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Il y avait trente finales ATP d'écart entre les deux hommes au moment de pénétrer sur le court central de Gstaad. D'un côté, Raphaël Collignon (ATP 42), novice à ce niveau et porté par la plus belle semaine de sa carrière. De l'autre, Stefanos Tsitsipas (ATP 85), ancien n°3 mondial, déjà douze fois titré sur le circuit et rompu aux grands rendez-vous. L'expérience a finalement parlé ce dimanche en Suisse, où le Grec s'est imposé au terme d'un combat de 2h18, sous les yeux du Français Guy Forget, présent dans les tribunes : 6-4, 6-7 (3/7), 6-3.
Collignon n'a pourtant jamais donné l'impression d'être dépassé par l'événement. Mieux, il s'est procuré la première balle de break de la rencontre à 2-2 dans le premier set. L'occasion s'est envolée et, dans la foulée, le Liégeois a perdu son engagement, notamment sur une double faute à 15-30. Il a immédiatement réagi en débreakant, mais son service, moins performant que lors de ses précédentes sorties dans les conditions particulières de l'altitude des Alpes suisses, est resté une cible privilégiée pour Tsitsipas. Le Grec a fini par faire la différence pour enlever la première manche 6-4.
100 % d'efficacité dans les tie-breaks
Le deuxième acte a confirmé que Collignon avait les ressources pour bousculer l'ancien finaliste de Roland-Garros. Plus agressif, il réalisait le break d'entrée avant de voir son adversaire revenir progressivement dans la partie. Mené 4-3, le Belge s'accrochait et poussait le set jusqu'au tie-break, son exercice favori cette semaine. Après avoir remporté ses cinq premiers jeux décisifs du tournoi, il a encore fait preuve d'un sang-froid remarquable pour égaliser à une manche partout (7-3).
Le tournant est survenu à 2-2 dans l'ultime set. Émoussé après une semaine où il avait déjà disputé trois de ses quatre matchs en trois manches, Collignon a complètement manqué son jeu de service, concédé blanc. Lancé, Tsitsipas enchaînait pas moins de quatorze points consécutifs, prenant définitivement l'ascendant. Solide dans les moments importants, le natif d'Athènes venait même conclure la partie sur le service du Belge.
"Je suis déçu car je pense que j'aurais pu faire mieux dans le troisième set, mais j'ai tout donné. J'ai eu une semaine difficile, des matchs très longs, donc je pense que je n'avais peut-être plus d'énergie mais dans l'ensemble c'est une bonne semaine", a déclaré le désormais n°2 belge. Qui a apprécié les moments passés en Suisse. "Je pense que c'est l'un des plus beaux tournois que nous ayons sur le circuit, c'est un lieu incroyable, avec les montagnes autour, donc bien sûr j'essaierai de revenir. Je n'oublierai jamais que ma première finale sur le circuit a eu lieu ici à Gstaad. Cet endroit restera un lieu spécial dans mon cœur."
Si le premier trophée ATP devra encore attendre, cette finale marque une étape majeure dans la progression du Liégeois. Dès ce lundi, Collignon grimpera au 37e rang mondial, le meilleur classement de sa carrière. Il dépassera ainsi le meilleur classement de son mentor Steve Darcis (38e) et rejoindra Zizou Bergs et Alexander Blockx dans un Top 40 historique pour le tennis belge. Selon le blog Amortie & Lob, qui tient les comptes, il faut remonter à 2006, avec Xavier Malisse, Olivier Rochus et Kristof Vliegen, pour retrouver trois Belges parmi les quarante meilleurs joueurs du monde.
Pour Tsitsipas aussi, ce succès vaut bien plus qu'un simple trophée. Le triple lauréat du Masters 1000 de Monte-Carlo n'avait plus remporté le moindre tournoi depuis Dubaï, en mars 2025, et n'avait plus triomphé sur terre battue depuis son troisième sacre sur le Rocher, en avril 2024. Une victoire qui pourrait bien marquer le début de son retour au premier plan.
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