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Par John Timsit
Publié le 01/09/2026 à 20h30, mis à jour le 01/09/2026 à 21h57
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Invité mardi de TF1-LCI au lendemain de la mort de l’ancien premier ministre, l’ancien président a raconté combien son mentor, l’«œil humide», était «si heureux» lorsqu’il l’a vu arriver à l’Élysée.
Passer la publicité Passer la publicitéQui mieux que lui peut encore raconter en 2026 l’Édouard Balladur politique ? Probablement personne. Au lendemain de la mort de l’ancien premier ministre, à l’âge de 97 ans, Nicolas Sarkozy est revenu longuement pour TF1-LCI sur le parcours et l’affection qu’il portait à l’un de ses mentors politiques. Celui qui lui a mis le pied à l’étrier en le nommant ministre du Budget et porte-parole de son gouvernement en 1993. «Je lui dois beaucoup, je l’aimais beaucoup (...) Pour les Français, c’est un personnage de leur quotidien qui a disparu. Pour moi, c’est vraiment une blessure et un chagrin», témoigne l’ex-président, décrivant un Édouard Balladur bien différent de son «image extérieure», tant il était «sensible, sentimental et affectif».
À ses côtés pendant plus de deux ans, Nicolas Sarkozy apprend à maîtriser l’appareil d’État et la machine gouvernementale : «On a connu tellement de choses, tellement d’événements. Il y a eu le gouvernement, il y a eu la crise financière déjà, il y a eu l’élection qu’il a perdu (en 1995). C’est un homme que j’ai accompagné d’abord et qui a accompagné ma vie du début à la fin», raconte le fondateur des Républicains, qui se garde toutefois de qualifier d’«amitié» le lien qui les unissait.
Un lien personnel et politique plutôt qu’intime, nourri aussi par l’admiration de Sarkozy pour ce «puits de science», cet «homme très cultivé» qui lui a appris «à travailler les dossiers» avec une forte «exigence». Fort de l’expérience de Jacques Chirac et d’Édouard Balladur, le jeune loup trouve auprès d’eux deux modèles. «À cette époque-là, il fallait apprendre son métier de devenir politique», poursuit Nicolas Sarkozy, qui s’estime «chanceux» d’avoir pu les «fréquenter», de s’«imprégner» de leur trajectoire et de leur «humanité». «C’était l’époque des grands dinosaures, ils avaient tellement de cicatrices sur chacun d’eux, ils en avaient tellement vu», pointe l’ex-patron de la droite.
«Il a toujours été là»
Reste que si Édouard Balladur est une référence pour Nicolas Sarkozy, l’histoire retiendra que l’élève a dépassé le maître. En 2007, il réussit là où son mentor avait échoué douze ans plus tôt : non seulement se qualifier pour le second tour de la présidentielle, mais aussi la remporter. Au point d’avoir «vengé» son aîné, dont l’échec de 1995 a stoppé net les ambitions élyséennes ? «Je ne sais pas, mais il était si heureux. Je me souviens, il avait l’œil humide, il m’a dit “je suis tellement content Nicolas”», retrace-t-il, assurant avoir à l’époque répondu à son modèle : «Je l’ai fait, mais je l’ai fait pour nous deux.» Comme si sa victoire, il y a près de vingt ans, était aussi, par procuration, celle d’Édouard Balladur.
Cette fidélité restera intacte tout au long du mandat de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, jusqu’à sa défaite en 2012 face à François Hollande. «Il était là ce soir-là dans mon bureau. Il a toujours été là. Jamais il n’y a eu autre chose qu’une profonde affection», se souvient-il, réaffirmant son «admiration» pour Édouard Balladur. Il était, à ses yeux, «un homme profondément lucide et pragmatique», «connaissant tous les dossiers» et à la «vision originale sur toutes les questions», loin de l’image de «conservateur» qu’on pouvait lui accoler.


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