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Président du groupe Patriotes pour l’Europe, Jordan Bardella affiche 77 % d’absence à l’instance qui organise les travaux du Parlement européen.
Pendant des mois, Jordan Bardella a opposé aux critiques sur son activité européenne un argument devenu central dans la communication de son parti, le Rassemblement national (RN) : sa présence lors des votes en séance plénière. Un chiffre régulièrement mis en avant pour répondre aux accusations de « député fantôme » formulées par ses adversaires pendant la campagne des européennes de 2024.
Mais ces séances publiques, très exposées médiatiquement, ne représentent qu’une partie limitée du travail des eurodéputés et les votes n’interviennent surtout qu’à la fin du processus législatif. En amont, l’essentiel des négociations se joue dans les commissions parlementaires, les réunions politiques et les instances internes où se construisent les compromis et l’agenda des textes européens. Au Parlement européen, une réunion concentre justement une grande partie de ce travail politique, loin des caméras et des prises de parole dans l’hémicycle : il s’agit de la conférence des présidents, qui rassemble les chefs des groupes politiques.
Selon des documents consultés par La Lettre, le président du RN est aujourd’hui celui qui sèche le plus la conférence des présidents, l’instance qui réunit les chefs des groupes politiques du Parlement européen. Depuis son arrivée à la tête des Patriotes pour l’Europe en juillet 2024, Jordan Bardella aurait été absent de pas moins de 77 % de ces réunions stratégiques.
Cette conférence des présidents joue pourtant un rôle central dans le fonctionnement de l’institution européenne. Les chefs de groupe y arbitrent notamment l’agenda des textes examinés par le Parlement européen.
Une préférence pour Strasbourg ?
Face à lui, les autres patrons de groupe affichent des taux d’absence beaucoup plus faibles. Ceux de Valérie Hayer pour Renew, ou d’Iratxe García Pérez pour les sociaux-démocrates, ne dépassent pas 20 % de ces réunions. Même Manfred Weber, patron du Parti populaire européen, pourtant régulièrement remplacé, reste loin derrière avec environ une absence sur deux.
Le plus souvent, Jordan Bardella laisse sa vice-présidente Kinga Gál, eurodéputée hongroise proche de Viktor Orbán, le représenter. Selon La Lettre, le président du RN se déplace surtout lorsque ces réunions ont lieu à Strasbourg, en parallèle des séances plénières, beaucoup plus exposées médiatiquement que le travail interne de l’institution.
Cette faible présence ne concerne pas uniquement cette instance stratégique. Selon La Lettre, Jordan Bardella affiche aussi une présence limitée dans la commission des affaires étrangères, dans laquelle il siège depuis le début de cette législature. Il aurait participé à 11 réunions sur 32, soit à environ un tiers des séances.
Côté RN, on met en avant une situation particulière : Jordan Bardella cumule la présidence de son parti en France et celle d’un groupe politique européen. L’entourage de l’homme politique souligne également que ses prises de parole dans l’hémicycle restent nombreuses.


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