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”J’étais à poil sur mon escalier, je l’ai frappé avec une canne” : la folle mésaventure de Benoit Poelvoorde sur l’intrusion d’un fan à son domicile

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Deux stars à l'affiche pour deux comédiens – un Belge et un "Ch'ti" français – sans fausses notes : bienvenue dans le nouveau film d'Alexandre Arcady (Le Grand Pardon, Le coup du sirocco).

Fausse note est un drame issu de la pièce éponyme. L'histoire de ce chef d'orchestre renommé (Benoit Poelvoorde) qui, lors de son dernier concert à Paris, est perturbé par un admirateur insistant (Kad Merad). Ce fan s'infiltre alors dans l'Opéra, provoquant un face-à-face inattendu entre vérité et mensonge. La rencontre révélera un passé commun poignant, mêlant devoir de mémoire et justice.

Avez-vous déjà connu un fan aussi intrusif dans votre vie ?

Oui ! Il y a un mec qui est venu chez moi… J'habitais à Lustin à l'époque. il est entré de nuit, par ma cuisine. Mon chien n'a pas moufté. Il est venu dans ma chambre, il m'a regardé dormir et ensuite il est redescendu dans la cuisine jusqu'à 5 heures du matin. Quand je me suis réveillé, j'étais donc surpris d'avoir mon chien dans ma chambre alors que je l'avais enfermé dans la cuisine. Je décide donc de descendre à poil dans la cuisine, la lumière était allumée et là, qui je vois ? Un type que je ne connais absolument pas, habillé en berger, avec des longs cheveux et une énorme barbe. Et il me dit cette phrase, alors que je suis tout nu sur mon escalier : "Tu savais très bien que je reviendrais". Je venais de tourner dans Le Dernier Testament où je jouais un Dieu. Il était persuadé que je l'avais appelé alors que je ne le connaissais pas. Il m'a quand même regardé dormir parce que j'ai vu ses pas dans la moquette et tout. Et il est revenu une deuxième fois, deux mois plus tard, il a brisé ma porte, il a tout cassé mais je n'étais pas là. Les flics disent : on le prend, on l'enferme mais il ressort et revient. Il est revenu une troisième fois ! Le type était fan de moi et était persuadé que Dieu me l'avait envoyé.

Comment avez-vous fait pour le faire partir ?

Je l'ai frappé avec une canne (sourire) ! Il a vraiment foutu le camp. Enfin, ça, c'était la première fois. La troisième fois, je l'ai menacé, je lui ai dit : "Tu es fou à lier !" Cela a surtout fait très peur à ma femme… Après tu te dis que le mec était allumé. C'est le fan le plus difficile que j'ai eu. Après, j'ai eu des cinglés qui mettent des trucs dans ma boîte aux lettres. C'est toujours de l'amour trop excessif.

"Il est venu dans ma chambre, il m'a regardé dormir, il était habillé en berger"

Comme la fois où la devanture de votre maison a été taguée avec un message anti-Depardieu ?

C'est con, car il suffit de me le dire… En plus, je ne défends aucune cause, surtout moi ! À part GAIA, l'organisation de défense des animaux, mais ils sont un petit peu trop vegan pour moi. Ou la Belgique, même si je n'ai pas besoin de la défendre, c'est mon pays. Je suis très, très, très chauvin.

Et un acteur qui nous avait confié qu'il arrêtait le cinéma, car il n'était plus bankable…

Comme me dit Kad Merad : "Arrête d'arrêter". Cela s'appelle des tempêtes dans un verre d'eau. J'ai un cerveau qui est un petit peu (il fait trembler ses lèvres en soupirant, NdlR)… Donc je me pose trop de questions et je trouve des réponses à des questions qu'il ne faudrait pas se poser. Ça, c'est mon problème. Je n'en peux rien, c'est chimique. J'ai un cerveau un peu agité du bocal. Mais ce n'est pas de ma faute. Je ne peux pas faire des entretiens comme maintenant. Je prends des calmants soit je bois, car ça m'adoucit. Alors, malheureusement, ça ne me fait pas dire des choses toujours très intelligentes. Je buvais parce que ça me calmait. Je suis vraiment agoraphobe. Les gens ne me croient pas, mais c'est vrai. Si tu m'enfermes chez moi, je peux très bien ne jamais revenir pendant des mois. Je ne vois personne. Ça n'a aucune importance pour moi. Je suis très bien sans bouger de chez moi. Agoraphobe, ce n'est pas seulement la peur de la foule, c'est avoir peur d'être loin de chez soi.

Pas de retour dans l'ombre, comme votre personne dans "Fausse note", avec ce fameux projet avorté aux USA ?

Non, car ce projet de bourse culturelle aux États-Unis était encore une belle connerie. J'ai inventé une histoire comme ça parce que j'avais écrit une série avec un pilote dans lequel je partais aux États-Unis. Et la seule façon de faire croire à cette série, c'est que toute la presse annonce que je partais aux États-Unis. Mais je ne suis jamais allé aux États-Unis. Il n'y a absolument rien. Malheureusement, ça n'a pas marché parce qu'ils ont trouvé que mon pilote était trop dur, trop violent. En période woke, il y a des blagues qui ne passent plus…

"Je buvais parce que ça me calmait. Je suis vraiment agoraphobe."

Mais vous revoilà, par contre, avec un film au sujet de fond – l'antisémitisme – qui fait écho à l'actualité en cette veille des présidentielles…

Je ne pense pas à ça quand je joue. Au moment où je l'ai fait, je pense au mec qui ment. Pour moi, ce qui m'importe dans ce truc, c'est un peu comme l'affaire Cahuzac qui a dit qu'il n'avait jamais eu de compte en Suisse. Ce qui m'intéresse, c'est comment un mec est capable de tenir un mensonge toute sa vie. La psychologie du mec. Comment on peut être dans le déni. Des gens diront que c'est une manière de protéger ton cerveau : "Je ne l'ai pas fait". Son cerveau s'est mis en off.

Ce qui se passe dans le monde ne vous effraie donc pas ?

Non. Ce qui me fait peur, c'est la technologie. Et pas que l'IA. Pour moi, tout ça, c'est de la merde en boîte. C'est un truc qui va nous détruire sur tous les points. Et ce sera d'ailleurs dans mon spectacle avec Bérénice. Tu vas avoir une génération d'abrutis, de koalas. Tout le monde va te dire que c'est mignon un koala. Je dis non. C'est con un koala. Ça dort toute la journée. Il ne fout rien. Et ça bouffe pour pouvoir avoir assez de force pour ne pas tomber pendant qu'il dort. Pour moi, c'est l'image de notre société le koala.

Fausse noteFausse note ©Prod.

En duo inédit avec Hooverphonic : "C'est la première fois qu'ils font chanter un mec !"

Ce n'est pas la première fois que Benoit Poelvoorde pousse la chansonnette. Outre sa prestation mémorable en sosie de Cloclo dans Podium ou son hommage à Jeff Bodart (sur Ferme ta gueule), l'acteur namurois avait aussi réalisé un duo avec Francis Cabrel. Le morceau s'appelait "Si c'est vraiment bien" et se trouve sur l'album Sol en cirque au profit de l'association Sol en Si (Solidarités Enfants Sida). Cette fois-ci, on est encore dans un autre registre, avec du Belgo-Belge. À l'affiche du drame Fausse note, d'Alexandre Arcady et en salles ce mercredi où il incarne un brillant chef d'orchestre, notre Benoit Poelvoorde national nous assure n'avoir fait justement "aucune fausse note" dans sa carrière. "Ça non ! Pour le coup, je n'ai pas de regrets. J'ai même fait une chanson récemment. Avec le groupe flamand Hooverphonic. Je ne regrette pas, car c'est même moi qui ai écrit les paroles. C'est la première fois qu'ils font chanter un mec. Le titre, c'est "L'idole dégueulasse". C'est donc une chanson sur moi (sourire) ! Non mais c'est vrai, ils m'ont demandé d'écrire sur moi, ce que j'ai donc fait." La sortie de ce morceau n'a pas encore été dévoilée.

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