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Cédric Jubillar était donc bien la clé du mystère. Pendant plus de cinq ans, aucune trace de Delphine Aussaguel n’avait été retrouvée depuis sa disparition dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à l’exception de sa paire de lunettes cassée. La famille de Delphine, ses enfants, les avocats, les enquêteurs, les magistrats… personne n’avait réussi à faire "passer à table" le principal suspect : son époux Cédric Jubillar.
Il aura fallu une condamnation à trente ans de réclusion criminelle aux assises en octobre 2025 et la détermination de ses nouveaux avocats, Me Pierre Debuisson et son père Me Guy Debuisson, pour que le plâtrier-plaquiste de 38 ans daigne enfin, à la surprise générale, passer aux aveux.
Une lettre, des aveux et des « regrets »
En l’espace de dix jours, Cédric Jubillar a avoué sa responsabilité dans la mort de sa femme dans une lettre à ses avocats, et guidé les enquêteurs jusqu’à un champ, à une dizaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines où vivait le couple. Rapidement, des ossements y ont été retrouvés jeudi. « Je vous l’avais dit Maître », aurait-il glissé ce jour-là à Me Pierre Debuisson, au moment où les ossements ont été exhumés.
Devant la cour d’assises, les experts avaient décrit un homme « intolérant à la frustration », avec une « haute opinion de lui-même, une bonne répartie, dans la maîtrise de ses émotions ». Photo Sipa/Jean Marc Haedrich
Il s’agirait d’os du bas du corps, dont deux fémurs, qui sont en cours d’analyse au laboratoire de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, à Pontoise (Val-d’Oise). Les fémurs devraient notamment permettre de confirmer l’identité de la victime. Il n’est toutefois pas certain qu’ils permettent d’identifier les causes de la mort de Delphine.
Ce revirement spectaculaire éclaire d’une nouvelle lumière la nuit du drame. Dans la soirée du 15 au 16 décembre 2020, une nouvelle dispute éclate au domicile des Jubillar. Delphine veut refaire sa vie, mais Cédric ne l’entend pas de cette oreille. Il la surprend en train d’envoyer des SMS à son amant. Le ton monte. Cédric aurait alors selon ses mots « dégoupillé ». Selon ses avocats, il n’avait pas l’intention de la tuer, il aurait été « débordé »…
Enterrée sous du compost
Reste que plutôt que d’appeler les secours, Cédric Jubillar choisit de charger le corps dans sa voiture. Selon la défense, il n’aurait pas voulu que ses enfants Louis et Elyah, aujourd’hui respectivement âgés de 12 et 7 ans, qui dormaient, voient le corps de leur mère. L’époux décide de se rendre à Mailhoc, petit village situé à une dizaine de kilomètres, où il aurait enterré le corps sous un tas de compost.
Pour le maire de Mailhoc, Cédric Jubillar n’a pas choisi par hasard cet endroit. « Je pense qu’il devait bien connaître le coin parce que pour venir là, il faut connaître. On n’y vient pas par hasard », a expliqué jeudi Jean-Marc Escoutes à notre journal.
Lors de son audition devant la présidente de la cour d’assises de Haute-Garonne, mercredi, Cédric Jubillar aurait expliqué avoir connu les lieux à la suite d’un chantier que le plâtrier-plaquiste avait réalisé à proximité. Le lieu était aussi connu comme étant un ancien repère libertin et de prostitution.
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En cinq ans, le compost a été épandu dans des champs environnants. Les ossements de Delphine auraient ainsi été dispersés. Vendredi, les fouilles ont pris fin. Les analyses pourraient prendre quelques jours avant que l’identité de la victime ne soit confirmée.
Depuis son passage aux aveux, Cédric Jubillar se sentirait « soulagé » et exprime « de profonds regrets ». « Il avait besoin de soulager sa conscience et souhaite offrir une sépulture à la mère de ses enfants », selon son conseil Me Pierre Debuisson.
Une personnalité qui interroge
À travers cette volte-face, on ne peut que s’interroger sur la personnalité de Cédric Jubillar, qui a passé près de six années enferré dans son mensonge. Ses avocats jettent la responsabilité sur les enquêteurs qui « ont bâclé l’enquête » et sur le lourd traitement que prenait leur client, placé à l’isolement depuis plus de quatre ans. Me Pierre Debuisson explique avoir été surpris de voir un homme « totalement différent de l’image faite de lui dans les médias » lorsqu’il a pris la défense de son nouveau client en début d’année.
Mais le procès aux assises a dressé un tout autre profil de cet homme qui était parvenu à convaincre ses anciens avocats de son innocence. En privé, Cédric Jubillar avait avoué à un codétenu et une ex-compagne avoir étranglé Delphine, ce qu’il a nié au procès.
Puis, il y a ce comportement d’un père de famille ayant infligé de sévères punitions à son fils Louis, qui devait rester à genoux sur des Lego pendant trente minutes, les mains sur la tête. Dans une lettre lue devant la cour d’assises, ce dernier évoque aussi les insultes répétées, telles que « petit ou gros con », assénées par son père. À la barre, les experts avaient décrit un homme « intolérant à la frustration », avec une « haute opinion de lui-même, une bonne répartie, dans la maîtrise de ses émotions ». De nouvelles expertises psychologiques et psychiatriques devront à présent être réalisées, avant le procès en appel, toujours prévu au 21 septembre, mais qui pourrait être reporté.


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