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« J’avais trop peur de sa réaction » : ils nous racontent leur pire anecdote de covoiturage

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Life 18/04/2026 11:00

Avec les prix de l’essence et du gazole qui flambe, le covoiturage se développe. Pas toujours pour le meilleur.

Leur trajet en BlaBlaCar ne s’est pas passé comme prévu, et s’ils en rient aujourd’hui, ce n’était pas le cas sur le moment

Lechatnoir / GettyImages

Leur trajet en BlaBlaCar ne s’est pas passé comme prévu, et s’ils en rient aujourd’hui, ce n’était pas le cas sur le moment

Une solution qui fait de plus en plus d’adeptes avec des prix à la pompe à des niveaux records. Alors que le coût d’un litre de gazole dépassait toujours allègrement les 2 euros dans les stations-service ces derniers jours, suivi de près par le SP95, de plus en plus de Françaises et de Français ont recours au covoiturage pour limiter les frais.

Lors du récent week-end de Pâques, le leader BlaBlaCar a constaté 8 fois plus de places de covoiturage proposées sur sa plateforme par rapport à la moyenne. Début avril, l’entreprise constatait deux fois plus d’inscriptions de nouveaux conducteurs qu’en février dernier.

Le covoiturage permet de baisser la facture du déplacement et de passer un moment convivial… en général. Car parfois, un long voyage avec un ou des inconnus peut se transformer en grand moment de solitude ou de n’importe quoi. Pour Le HuffPost, plusieurs utilisatrices et utilisateurs de la plateforme ont accepté de raconter des moments de malaise qu’ils ne sont pas près d’oublier.

« J’ai connu le conducteur ado »

Pauline*, 38 ans, se souvient avec une pointe de stress d’un trajet Toulouse-Bourges il y a un peu plus de dix ans. « Je prenais un BlaBlaCar pour aller aux fiançailles de ma sœur et, dès son arrivée, je me rends compte que je connais le très jeune conducteur : j’étais animatrice lorsque j’étais étudiante et je l’ai encadré trois ans plus tôt en colo, alors qu’il était encore adolescent. »

Le conducteur de tout juste 18 ans est accompagné de plusieurs amis. « Je crois qu’ils allaient au printemps de Bourges », se souvient Pauline. Pendant plus de cinq heures de trajet, la jeune femme est tendue car l’ambiance, dans l’habitacle, ne respire pas la maturité. « Je me rends compte qu’il se lâche un peu, vu qu’on se connaît déjà. Il me dit qu’il a eu le permis trois semaines plus tôt. Ses potes fument un joint dans la bagnole. Il y a du gros rock à fond et évidemment, personne ne me demande si ça me dérange ! »

Comme dans un mauvais scénario, Pauline reprend, en quelque sorte, son rôle d’encadrante. « Je me souviens que j’ai dû leur dire de faire une pause ! Et il me semble que j’ai même proposé de prendre le volant ! Je suis arrivée à destination en sécurité, mais cela a été un moment stressant. »

« On va détruire les Champs »

Luïs, 24 ans, avait également le permis depuis peu lorsqu’il a pris un passager en covoiturage entre Brest et Rennes en 2019. « On commence notre discussion par des sujets assez banals, “Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?”, ce genre de choses », se souvient-il. « Au bout de quelques minutes, il me dit “je rejoins des potes et on va à Paris ce week-end pour faire entendre nos voix, on va continuer ce qu’on a commencé”. »

Quelques mois plus tôt, l’Arc de Triomphe a été saccagé par des gilets jaunes, et le discours du passager de Luïs se fait plus explicite : « On va détruire les Champs, il n’y a que comme ça que le capitalisme comprend ! », dit l’homme, qui plaide pour « détruire le capitalisme et les maisons de luxe ».

Problème : Luïs commence, à cette période, à réaliser des stages dans ce secteur, dans la maroquinerie plus précisément. Au vu de la véhémence de ses propos, « j’avais trop peur de sa réaction physique s’il comprenait que j’étais dans ce milieu-là », raconte le jeune homme.

« Pour l’humain, on repassera »

Du côté d’Alex, le pire souvenir de covoiturage est d’être resté… en rade. « Ça m’est arrivé récemment, il y a moins d’un mois. J’étais en Bretagne et je galérais à trouver un moyen pour aller chez mon père à la campagne, en Normandie », raconte le trentenaire. « Finalement, je trouve un trajet, le conducteur est configuré en mode “acceptation automatique”, je paie le trajet. »

Vient le moment du rendez-vous, « à 23h ou minuit à côté de Rennes ». Personne. « Je me suis retrouvé comme un con en pleine nuit au milieu de nulle part », se souvient Alex, qui a réussi à joindre le conducteur. « Il avait bien entamé le trajet prévu ! Mais il a fait l’innocent alors qu’il avait sans doute reçu des notifications de l’application. »

Surtout, le conducteur refuse de faire demi-tour de quelques kilomètres pour venir récupérer Alex. « Aucune pitié ! », souligne ce dernier, qui regrette la logique consumériste d’une application comme BlaBlaCar.

« Un détour de 2 km pour t’amener devant chez toi, c’est le mieux qui puisse t’arriver… Pour le côté humain et les rencontres, c’est le cas de temps en temps mais beaucoup moins qu’en stop, où la rencontre entre deux inconnus est beaucoup plus sincère. » C’est d’ailleurs en stop qu’il finira son trajet, avant qu’une amie de son père le récupère au milieu de la nuit à quelques kilomètres de là.

« Je me retrouve sans ceinture de sécurité »

Pour Fanny, 26 ans, c’est un trajet Tours-Caen il y a quelques années qui ressemble aujourd’hui à un vaudeville. La jeune femme réserve un covoiturage « en urgence après une annulation de train, j’ai pris le dernier dispo pour me sauver car j’avais un partiel le lendemain ».

« Je me retrouve au milieu à l’arrière, sans ceinture de sécurité », raconte Fanny. Cet équipement est pourtant obligatoire pour proposer une place sur BlaBlaCar. Les soucis ne s’arrêtent pas là. « À ma gauche un homme de 50 ans à peu près qui crie au téléphone, puis s’endort sur mon épaule. »

« À ma droite un jeune de mon âge à peu près à l’époque, qui mange des chips en mettant des miettes sur moi et me harcèle littéralement pour avoir mon Snap », se souvient avec angoisse la passagère. Le tout « en buvant de grandes rasades de vodka dans sa bouteille d’Oasis ».

À l’avant, « la conductrice papotait avec la dame à côté, ça avait l’air super », ironise Fanny. Un plan galère qui a le mérite de bien faire rire ses amis aujourd’hui lorsqu’elle décrit la scène.

*Le prénom a été modifié

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