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Alors que le débat sur les inégalités face à la chaleur fait rage en France, les témoignages de personnes qui fuient leur logement pour trouver plus de fraîcheur se multiplient.
Sur le même thèmeCaniculeLogementVague de chaleur
Par Luna Perez Publié le 13 juil. 2026 à 20h56
« Vous croyez que Bernard Arnault il dort dans son parking aussi ? » Sur TikTok, pas besoin de scroller très longtemps avant de tomber sur des vidéos de Françaises et Français qui, malgré eux, préfèrent se réfugier dans leur voiture, leur cave ou sur leur balcon, plutôt que de supporter la fournaise qu’est devenu leur appartement en pleine canicule.
Alors que l’Hexagone est en période de vigilance rouge canicule, avec un thermomètre qui frôle les 40°C, beaucoup craignent de développer des problèmes de santé liés à la chaleur. Et même sans finir à l’hôpital, les nuits tropicales tendent à empêcher un sommeil réparateur. Le dernier recours est parfois de fuir son logement, au risque de perdre au change niveau confort.
Une chaleur « invivable »
« Je suis partie chercher la fraîcheur coûte que coûte », relate Gwen, interrogée par actu.fr, qui vit dans un appartement en région parisienne. En juin, lors de la seconde période de canicule, celle qui travaille dans les énergies renouvelables a dû se résoudre à un constat : dans son petit appartement, elle n’allait pas parvenir à dormir correctement, à cause de la chaleur étouffante.
La jeune femme âgée de 30 ans décide alors d’aller dormir sur son balcon, et documente ses nuits en vidéo sur les réseaux sociaux. Mais la solution est de courte durée : « J’avais toujours chaud parce que les températures elles augmentaient encore, la nuit il faisait 25-27°C », détaille-t-elle. « J’ai décidé d’aller dans mon parking parce qu’il y fait frais. » Si Gwen n’a pas son propre box, elle possède une voiture, et se résout à l’aménager pour y dormir.
POV : IL FAIT TROP CHAUD, laissez moi dormir dans mon parking. Utilisez votre libre arbitre, hydratez vous ! #canicule #parking #storytime
Pour Mélanie non plus, dormir dans son appartement n’était plus une option en ce mois de juillet. Le Républicain lorrain a recueilli le témoignage de cette femme enceinte qui habite à Metz dans un studio de 20 m², sous les combles. « Il fait 35-40 degrés toute la journée », explique-t-elle. Impossible de passer une grossesse sereine dans ce logement : « On peut boire que de l’eau, on peut manger que des crudités, alors qu’en début de grossesse on est censé s’alimenter un minimum. »
Pour celle qui travaille dans la restauration, il ne s’agissait plus à ce stade d’un choix, mais de survie. « Je préfère respirer que de vivre en haut et ne pas respirer du tout », affirme-t-elle dépitée. Sa solution de secours ? Dormir dans le couloir de son immeuble. « C’était ça ou les Buttes-Chaumont », écrit un internaute sur les réseaux sociaux, qui « n’en pouvait plus de la canicule » et est aussi parti se réfugier sur son balcon.
Sacrifier son confort
Avoir accès à un balcon ou à un véhicule n’est pas donné à tout le monde, certes, reste que le confort est sommaire. Pour préparer sa voiture à lui servir de chambre, Gwen nous confie qu’elle n’avait de toute façon pas de matelas gonflable à disposition. « J’avais juste une sorte de natte en raphia que j’ai étalée. » En guise de matelas, la trentenaire utilise sa couette. « J’ai un peu souffert du dos. »
Sur sa vidéo TikTok vue par plus de 150 000 personnes, elle déplore quand même l’absence de toilettes au sous-sol de son immeuble. En dormant sur le balcon, le problème est plutôt lié au lever du soleil, et à l’irruption de pigeons, qui perturbent le sommeil. Une semaine dans ces conditions en juin, qui n’a pas découragé la jeune active de recommencer lors de la canicule de ce mois de juillet.
Quant à dormir dans son couloir, le confort semble tout simplement inexistant. « J’ai installé mon oreiller, un petit drap et puis j’ai dormi là », résume Mélanie, en pointant du doigt le carrelage du couloir de son immeuble. « Je vais voir avec les assistantes sociales pour déménager parce que ce n’est pas possible. »
La fraîcheur, plutôt que la sécurité ?
Sur TikTok, plusieurs vidéos en viennent presque à romantiser le fait de s’installer sur son balcon pour dormir. Mais une question reste en suspens : est-on vraiment en sécurité avec une telle pratique ? « Chez moi c’est assez sûr », avance Gwen, qui dit ne pas avoir eu peur. « Au-delà de la peur, j’en avais vraiment marre de la chaleur. »
Team balcon ou team cave, ces solutions restent temporaires. Et y avoir recours apporte son lot d’anxiété sur l’avenir. « Ça m’inquiète, je me demande comment on va faire pour les années futures », admet Gwen.
Au-delà des ajustements individuels, elle constate un problème politique : « Ce n’est pas normal de devoir dormir dans des conditions comme ça. Il y a une urgence climatique à laquelle les politiques doivent répondre. »
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