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ENTRETIEN - Le journaliste de 55 ans, major de la promotion de la saison 2 du concours de culture général animé par Camille Combal sur TF1, nous parle de son parcours scolaire.
La classe de Camille Combal dans la saison 2 de « Qui sera le plus nul ? » ferait rêver n’importe quel professeur de France. D’abord parce qu’elle n’est composée que de douze élèves. Ensuite parce que les élèves en question sont des célébrités de tous âges et tous univers comme Philippe Katerine, Christophe Licata, Rim’k, Gradur, Bruno Sanches, Blandine Lehout, Yann Guillarme, Kelly Massol, Mélanie Da Cruz, Chocoh et Samuel Étienne.
Lauréat du « quiz de la dernière chance » du premier épisode diffusé vendredi soir sur TF1, le journaliste a fini major de la promotion et a quitté l’aventure. Car dans « Qui est le plus nul ? », le gagnant est celui ou celle qui se montre le moins performant tandis que les meilleurs s’en vont. « Je suis triste de vous quitter mais j’ai passé un super moment », a déclaré l’animateur de « Questions pour un champion » avant de partir.
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LE FIGARO. – Comment l’animateur de « Questions pour un champion » s’est-il retrouvé dans « Qui sera le plus nul ? » ?
Samuel ÉTIENNE – Il y a deux trucs qui ont fait que j’ai dit oui tout de suite, avant même de connaître le concept de l’émission. Le premier, c’est Camille Combal qui est un des animateurs les plus doués du paysage audiovisuel français. Je suis fan de lui depuis toujours. Et le deuxième, c’est Monsieur Poulpe qui est dans l’équipe de production. Je le connais depuis longtemps et je l’adore. J’avais vu des extraits de la première saison de l’émission et j’avais adoré le concept où l’objectif n’est pas de durer, mais de sortir.
Vous n’étiez plus dans le rôle de celui qui pose les questions mais dans celui qui doit y répondre correctement...
D’un côté, c’est reposant. Dans « Questions pour un champion », je pose des dizaines et des dizaines de questions. Là, c’est Camille qui fait tout le boulot et j’ai trouvé ça agréable. Après, il y a la peur d’être nul parce que l’émission va être vue par des millions de téléspectateurs dont ma famille. Mais j’étais prêt à assumer et montrer à mes enfants qu’on peut être confronté à des difficultés, arriver à un examen ou à un concours et ne pas y arriver. Ce n’est pas grave, demain, il faut recommencer.
Quels souvenirs gardez-vous de votre scolarité ?
J’ai 55 ans, ce sont des souvenirs d’une autre époque. J’étais élève dans un établissement catholique en Bretagne où il y avait de la discipline à l’ancienne. C’était la baguette, il y avait des petites claques qui partaient. Ce serait trop fort de dire que ça m’a traumatisé mais je ne garde pas un souvenir fou de cette école-là. Mes enfants ont 9 ans, 6 ans et 3 mois. Quand les deux premiers sont arrivés à l’école, j’ai somatisé. J’étais super anxieux pour eux. Et mon épouse, qui a le même âge que moi, me disait tous les jours que l’école avait changé. Et c’est le cas heureusement.
Étiez-vous un bon élève ?
J’étais celui qui faisait juste ce qu’il fallait pour passer au niveau suivant. J’étais l’élève « sympathique mais peut mieux faire ». Je me suis réveillé à la fin du lycée grâce à l’histoire, le français et la philo qui m’ont particulièrement intéressé. J’ai obtenu mon bac scientifique avec mention malgré des notes nulles en maths et en sciences. J’ai eu 18 en philo et 17 en français. C’est ce qu’on appelle une erreur d’orientation. (Rires.)
« Je me voyais faire l’ENA et devenir haut fonctionnaire dans les ministères »
Samuel ÉtienneQuel métier voulait faire le Samuel Étienne qui venait de décrocher son bac ?
Le Samuel Étienne bachelier avait oublié le rêve bizarre qu’il avait lorsqu’il était enfant, à savoir devenir journaliste. Le petit Breton qu’il était, qui logeait à Rennes, rêvait de Sciences Po. J’avais révisé tout l’été pour réussir le concours d’entrée, ma mère était très fière. J’ai découvert Paris, j’étais un peu perdu, déraciné. J’avais le sentiment de ne rien apprendre et je ne suis pas passé en deuxième année à un point près. Je me voyais faire l’ENA et devenir haut fonctionnaire dans les ministères ou la diplomatie. Et j’ai été confronté à l’échec pour la première fois de ma vie, je n’avais pas de plan B.
À quel moment le rêve de journalisme vous revient-il à l’esprit ?
Après deux années en fac de droit à Rennes à faire la fête la moitié de la semaine et à ne pas avoir de réelles perspectives, je me suis raccroché à ce rêve d’enfant. J’ai fait quelques stages, notamment à Ouest-France à Laval et à Rennes, et j’ai eu un flash. Écrire, lire, aller rencontrer des gens, les écouter, raconter des histoires d’actualité… J’étais fait pour ça.
Dans votre parcours professionnel, il y a le journalisme et l’animation. Mais aussi une passion pour l’univers vidéoludique…
C’est la déclinaison de ma curiosité de journaliste. Je ne suis spécialiste de rien, mais je m’intéresse à tout. Quand quelqu’un va me parler de poésie, de football ou de cuisine, ça va me passionner. J’ai découvert Twitch un peu par hasard pendant le premier confinement. Ce direct en interaction avec des gens qui vous regardent, qui interagissent avec vous et qui écrivent des commentaires, c’est incroyable. Cela m’a fasciné parce que, subitement, les gens pour qui vous créez des choses sont là pour vous critiquer. Je me suis formé, j’ai écouté les conseils, j’ai acheté le matériel adéquat et je me suis lancé. En tant que créateur de contenu, nous sommes seuls et notre liberté est vertigineuse. Vous avez une idée le matin et le soir, c’est à l’antenne.
C’est devenu votre principale activité…
Je streame tous les jours ou presque depuis cinq ans déjà. Mon rendez-vous principal sur Twitch, c’est une revue de presse. Je consomme l’information à 100% en presse écrite, j’en suis addict. Tous les matins, que je sois ou non en vacances, je me lève assez tôt pour lire Le Figaro, Le Parisien, Libération, L’Opinion, Les Échos, La Croix, L’Humanité, L’Équipe… C’est mon plaisir. Nous avons une chance inouïe en France d’avoir une presse de qualité. Le message que j’essaye de faire passer, c’est de l’acheter et de la consommer. Si on ne la soutient pas et si on ne la lit pas, elle va disparaître. Or, c’est un des piliers de la démocratie.


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