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Tribune

Janis Otsiémi

Ecrivain

Dans une tribune au « Monde », l’auteur gabonais attire l’attention d’Emmanuel Macron sur la dérive autoritaire de son invité, le président Brice Clotaire Oligui Nguem, en visite d’Etat à Paris le 20 juillet.

Publié aujourd’hui à 10h00 Temps de Lecture 3 min.

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Le 20 juillet, le président de la République française, Emmanuel Macron, recevra son homologue du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, en visite d’Etat à Paris.

Emmanuel Macron a déjà effectué, les 23 et 24 novembre 2025, une visite d’Etat à Libreville dans le but de renforcer les liens bilatéraux et consolider un partenariat axé sur l’économie et l’environnement. A l’occasion de cette visite, il a déclaré : « Le 30 août 2023 [jour du coup d’Etat ayant renversé l’ancien président de la République, Ali Bongo] a été un tournant dans l’histoire politique du Gabon. Vous avez ouvert une nouvelle ère fondée sur le renouveau, l’inclusivité, la pluralité des opinions que nos deux pays partagent profondément. »

La prééminence des intérêts économiques de la France l’a aveuglé sur la situation des droits humains et de la liberté d’expression dans notre pays. Le président de la République française ne l’ignore pas : dans une démocratie, la liberté d’expression est un principe fondateur. L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen 1789 rappelle que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».

Le musellement de la liberté d’expression dans une démocratie est un premier pas vers la dérive autoritaire. Depuis le coup d’Etat de 2023 perpétré par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, et plus encore depuis son élection à la présidence de la République le 12 avril 2025, la liberté d’expression se réduit chaque jour comme peau de chagrin dans notre pays à la suite de l’instauration d’un climat de peur et d’intimidation visant à faire taire toutes voix critiques. Les réseaux sociaux ont été suspendus. Des journalistes, des leaders syndicaux, des hommes politiques sont emprisonnés pour leurs prises de position.

Le cas le plus emblématique est sans nul doute celui de M. Alain-Claude Bilie-By-Nze. Le 15 avril, l’ancien premier ministre du président Ali Bongo Ondimba a été arrêté à son domicile par des hommes cagoulés. Il a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville le même jour. Les faits qui lui sont reprochés sont le non-remboursement d’une somme de près de 7 625 euros qui lui aurait été remise lors de l’organisation de la Fête des cultures en 2008, dont il était le président du comité sous l’égide de l’ancien vice-premier ministre M. Paul Mba Abessole. Dans cette affaire, la prescription s’applique depuis 2011.

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