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Jean-François Houle explique la décision du conseil

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MUNICIPAL. À la suite d’articles parus dans différents médias ces derniers jours concernant l’avenir du centre Marcel-Dionne, le maire Jean-François Houle a voulu expliquer la décision du conseil municipal en faveur de la modernisation et du maintien de l’aréna de la rue Cockburn.

Dans un communiqué de presse transmis aux médias, dont les propos ont aussi été diffusés sur la page Facebook du maire Houle, ce dernier rappelle que le projet de modernisation vise à assurer la sécurité, la conformité et la pérennité de ce bâtiment jugé stratégique pour la communauté. Évalués à 48,3 millions de dollars (M$), les travaux ont été planifiés en respectant la capacité financière des contribuables, affirme-t-on.

Contexte économique

Le maire Houle souligne que, depuis 2020, les coûts de construction ont connu une hausse marquée. On s’appuie sur un document de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) dans lequel elle signale des augmentations variant généralement entre 20 % et 40 % pour les infrastructures municipales, particulièrement pour les bâtiments spécialisés comme les arénas.

Selon le maire et le conseil, comparer un projet neuf en 2026 à des projets réalisés il y a plusieurs années, tels que ceux des amphithéâtres de Gatineau ou Trois-Rivières, ne reflète pas la réalité actuelle du marché. On signale que dans le contexte économique actuel, la construction d’un nouvel amphithéâtre représenterait une tout autre envergure financière pour les contribuables drummondvillois.

La Ville évalue que la construction d’un amphithéâtre moderne commanderait un budget de 70 à 85 M$. Ensuite, l’ajout d’une seconde glace, comme évoqué par certains, ajouterait de 20 à 30 M$ au projet. L’aménagement du stationnement, des accès routiers et des infrastructures pourrait coûter de 10 à 20 M$ selon la Ville. De plus, elle doit prévoir des sommes pour les contingences et les imprévus en plus d’honoraires professionnels, d’études préalables et l’acquisition de terrains, souligne-t-on.

Jean-François Houle, maire de Drummondville. (Photo : Ghyslain Bergeron)

En additionnant le tout, Drummondville estime qu’un tel projet pourrait facilement dépasser les 120 M$ dans les conditions économiques actuelles.

Aucune subvention garantie

Le maire rappelle qu’aucune confirmation de subvention couvrant 60 % d’un projet de cette ampleur n’existe à ce jour. Les programmes gouvernementaux sont compétitifs, plafonnés et soumis à des critères précis, ajoute-t-on.

Pour le maire et la Ville, miser sur un financement hypothétique pour structurer un projet de plus de 100 millions de dollars représenterait un risque financier important pour la collectivité.

«On peut rêver grand, et nous le faisons pour Drummondville, affirme le maire Houle dans le communiqué. Mais rêver grand ne veut pas dire ignorer les chiffres. Quand un projet peut tripler la facture pour les contribuables dans le contexte économique actuel, notre devoir est de dire les choses clairement et d’agir avec rigueur. La vision, c’est aussi savoir reconnaître les limites financières d’une collectivité et protéger sa capacité d’investir ailleurs.»

Maintien d’un actif

Selon le conseil municipal, le centre Marcel-Dionne occupe une place centrale dans la vitalité du centre-ville.

«Le centre Marcel-Dionne est bien plus qu’un aréna. C’est un lieu d’apprentissage, de rassemblement et de fierté pour des centaines de jeunes du hockey mineur et scolaire qui y évoluent chaque semaine. Le maintenir au cœur du centre-ville, c’est préserver un moteur d’activité, de dynamisme et d’accessibilité pour nos familles», souligne Catherine Lassonde, conseillère municipale du district 3.

Chaque saison, des équipes de hockey mineur, des programmes scolaires et des ligues locales utilisent l’aréna. Environ 90 % des heures de glace sont consacrées à ces usages communautaires, rappelle-t-on.

La première phase des travaux de modernisation du centre Marcel-Dionne doit s’amorcer ce printemps. (Photo : Ghyslain Bergeron)

L’aréna nécessite déjà des travaux de maintien d’actif évalués à environ 15 millions de dollars, indique-t-on dans le communiqué. Selon la Ville, le report de ces investissements en attendant un projet neuf engendre des risques techniques et financiers importants.

De plus, on estime que l’implantation d’un nouvel aréna en bordure de l’autoroute Jean-Lesage ne constituerait pas un simple choix d’emplacement. La Ville estime que ces terrains représentent des espaces stratégiques à haute valeur économique, prioritairement destinés au développement industriel et logistique.

Un amphithéâtre exigerait une superficie importante, incluant de grands stationnements, des accès routiers élargis et des infrastructures de desserte. En utilisant un site de cette nature pour un équipement municipal signifierait de renoncer à un potentiel de création d’emplois, d’investissements privés et de richesse foncière durable, argumente-t-on.

«Ces terrains génèrent, à long terme, des revenus de taxation industrielle récurrents qui contribuent directement à limiter la pression sur le compte de taxes résidentiel. Les consacrer à un usage non productif fiscalement aurait un impact direct sur la capacité future d’investissement municipal», souligne Jean-François Houle.

Celui-ci fait savoir que la décision majoritaire du conseil municipal s’appuie sur trois principes qui sont d’assurer la sécurité et la conformité des installations, de protéger et de maintenir toutes les heures de glaces communautaires ainsi que de respecter la capacité financière des contribuables. De plus, on appuie que la planification du territoire impose des choix cohérents et que chaque espace stratégique doit être utilisé selon la meilleure valeur collective.

«L’ambition pour Drummondville est réelle. Mais l’ambition doit être responsable. Notre devoir est de prendre des décisions fondées sur les données actuelles, sur la réalité économique de 2026 et sur notre capacité de livrer un projet concret, sans mettre en péril l’équilibre financier de notre collectivité. Moderniser le centre Marcel-Dionne, c’est agir maintenant, avec rigueur et avec vision», conclut le maire Jean-François Houle.

La Ville indique demeurer ouverte aux discussions sur l’évolution à long terme de ses infrastructures sportives, mais réaffirme que, dans le contexte actuel, la modernisation du centre Marcel-Dionne constitue la décision la plus responsable et la plus réaliste.

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