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James Webb a détecté une substance sur Titan et Pluton. Les scientifiques ne savent pas ce que c’est

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Le télescope James Webb vient de détecter une signature lumineuse inconnue sur la surface de Titan — et la même longueur d’onde apparaît sur Pluton. Deux mondes radicalement différents partagent une substance mystérieuse que les scientifiques ne savent pas encore identifier. Les allènes sont suspects, mais rien n’est confirmé.

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Ce que vous allez apprendre

  • Comment une signature infrarouge identique sur deux corps si différents intrigue les astronomes
  • Pourquoi identifier la composition de la surface de Titan est si difficile malgré des décennies d’observation
  • Ce que cette découverte pourrait révéler sur la chimie prébiotique de la Terre primitive


Deux mondes différents, une même signature mystérieuse

Titan, la plus grande lune de Saturne, et Pluton n’ont presque rien en commun. Titan possède une atmosphère dense, des lacs de méthane et il y pleut. Pluton est une planète naine gelée avec une atmosphère ténue. Leurs tailles, leurs densités et leurs environnements diffèrent radicalement.

Et pourtant, le télescope spatial James Webb vient de détecter une signature spectrale identique à la surface des deux corps — une absorption de lumière infrarouge à exactement 5,11 microns. Une coïncidence que l’équipe du Dr Bruno Bézard, de l’Observatoire de Paris, ne peut pas ignorer.

Identifier sans reconnaître

Détecter une signature dans un spectre lumineux est une chose. L’identifier en est une autre. Les astronomes disposent de vastes bases de données répertoriant les émissions et absorptions de molécules connues — mais ces catalogues sont incomplets, et tous les composés dans toutes les conditions n’ont pas été caractérisés.

L’équipe a écarté de nombreuses glaces simples susceptibles de se former par condensation sur Titan — hydrocarbures, nitrates, composés photochimiques. Aucun ne correspond. Des composés appelés allènes, avec leurs structures moléculaires en forme de chaînes carbonées, s’en approchent. Mais la signature sur Pluton, bien que centrée sur la même longueur d’onde, est trois fois plus large que celle de Titan — suggérant des structures moléculaires, des mélanges ou des états de surface différents sur chacun des deux corps.

Pourquoi Titan est si difficile à observer en surface

La surface de Titan est particulièrement difficile d’accès. Son épaisse atmosphère riche en méthane est opaque à de nombreuses longueurs d’onde infrarouges — précisément celles utilisées pour identifier les composés chimiques. On soupçonne la présence de glace d’eau et de particules organiques déposées depuis l’atmosphère, mais aucune identification claire n’a encore été établie.

C’est la raison pour laquelle la détection du JWST est si précieuse : elle ouvre une fenêtre dans cette opacité, même sans pouvoir encore lire ce qu’elle révèle.

Crédit : nasa

La mission Dragonfly et les années à venir

La mission Dragonfly de la NASA, un véhicule volant à propulsion nucléaire, sera lancée en 2028 et atteindra Titan en 2034. Si elle n’embarque pas de spectromètre infrarouge, elle sera équipée d’instruments capables de révéler les composés présents à la surface lunaire. Les chercheurs pourront alors déterminer lesquels correspondent aux signatures infrarouges du JWST.

En attendant, l’équipe collabore avec un groupe dirigé par Jonathan Lunine pour cartographier la distribution de ce composé mystérieux à la surface de Titan — une corrélation possible avec les vastes champs de dunes qui couvrent des régions entières de la lune.

Une fenêtre sur la Terre primitive

L’enjeu dépasse la simple curiosité géochimique. La chimie de Titan est souvent comparée à celle de la Terre avant l’apparition de la vie — une planète encore riche en azote et en carbone, avant que l’oxygène ne devienne abondant. Comprendre ce qui recouvre la surface de Titan pourrait offrir une fenêtre unique sur les processus chimiques qui ont précédé la vie sur notre propre planète.

L’étude a été acceptée par la revue Astronomy & Astrophysics et une prépublication est disponible via ArXiv.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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