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Tribune

Jean-Noël Barrot

Ministre de l’Europe et des affaires étrangères

Après l’arrêté d’expulsion prononcé contre la propagandiste russe, fin juillet, le ministre rappelle, dans une tribune au « Monde », l’importance de faire la distinction entre l’opinion, qui cherche à convaincre, la manipulation de l’information, qui vise à tromper, et l’ingérence, dont l’objectif consiste à peser de l’extérieur sur notre liberté de choix.

Publié aujourd’hui à 16h54 Temps de Lecture 3 min. Read in English

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Mercredi 29 juillet, la propagandiste russe Xenia Fedorova a fait l’objet d’un arrêté d’expulsion. Cette professionnelle de la subversion, formée en Russie, exécutait des opérations de déstabilisation pilotées par le Kremlin. Son cas – dont le recours en référé a été rejeté à deux reprises par le tribunal administratif de Paris – illustre la menace d’ingérence à laquelle nous sommes confrontés. Les adversaires de la démocratie nous observent. Ils scrutent nos débats, exploitent nos colères et nos peurs. Leur objectif est simple : peser sur nos choix sans avoir à répondre de leurs actes.

Face à cette menace, la France a pris de l’avance. Dès 2021, sous l’impulsion du président de la République, Emmanuel Macron, nous avons fait le choix de la transparence, en montrant aux Français les manipulations étrangères dont ils sont la cible. Faux comptes, vidéos dopées à l’intelligence artificielle, campagnes coordonnées, algorithmes manipulés, cyberattaques : les ingérences ne se voient pas toujours à l’œil nu. Il faut donc apprendre à les détecter pour mieux les déjouer.

Mais le monde a changé. La compétition internationale est devenue brutale, et les frontières entre influence, compétition et subversion se sont brouillées. De la Moldavie à l’Allemagne, en passant par la Roumanie et la Pologne, nous avons vu la même mécanique se mettre en œuvre : propagande, manipulation de l’information, financements opaques, jusqu’aux actes de sabotage et aux attaques de drones observées la semaine du 3 août à Leipzig (Allemagne). Le but est toujours le même : peser sur les élections, délégitimer les responsables politiques, dresser les citoyens les uns contre les autres.

Le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à Paris, le 3 juin 2026. Le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à Paris, le 3 juin 2026.

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