Parquet de Paris… pic.twitter.com/rrVgyIZpJk
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) February 10, 2026
Des preuves sous cloche, des témoins sous silence
L’enquête française n’a pourtant pas manqué de matière. Une jeune femme de 18 ans décrit un viol sous drogue lors d’un shooting pour Karin Models, l’agence de Brunel. Une autre, 16 ans, affirme avoir été agressée par Epstein à New York, mise sur orbite par Maxwell après un repérage en France. Des témoignages recueillis, anonymisés, classés. La machine judiciaire française tourne : lentement, procéduralement, à bas bruit.
Décès utiles et impunité de standing
On objectera que Brunel est mort. Pendaison en 2022, à la veille de son procès. Que Maxwell est condamnée. Qu’Epstein s’est suicidé en 2019, officiellement. Deux hommes et une femme, trois pays, trois fins aussi soudaines que commodes. Tribune Populaire ose le mot : coïncidence. Disons, par charité intellectuelle, que le hasard fait parfois bien les choses.
La déclassification américaine de 2026, via l’Epstein Files Transparency Act, a ajouté son lot de noms français. Jack Lang, ses liens financiers. Bruno Le Maire, ses rencontres. Caroline Lang, contrainte à la démission d’un syndicat professionnel. Rien de pénal, rien de jugé, mais un parfum d’entre-soi qui ne doit rien au hasard.
Le silence comme doctrine
La question n’est plus de savoir si la justice française avait les mails. Elle les avait. Elle avait les noms, les photos, les vidéos. Elle avait tout ce qui, chez un justiciable ordinaire, eût valu convocation, garde à vue, mise en examen. Elle a préféré la procédure longue, l’entraide tardive, le temps qui passe et qui use.
Aujourd’hui, les commissions d’enquête fleurissent dans les déclarations d’intention, les rapports s’accumulent, les indignations rétrospectives animent les plateaux. Mais les mails, eux, étaient là. En 2019. Avenue Foch. À portée de clic.


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