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Le maire de Paspébiac, Jérémy Laplante, se dit prêt à renoncer à ses fonctions si la composition du conseil municipal demeure inchangée. Il estime que seule la tenue d’élections permettrait de sortir de l’impasse politique qui perdure à l’hôtel de ville.
Dans une publication sur Facebook, Jérémy Laplante affirme ne plus vouloir poursuivre son engagement auprès des élus en poste ni avec l’actuel directeur général de la Ville.
Cette déclaration survient malgré le déroulement plus calme de la séance extraordinaire tenue plus tôt cette semaine.
Le maire n’a toutefois pas encore remis officiellement sa démission ni précisé à quel moment il pourrait le faire.
Deux scénarios pour retourner aux urnes
En entrevue avec Radio-Canada, Jérémy Laplante a présenté deux scénarios : la démission d’une majorité des membres du conseil municipal ou son propre départ.
Il y a deux possibilités en ce qui me concerne. La première, c’est qu’une majorité du conseil municipal démissionne pour avoir une élection. [...] L’autre option, c’est que je démissionne et que je renonce à mon poste.
Le maire compare la situation actuelle à celle d’un gouvernement minoritaire arrivé au terme de sa période de collaboration. Selon lui, le retour aux urnes permettrait aux citoyens de trancher et de repartir sur de nouvelles bases.
Il affirme avoir été élu avec une volonté de changement, mais estime s’être heurté à un groupe majoritaire au sein de l’appareil municipal. Je suis arrivé à l’hôtel de ville avec une volonté de changement. Malheureusement, je me suis buté à des clans et à un clan en particulier qui a été le clan majoritaire pendant toute la période où j’ai été en politique municipale. C’est très difficile d’évoluer avec ce clan-là, explique-t-il.
Il décrit maintenant le climat au conseil comme étant devenu excessivement malsain et soutient que les tensions dépassent le simple débat d’idées.
Une déclaration sous fond de tension
Cette prise de parole survient alors que le maire a voulu modifier les règlements municipaux relatifs aux conflits d’intérêts, bien que, selon le maire, l'amertume était présente au moment même de commencer son mandat.
Dans cette foulée, Jérémy Laplante a voulu suspendre le directeur de la Culture et du Patrimoine, Dominick Briand, le 28 juillet.
Le 10 août, les six conseillers municipaux ont annulé la suspension. Ils ont également adopté une motion de non-confiance envers le maire, lui reprochant notamment une communication jugée trop réactive et lui demandant de considérer sa démission.
Après cet événement, lors d’une séance extraordinaire tenue mercredi, le maire a déposé un projet de règlement visant à moderniser le code d’éthique et de déontologie des employés municipaux. Selon lui, le code actuellement en vigueur est incomplet.
La conseillère Francine Guité a toutefois déploré la manière dont le projet a été présenté. Elle affirme que les élus auraient voulu disposer de plus de temps pour l’étudier.
Des citoyens défendent le maire
Parmi les citoyens présents à la séance extraordinaire, Yves Denis a ouvertement pris la défense de Jérémy Laplante. Il estime que les conseillers municipaux devraient quitter leurs fonctions plutôt que le maire.
Le maire fait une belle job. [...] Le conseil que nous avons devrait démissionner au lieu du maire.
Il appuie également la volonté du maire de resserrer les règles entourant les conflits d’intérêts, estimant que les zones grises peuvent laisser place au favoritisme.
De son côté, Alexandra Hébert-Dufour, résidente de la ville depuis cinq ans, estime que le jeune âge du maire a contribué au climat auquel il fait face. La jeune mère de famille a dit avoir été victime d'âgisme elle aussi, alors qu'elle aurait pris la parole dans une séance de conseil municipal précédent.
Des gens dans la cinquantaine qui se rallient contre quelqu’un dans la vingtaine et qui l’intimident, ce n’est pas dans mes valeurs.
Elle affirme ne pas approuver toutes les décisions du maire ni sa façon de faire. Elle estime qu’il doit encore trouver son style en politique, mais soutient sa volonté de lutter contre la corruption et le favoritisme.
La loi, c’est la loi. Les règles, c’est les règles. Je trouve que c’est à son honneur d’essayer de les faire respecter, affirme la jeune entrepreneure.
Elle dit avoir hésité avant d’accorder une entrevue, par crainte de représailles. Elle a finalement accepté de témoigner parce qu’elle avait voté pour Jérémy Laplante et souhaitait expliquer les raisons de son appui.
Du côté des opposants du maire de 24 ans, la conseillère municipale Marie-Andrée Côté affirme avoir appris les intentions du maire en prenant connaissance de sa publication sur Facebook.
Le conseil municipal n’a pas souhaité commenter davantage le dossier.


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