Pour Paul Bernard, directeur du Centre d’art Bienne, l’exposition de John M Armleder, Le fantôme de la chance, est née de deux souvenirs. En 2004, la Kunsthalle de Zurich exposait quelque 500 œuvres sur papier de l’artiste genevois – About Nothing, Drawings 1962-2004 allait aussi donner lieu à un incroyable livre (JRP Editions) presque épuisé aujourd’hui. En 2006, avec la rétrospective Amor Vacui, horror vacui, le Mamco permettait de découvrir comme jamais l’art de John M Armleder.
Bien sûr, même déployé sur deux niveaux, l’accrochage biennois est plus modeste. Mais il ne se contente pas d’être la pâle résurgence de ces deux moments forts, ni de certaines expositions en galeries de ces dernières années qui ont aussi ressuscité avec bonheur des périodes anciennes. Il se découvre avec plaisir pour lui-même, jonglant avec les époques, pour mieux montrer à la fois l’incroyable diversité et la cohérence dans le temps de l’œuvre de l’artiste. Et il complète aussi très bien la carte blanche de l’artiste au Musée d’art et d’histoire de Genève (à voir jusqu’au 25 octobre).


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