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SOS Racisme, la LDH et plusieurs associations accusent le polémiste d'extrême droite de cyberharcèlement raciste. Sa défense invoque la liberté d'expression.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 21:12 | mis à jour aujourd'hui à 21:22 - Temps de lecture :
Jean Messiha, polémiste d'extrême droite, est visé par une plainte pour « cyberharcèlement raciste » par plusieurs associations, dont SOS Racisme, pour avoir désigné comme « suprémacistes islamiques » des jeunes filles en burkini, ont annoncé ce mardi les plaignants. La plainte auprès du parquet de Paris, contre Jean Messiha et contre X, a aussi été endossée par la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), la Fédération des maisons de quartier et de l'insertion (FMQI) de Saint-Nazaire et l'association Tous en mer.
Le 8 juillet 2026, Jean Messiha a diffusé sur « X, Instagram et Facebook » une photographie de « plusieurs jeunes filles mineures de Saint-Nazaire » en séjour en voilier organisé par deux Maisons de quartier et l'association Tous en mer, qui se baignaient sur la plage de Ramonette à Belle-Île-en-Mer. La « légende qui accompagne l'image » les désigne comme des « suprémacistes islamiques » venant « enlaidir le paysage avec leur infâme et hideux burkini », selon un communiqué des associations. « Rien dans cette scène de baignade ne permet d'attribuer à ces adolescentes une quelconque idéologie : une tenue de bain couvrante devient, sous la plume de Jean Messiha, le marqueur d'une adhésion à l'extrémisme », dénonce ce texte.
La défense invoque « un débat d'intérêt général »
La plainte énumère des faits susceptibles de relever « d'injures publiques à caractère raciste », « de provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence » et « de cyberharcèlement raciste ». Mise en ligne par « un compte disposant de plusieurs centaines de milliers d'abonnés, la publication a déclenché une vague de commentaires d'une rare abjection : injures, appels au rejet ou à l'expulsion, assimilations à des "cancers", des "parasites" ou des "déchets" », déroule le communiqué.
Le propos de Jean Messiha « porte sur un vêtement et sur l'islamisme politique » et « s'inscrit dans un débat d'intérêt général que le Conseil d'État a lui-même tranché en 2016, et sur lequel élus et ministres se prononcent régulièrement », a commenté Me Gérald Pandelon, avocat du polémiste. « Dans ce cadre, l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme protège, selon une jurisprudence constante depuis l'arrêt Handyside, les idées qui heurtent, choquent ou inquiètent », poursuit-il. « Montesquieu rappelait que la liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent. C'est donc sur le seul terrain de la loi, et non sur celui de l'indignation, que nous défendrons Jean Messiha, avec sérénité », insiste ce conseil.


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