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AFFAIRES. Johanne Lachapelle fait partie des figures de l’ombre reconnue dans le paysage économique de Drummondville. Durant son parcours professionnel, elle a toujours été guidée par un principe fondamental : vouloir aider les gens à grandir et à développer leurs compétences.
La Drummondvilloise âgée de 66 ans a longtemps accompagné des entrepreneurs dans l’atteinte de leurs objectifs. Diplômée d’une technique en informatique du Cégep de Drummondville, elle est aussi détentrice d’une formation universitaire en pédagogie à l’Université de Sherbrooke.
Commençant sa carrière dans la région de l’Estrie, Mme Lachapelle s’est jointe au service aux entreprises (SAE) de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs dans les années 1990. Soutenir les entrepreneurs à maintenir leur niveau de productivité en formant adéquatement leurs employés faisait partie de quelques-unes de ses occupations de l’époque.
Elle a fini par revenir à Drummondville, en 2004, pour intégrer le SAE de la Commission scolaire des Chênes (CSDC). C’est ainsi qu’elle a eu la chance de travailler sur divers programmes de formation sur mesure pour des entreprises locales comme Soucy, Métalus, Matritech et Girardin.
Johanne Lachapelle se décrit comme une personne qui déteste s’ennuyer et qui a besoin d’implication sociale. (Photo : Ghyslain Bergeron)«Ce sont toutes des entreprises qui sont venues chercher, à un moment ou à un autre, de la formation au SAE de la CSDC. J’ai toujours apprécié le fait d’aider les gens à développer leurs compétences; de les aider à obtenir ou à maintenir un emploi», explique la sexagénaire.
Ce désir ardent remonte à ses années passées chez les scouts dans sa ville natale. «J’ai été ce qu’on appelait à l’époque une cheftaine [une jeune fille responsable d’un groupe dans une association de scoutisme; NDLR] pour la branche féminine du scoutisme.»
«C’est dans leurs valeurs de faire découvrir des choses aux gens, de les faire grandir et de les aider à se débrouiller. Je me suis occupée de la branche pendant une bonne dizaine d’années. Donc, c’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire depuis mes 18 ans», relate celle qui a obtenu son diplôme d’études supérieures de gestion des entreprises à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), il y a quelques années.
L’évolution du paysage économique
Johanne Lachapelle est actuellement la coordonnatrice principale à l’entrepreneuriat chez Drummond économique. Avec l’aide de ses collègues, elle s’occupe de donner les outils nécessaires aux personnes voulant démarrer leur propre entreprise ou reprendre les reines d’une déjà établie dans la région.
Les conseils les plus importants qu’elle leur confie sont d’être capable de bien s’entourer, de bien cibler le secteur qui les intéresse et, surtout, d’aller chercher les bonnes ressources nécessaires. «Il faut qu’ils se fassent bien accompagner.»
«Il peut arriver que tu traverses un grand bout de chemin tout seul, puis, après cela, te rendre compte que tu t’es trompé et que tu as perdu ton temps, de l’argent et des clients potentiels. Donc, il ne faut pas que les gens hésitent à se faire accompagner; d’avoir un peu l’humilité pour aller voir quelqu’un et lui dire : “pouvez-vous m’aider?”», recommande Mme Lachapelle.
Le contexte actuel est aussi bien différent de celui d’il y a 30 ans pour les entreprises, selon la coordonnatrice principale à l’entrepreneuriat. En plus de la guerre tarifaire avec les États-Unis, les dirigeants de différentes compagnies doivent, entre autres, s’adapter et se familiariser avec les nouvelles technologies.
Johanne Lachapelle a reçu le titre d’officière de l’Ordre de Drummondville, en décembre dernier. (Photo : Frédéric Côté)«Elles sont omniprésentes de nos jours, ce qui veut dire qu’une entreprise doit être capable de se robotiser, d’utiliser l’intelligence artificielle et de se projeter dans les nouvelles technologies. Peu importe le secteur, il faut qu’elles les intègrent pour produire et performer plus rapidement, ce qui était moins le cas à l’époque», constate-t-elle.
Malgré le fait qu’elle vient d’une autre génération, sa formation en informatique et sa curiosité insatiable lui permettent de rester à jour sur les dernières avancées. «Quand mes collègues plus jeunes me montrent des choses, je vais comprendre rapidement. La philosophie de l’informatique et de la technologie, je l’ai toujours avec moi», souligne la sexagénaire.
Johanne Lachapelle est d’ailleurs fière de voir comment sa ville natale a grandi au fil des années pour devenir un lieu d’attraction pour bien des entreprises. «Une chose que je dis à des promoteurs qui viennent nous rencontrer et qui veulent s’établir ici, c’est que Drummondville est une grosse ville, mais encore à hauteur humaine», note-t-elle.
«Par exemple, quand est venu le projet du campus de l’UQTR, tous les donateurs et les entreprises se sont mobilisés facilement. On a aussi plein de gens qui croient aux arts et aux sports», s’enthousiasme celle qui est aussi la mère de trois enfants, dont deux connus du milieu artistique, soit Lelouis et Simon Courchesne.
S’impliquer dans sa communauté
Un autre rôle de Johanne Lachapelle est celui qu’elle occupe au sein de la Caisse Desjardins de Drummondville depuis 2012. Siégeant d’abord à titre de vice-présidente du conseil d’administration, elle en est devenue sa présidente en 2021.
Ce privilège lui permet notamment de participer à certains comités afin de déterminer à qui seront remises les contributions monétaires du groupe financier coopératif. Mais pour la Drummondvilloise, il est important de constater de ses propres yeux l’impact des sommes distribuées par la Caisse.
La Drummondvilloise a d’abord enseigné à la formation professionnelle avant de rejoindre le service aux entreprises de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs. (Photo : Ghyslain Bergeron)«Je suis allée quelques fois à des concerts de Noël tenus par des organismes aidant les personnes vivant avec un handicap. J’y ai vu des parents fiers de leurs enfants qui vivaient quelque chose de spécial. C’est autant important qu’on investisse dans ces événements-là que dans, par exemple, le Village québécois d’antan», soutient Mme Lachapelle.
Cette dernière, vivant depuis plus de dix ans à Saint-Bonaventure, consacre aussi un peu de son temps à la bibliothèque municipale en tant que bénévole. Son objectif? Donner le goût aux enfants de lire comme elle l’a eu étant petite.
«De nos jours, les jeunes ont peut-être moins l’habitude de lire parce que la lecture a beaucoup de compétiteurs. Je trouve ça important que des jeunes viennent se chercher des livres puisque ça amène beaucoup de bénéfices tels que la capacité de rêver et de se forger une culture», fait-elle valoir.
Johanne Lachappelle a d’ailleurs reçu le titre d’officière de l’Ordre de Drummondville, en décembre dernier, pour avoir insufflé une culture d’innovation, de collaboration et de mobilisation dans sa communauté. «C’est une belle reconnaissance. Je suis contente d’avoir reçu cet honneur, surtout en présence de ma famille et de ma mère, âgée de 101 ans», confie la récipiendaire.
Mme Lachapelle a aussi récemment intégré le conseil d’administration de l’UQTR. Elle termine en soutenant qu’elle continuera son travail chez Drummond économique «tant qu’il y aura des défis et des projets à relever».


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