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«Je ne les replacerai pas »: opposés au Mercosur, des maires ruraux décrochent le drapeau européen en soutien aux agriculteurs

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Après l’approbation du Mercosur vendredi par une majorité d’États membres de l’Union européenne, de nombreux maires ruraux ont abaissé les couleurs européennes.

Le drapeau bleu aux douze étoiles n’a pas la cote à la campagne. Ces derniers jours, de nombreux maires de communes rurales ont décroché le drapeau européen des frontons de leur mairie. Un geste symbolique, largement relayé par les édiles sur les réseaux sociaux, en signe de soutien aux agriculteurs en lutte contre le Mercosur. Après l’approbation par les États membres vendredi, la signature de ce traité de libre-échange entre l’Union européenne et l’Amérique du Sud doit en effet advenir le 17 janvier prochain.

Lundi, le maire (divers droite) des Grandes-Ventes (Seine-Maritime) a annoncé sur Facebook remplacer le drapeau européen par celui du syndicat des Jeunes agriculteurs. «Cet accord vient tuer nos agriculteurs. Il vient tuer nos exploitations. Il vient tuer nos villages. Je refuse d’être complice», a-t-il lâché sur le réseau social. «Je refuse qu’on demande toujours plus à nos agriculteurs tout en ouvrant nos frontières à une agriculture industrielle importée.»

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Le même jour, près de 70 mairies du Loir-et-Cher avaient fait de même, selon les informations de France 3 Régions. Derrière cette initiative, la Coordination rurale, un syndicat agricole adepte des actions coups de poing. Leurs adhérents, reconnaissables à leurs bonnets jaunes, ont régulièrement manifesté depuis deux ans et en particulier ces dernières semaines. Leurs tracteurs étaient dans Paris vendredi dernier, avant de repartir dans leurs communes, notamment en Centre-Val de Loire. «L’État français se fout de notre gueule, car il va tout de même accepter, en fin de compte, de vendre des voitures contre la mort de nos fermes», confiait James Boucher, secrétaire général de la Coordination rurale Centre-Val de Loire à France 3.

«Incompréhensible et dangereux»

L’une des plus grandes mairies à avoir joué le jeu est sans doute celle de Morlaix (Finistère). Le drapeau européen ne flottera plus sur la mairie «pour quelques jours», a annoncé lundi le maire Jean-Paul Vermot, selon le Télégramme  qui répondait par là à la protestation lancée par les Jeunes agriculteurs dans le département en début de semaine. «Avec le Mercosur, on franchit un nouveau cap qui est un signe politique incompréhensible et dangereux», a-t-il confié. France info relève une initiative comparable à Simplé (Mayenne). De même que La Dépêche du Midi  et Midi Libre  dans le Gers (Vic-Fezensac) et le Gard lundi. Ou encore Vosges Matin, à Laveline-du-Houx (Vosges).

La totalité des principaux syndicats semblent avoir participé à ce genre d’actions. Mais si les initiatives s’étaient multipliées lundi dernier, le mouvement s’est en réalité enclenché dès la fin de semaine dernière, le 9 janvier, jour de l’approbation par une majorité qualifiée d’États européens (au moins 15 États, représentant au moins 65 % de la population de l’UE), malgré le vote contre de la France, la Pologne, la Hongrie et l’Irlande. Ce jour-là, plusieurs élus remplaçaient le drapeau aux étoiles par celui de la FNSEA à Saint-Pol-de-Léon (Finistère). Le même jour dans la Meuse, trois édiles ont temporairement remplacé la bannière par le drapeau de la coordination rurale, à Cousances-lès-Forges, Èvres et Savonnières-en-Perthois, a rapporté le Parisien .

Un pavoisement d’usage, pas obligatoire

Francis Thirion, le maire DVD de Cousances-lès-Forges, a prévenu le préfet de son initiative et indiquait vendredi qu’il retirerait les drapeaux du syndicat agricole après 24 heures. «Mais que les choses soient claires : les drapeaux de l’Europe, je ne les replacerai pas», faisait-il savoir à nos confrères. De fait, dans le silence de la loi, rien n’oblige une mairie à pavoiser aux couleurs européennes. Le gouvernement peut transmettre des instructions aux mairies, via les préfets, à l’occasion de cérémonies, de réceptions de chefs d’État étrangers, par exemple.

Mais c’est surtout l’usage qui pousse certaines mairies à suspendre le drapeau européen à leur fronton. Autrement, seul le code de l’éducation (article L. 111‑1‑1) prévoit une obligation d’avoir le drapeau français et européen sur les établissements publics et privés sous contrat. Une proposition de loi portée par Renaissance avait même été déposée en 2023 pour rendre ce pavoisement obligatoire sur toutes les mairies françaises, «compte tenu de l’importance» de cet emblème dans l’Histoire de France et pour «renforcer l’unité de la pratique du pavoisement sur le territoire national». Adopté en première lecture à l’Assemblée, le texte n’a pas encore été examiné en séance par le Sénat.

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