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Par Le Figaro avec AFP
Publié le 15/08/2026 à 07h49
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Le lieu de culte, qui honore notamment plusieurs criminels de guerre, reste une source majeure de tensions entre Tokyo et ses voisins asiatiques.
Passer la publicité Passer la publicitéLa première ministre japonaise Sanae Takaichi s'est de nouveau abstenue samedi de visiter le sanctuaire de Yasukuni, au coeur de tensions avec la Chine et la Corée du Sud car il rend hommage à des criminels de guerre de l'ère impériale nippone. Ce sanctuaire shinto est dédié aux quelque 2,5 millions de soldats morts dans les conflits menés par le Japon, dont des criminels de guerre reconnus coupables d'exactions commises dans les années 1930 et 1940.
Lors d'une commémoration en octobre 2025 pour le premier jour de la fête d'automne du sanctuaire, peu avant qu'elle ne prenne ses fonctions de première ministre, Mme Takaichi s'était abstenue de visiter le site. Auparavant, elle s'y rendait régulièrement.
La visite en 2013 de son mentor Shinzo Abe, alors à son poste, avait provoqué des réactions courroucées de la Chine et de la Corée du Sud, toutes deux occupées par le Japon à la fin de l'ère impériale. Pour ces voisins du Japon, ces déplacements de responsables politiques et l'existence même du sanctuaire, considéré comme un symbole du passé militariste nippon, montrent l'incapacité du pays à expier les atrocités commises par ses forces armées avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le ministre de la Défense se rend sur place
Contrairement à Sanae Takaichi, le ministre de la Défense, Shinjiro Koizumi, s'est rendu sur place pour marquer le 81e anniversaire de la reddition japonaise lors de cette guerre. Lui aussi a souvent visité le sanctuaire, y compris en tant que ministre.
S'il n'a pas répondu aux journalistes en quittant les lieux, il a publié un message sur Instagram assurant avoir seulement voulu offrir ses «sincères condoléances aux esprits héroïques qui ont sacrifié leurs précieuses vies pour la Nation». «Parallèlement à notre engagement à renoncer à la guerre, j'ai réaffirmé notre détermination à continuer d'assumer notre responsabilité de préserver la voie empruntée par le Japon après la guerre en tant que nation pacifique», a-t-il encore certifié.
Des médias locaux rapportent que Sanae Takaichi, connue pour ses positions ultranationalistes, a néanmoins envoyé une offrande au site, comme en avril. D'autres premiers ministres l'avaient fait avant elle. Samedi, le ministère des Affaires étrangères chinois a dit «fermement condamner» cette offrande ainsi que la visite de ministres au sanctuaire.
Pékin a formulé à plusieurs reprises dernièrement des accusations de «militarisme» contre le Japon. La veille de l'anniversaire de samedi, le colonel Chen Xi, un porte-parole du ministère de la Défense chinois, avait ainsi appelé Tokyo à «mener une réflexion sur lui-même, reconnaître et expier ses crimes, adhérer à l'ordre international post-guerre et arrêter ses dangereuses manœuvres de remilitarisation».


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