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Jean dans le rôle du pharmacien aux foires à l'ancienne de Challans: « les visiteurs me demandent conseil »

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Depuis plus de dix ans, Jean Jolly se met dans la peau du pharmacien 1910 lors des foires à l'ancienne de Challans (Vendée). Un rôle qui lui va sur mesure, et pour cause.

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Jean Jolly, pharmacien retraité, explique aux visiteurs des foires à l'ancienne comment travaillaient les professionnels autrefois.

Jean Jolly, pharmacien retraité, explique aux visiteurs des foires à l’ancienne comment travaillaient les professionnels autrefois. ©Magali DUPONT

Par Magali Dupont Publié le 6 août 2026 à 13h48

Chaque année, l’association Autrefois Challans met à l’honneur une partie de ses bénévoles et de ses animations en les faisant figurer sur l’affiche de ses foires à l’ancienne. C’est ainsi que pour cette 35e édition, Jean Jolly s’est retrouvé à poser fièrement dans sa tenue de pharmacien.

Mais pour ce Challandais, enrôlé depuis 2012, être le pharmacien des Quatre Jeudis, c’est bien plus qu’un rôle. Et cela, pour une très bonne raison : Jean Jolly était pharmacien de métier. Très avenant quand on va le rencontrer chez lui en amont de la première des quatre foires de cet été, il conserve toujours, à 80 printemps, le même dynamisme et sens de la repartie.

De la fabrication de sirop aux analyses d’urine

Rien ne destinait ce fils d’artisan à arborer le caducée, si ce n’est un intérêt prononcé « pour la chimie et les molécules », ce qui l’amena à suivre des études spécialisées à Nantes. « En pharmacie, il y a trois voies : travailler dans une officine, dans le secteur industriel ou en milieu hospitalier. »

C’est ce qui l’amena en 1973 à s’installer dans la commune d’Avessac (Loire-Atlantique), où il reprend la pharmacie avec sa femme Marie-Thérèse. Il a alors 27 ans. Là, dans la petite pièce qui tient lieu de laboratoire, à l’arrière de l’officine, il s’est affairé pendant ces années à faire « beaucoup de préparations : des sirops pour soigner la toux, des pilules contre l’épilepsie, des cachets contre le mal de tête, des pommades pour soulager les cors aux pieds, des onguents. Les collyres, c’était assez compliqué car je devais utiliser une étuve pour les stériliser. Je faisais aussi des analyses d’urine et de sang. »

« J’ai toujours répondu à la sonnette »

Jean Jolly ne comptait pas ses heures : « ma pharmacie était ouverte tous les jours sauf le dimanche après-midi. J’ai toujours répondu à la sonnette. Parfois, ça sonnait même la nuit quand il y avait des urgences. » Il lui arrive encore parfois dans son sommeil de rêver de cette « autre époque. »

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Il rachète la pharmacie de Machecoul

En 1978, il quitte Avessac car une opportunité se présente à Machecoul, où une pharmacie est vente : « c’était l’occasion de nous rapprocher de Challans et de notre famille. » Tout en gagnant en confort de vie. « On avait du personnel : 3-4 employés, donc je n’étais de garde qu’un dimanche sur trois. »

Un autre aspect de son métier qui lui plaisait bien : quand des habitants venaient le voir pour lui demander si leur récolte de champignons était bonne, autrement dit, consommable.

C’était une lourde responsabilité. J’ai beaucoup été en forêt et j’ai lu beaucoup de livres sur ce sujet.

Parallèlement, de 1978 à 2000, Jean Jolly fut le responsable de la pharmacie de l’hôpital de Machecoul. « C’est d’ailleurs un préparateur qui m’a fait cadeau de ce tableau », dit-il en montrant une aquarelle accrochée dans le salon qui représente l’ancienne devanture. « J’ai vendu mon officine en 2011. »

Une vie, un métier, pharmacien d’officine

Jean Jolly a couché ses souvenirs sur le papier dans un petit livre – 150 pages tout de même -, intitulé Une vie, un métier, pharmacien d’officine.

« C’est une autobiographie réservée à ma famille et à mes proches. Je me suis bien amusé à l’écrire. Ce n’est pas le prix Goncourt », lance-t-il dans un grand éclat de rire. Il n’empêche : il y exprime tout son amour pour ce métier « à la fois scientifique, sociologique, humanitaire, voire humaniste ! », comme il le dépeint dans ces pages.

Il expose du matériel de pharmacie ancien

Peu de temps après avoir pris sa retraite, François Jaspart, ancien patron du 36 Quai des Orfèvres, qui endossait l’uniforme de garde républicain sur les foires à l’ancienne, l’encourage à rejoindre l’association.

Aussitôt dit, aussitôt fait. « Le décor de la pharmacie a été réalisé par Autrefois Challans en utilisant la carrosserie d’une caravane. » Mais pour le reste, tout est authentique : « C’est du matériel très ancien qui était stocké dans des cartons de la pharmacie de Machecoul. »

« Poison, toxique »

Il y a des « cacheteur, rouleau à pilule… », liste Jean Jolly. Des fioles et des flacons, en veux-tu, en voilà, de tous les formats et de toutes les couleurs. Les étiquettes portent les mentions « teinture », « granulés », parfois précédées de la mention : « poison » ou « toxique ». Pas de panique : à l’intérieur, « le produit est factice. Il m’est même arrivé de fabriquer des médicaments en chocolat que j’offre aux visiteurs », avec plus ou moins de succès.

« Se dorer la pilule »

Jean Jolly est peut-être retraité mais quand il doit se lever à 6h30 les jours de foires à l'ancienne, il n'a pas le temps de se « dorer la pilule. Tiens, vous savez d'où vient cette expression ? Autrefois, des patients demandaient à leur pharmacien d'enrober leur pilule de poudre d'or. C'était réservé aux riches, bien sûr. »

La forme, sans doute, car il faut préciser que pour certains de ces « médicaments », Jean s’est amusé à utiliser « un moule d’époque qui servait à faire des suppositoires. » Sur son stand aux foires, il explique également la composition des médicaments prescrits au début du siècle dernier, « livre ordonnancier » à l’appui.

« Comme si j’étais encore en exercice ! »

Il n’est pas rare non plus que des visiteurs des Quatre Jeudis viennent lui demander un conseil ou deux, pour les aider « à soigner un p’tit bobo. Comme si j’étais encore en exercice ! », se plaît-il à raconter.

En tout cas, une chose est sûre : quand vous passerez sur la foire des Quatre jeudis, prenez le temps d’aller à la rencontre de Jean Jolly, rue Bonne Fontaine, à proximité de la place de Gaulle. Il vous accueillera avec sa femme Marie-Thérèse, et deux autres bénévoles d’Autrefois Challans : Chantal Yvernogeau et Marguerite Foreau. Vous ne pourrez que vous en porter mieux !

Foires à l’ancienne les jeudis 16 et 23 juillet, 6 et 20 août, dans le centre-ville, dès 10h30. Entrée gratuite. La pharmacie 1910 est installée rue Bonne Fontaine.

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