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Environnement 02/06/2026 15:47 Actualisé le 02/06/2026 15:58
Une vague de chaleur inédite et précoce a largement contribué à ce record. En raison du changement climatique, ces épisodes vont se multiplier et s’intensifier.
Par Maëlle Roudaut avec AFP
Un printemps inédit. La France vient de connaître son printemps le plus chaud jamais enregistré « depuis le début des mesures en 1900 », a annoncé ce mardi 2 juin Météo-France dans son bilan climatique de cette saison, qui couvre pour les météorologues les mois de mars à mai.
« Avec une température moyenne de 13,8 °C, ce printemps 2026 est le plus chaud jamais enregistré (anomalie de +1,7 °C), devant les printemps 2011 (+1,5 °C) et 2020 (+1,3 °C) », indique l’établissement public, alors que le pays vient de traverser une vague de chaleur précoce et intense.
« Les trois mois du printemps ont tous été plus chauds que la normale », établie sur la période 1991-2020, et « mai 2026 est le deuxième mois de mai le plus chaud (+2,0 °C) derrière mai 2022 », précise Météo-France.
La France a notamment connu fin mai une vague de chaleur exceptionnelle avec un « dôme de chaleur », une zone de haute pression bloquant l’air chaud en provenance d’Afrique du Nord. Cette canicule « est véritablement un marqueur du changement climatique », a alerté Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.
Du fait du changement climatique, essentiellement causé par l’accumulation dans l’atmosphère du CO2 généré par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, les vagues de chaleur sont appelées à devenir de plus en plus fréquentes, intenses et précoces.
Un probable épisode « El Niño » cet été
En ce début juin, Météo France observe que les sols, qui étaient très humides au début du printemps, sont devenus « très secs ». « L’épisode de chaleur, combiné à l’absence de précipitations (déficit de précipitations de 30 % ndlr.), a provoqué un assèchement très rapide et généralisé des sols sur l’ensemble du pays », relève-t-il.
Pour les mois de juin, juillet et août, Météo France anticipe que les températures seront plus élevées que les normales de saison, notamment dans l’est de l’hexagone et en corse. En revanche, la prévisibilité des niveaux de pluie est « très limitée », indique l’organisme.
En effet, cet été risque très probablement d’être marqué par le développement d’un épisode El Niño, augmentant le risque d’événements météorologiques extrêmes. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a lancé une alerte à ce sujet, ce mardi, estimant qu’un épisode El Niño est probable à 80 % entre juin et août.
« Nous devons nous préparer à un épisode El Niño potentiellement puissant, qui exacerbera la sécheresse et les fortes pluies et augmentera le risque de vagues de chaleur à la fois sur les terres émergées et dans les océans », a prévenu la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, citée dans un communiqué.
El Niño se produit d’ordinaire tous les deux à sept ans et dure environ neuf à douze mois. Le dernier épisode El Niño, en 2023 et 2024, avait fait de ces années les deux plus chaudes jamais enregistrées. Le phénomène cyclique affecte par effet domino le climat mondial pendant plusieurs mois, et s’ajoute aux effets du changement climatique.


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