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De la Belgique aux États-Unis bien sûr, mais aussi du Groenland à la Tasmanie, et du Kamtchatka aux sources du Zambèze, c'était une seule et même effervescence populaire après la victoire des Diables rouges, lundi soir, à Seattle. Un flot de messages de félicitations et de témoignages d'admiration sur les sites d'information et les réseaux sociaux, mais surtout une avalanche de plaisanteries, de photos détournées et de montages désopilants pour moquer le président américain, son chien courant à la tête de la Fifa, et leur commune impuissance à changer le cours d'un match de Coupe du monde.
Jamais un pays, et le nôtre en l'occurrence, n'avait suscité autant de sympathie, de bienveillance, de solidarité, à l'échelle de la planète tout entière. Jamais une équipe n'était montée sur le terrain en ayant pour la soutenir des milliards de supporters – littéralement. C'est comme si, a-t-on pu dire, le monde affrontait les États-Unis, et plus seulement la Belgique. L'occasion a même réconcilié les Belges et les Français – un tour de force pour lequel, estimait un lecteur du journal L'Équipe, Donald Trump mériterait assurément son fameux prix Nobel.
Gianni Infantino réagit à la performance des Diables rouges : "Le monde entier en profite"Car, on le sait, ce n'est pas la passion du foot qui est la cause de ce phénomène sociologique sans précédent. C'est une indignation générale face à une ingérence politique grossière et grotesque dans une compétition sportive. Le débat sur la sévérité excessive ou non d'une décision arbitrale – le carton rouge désormais le plus célèbre de l'Histoire, infligé mercredi dernier à l'attaquant américain Folarin Balogun – n'avait tout simplement pas lieu d'être dès lors qu'un principe simple, et pourtant fondamental, se trouvait brutalement bafoué : on ne change pas les règles du jeu en cours de partie.
C'est pourquoi la condamnation a été unanime – sauf, et c'est dommage, dans certains milieux américains trop chauvins, ou ignorants peut-être des règles du football européen. L'ampleur de la réaction a, cependant, révélé quelque chose de plus vaste. Comme si l'injustice faite aux joueurs belges avait soudainement libéré, un peu partout, la frustration et l'exaspération accumulées en dix-huit mois de présidence Trump. Souvent salués en "héros", les Diables rouges ont visiblement porté une cause qui dépassait de très loin l'enjeu d'un match de foot.
"Un sérieux camouflet", "Trump aurait dû connaître un vieil adage" : la presse belge et internationale déchaînée après la victoire des DiablesPour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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