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« J’ai l’impression de retrouver le Santorin d’autrefois» : et si l’île-star des Cyclades redevenait fréquentable ?

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Les touristes restent nombreux à Santorin, ici à Oia pour le coucher de soleil, le 23 juin dernier, mais bien moins qu’avant.

Les touristes restent nombreux à Santorin, ici à Oia pour le coucher de soleil, le 23 juin dernier, mais bien moins qu’avant. Louisa Gouliamaki / REUTERS

Séismes début 2025, jauge de croisiéristes, tensions géopolitiques : la perle des Cyclades connaît une cure de «désintoxication» touristique forcée. Résultat, la prisée Oia retrouve des ruelles respirables, les tables avec vue sur la caldeira se réservent le soir même, et les prix semblent renouer avec un semblant de raison. Pour combien de temps ?

Pour une première visite à Santorin, la surprise est de taille. En cette fin juin 2026, pas besoin de jouer des coudes dans les ruelles de Oia, célèbre pour ses maisons chaulées posées sur les falaises abruptes de la caldeira. Déambuler tranquillement, choisir un restaurant au dernier moment, même avec vue plongeante sur le coucher de soleil, se balader dans Fira, capitale de l’île, au milieu de ruelles presque vierges de touristes...

Certes, la grève des autocaristes n’était peut-être pas étrangère à cette soudaine quiétude, dans la perle des Cyclades, devenue l’un des emblèmes du surtourisme. Mais les raisons sont peut-être plus profondes : une conjonction de facteur rend peut-être l’île volcanique à nouveau fréquentable pour le grand public.

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9000 croisiéristes en moins par jour

Selon les chiffres communiqués par Fraport, la société qui exploite quatorze aéroports en Grèce dont celui de Santorin, le trafic de mai 2026 affiche une légère hausse de 4,6 % des arrivées sur l’île par rapport à mai 2025, un mois historiquement bas en raison des secousses sismiques à répétition qui avaient secoué l’île en janvier 2025.

Sur l’ensemble de l’année écoulée, Santorin avait perdu 16 % de sa clientèle aérienne. Sur ce mois de mai 2026, la reprise reste timide : +2,7 % de passagers, quand d’autres destinations font bien mieux, comme Mykonos et ses +16 %. Du côté français, Transavia maintient ses vols au départ de Paris-Orly, Lyon et Nantes. En revanche, Volotea a réduit la voilure ces deux dernières années en supprimant ses liaisons au départ de Bordeaux, Nantes, Lyon et Toulouse. Seul Marseille a survécu à ce plan minceur avec deux vols par semaine au lieu de trois il y a encore deux ans.

À cela s’ajoute une mesure gouvernementale mise en place l’an dernier limitant à 8 000 le nombre de passagers de croisière autorisés à débarquer chaque jour, contre 17 000 encore en 2024. Neuf mille personnes en moins par jour sur une île de 76 km², légèrement plus petite que l’île de Ré, cela ne passe pas inaperçu. Notamment sur les routes, où les embouteillages se font bien plus rares.

«J’ai l’impression de retrouver le Santorin d’autrefois»

« Cela fait douze ans que je vis sur l’île, raconte Stefanos Zachariou, directeur général des Nostos Apartments, situés à Oia. J’ai l’impression de retrouver le Santorin d’autrefois, et franchement personne ne s’en plaindra. » Cette année, son établissement a néanmoins enregistré de nombreuses annulations de la clientèle australienne, habituée à transiter par le Moyen-Orient pour rejoindre l’Europe. « Ces voyageurs organisent leurs vacances longtemps à l’avance. Nous ne les verrons pas de l’été », précise-t-il.

La crise a également accéléré une mutation de l’offre. Avant le Covid, Santorin était connue pour ses restaurants branchés, excessivement chers et au look résolument international. « Un établissement comme Fino, qui misait sur une cuisine moderne, a choisi de revenir à une cuisine plus traditionnelle, style taverne grecque, à des prix normaux », observe Stefanos Zachariou.

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Lors de notre passage, bon nombre de serveuses sur les terrasses dominant la caldeira trompaient l’ennui, attendant qu’un client ait besoin de leur service. Même constat dans les boutiques de mode, où les vendeuses n’étaient pas débordées.

Où sont passés les touristes ?

Entre des Américains qui ont perdu l’envie de voyager en Grèce en raison des tensions au Moyen-Orient, des Européens qui regardent à deux fois avant d’ouvrir leur porte-monnaie, les quelques chanceux profitent pleinement de la situation. Et cela s’entend aussi sur le plan des prix. Lors d’une première recherche pour un logement sur la célèbre plateforme au logo bleu et le prix payé au final (en espèces), un peu de négociations permettent d’obtenir près de 25 % de réduction.

Dans les restaurants, nombreux sont les serveurs à reconnaître que les tarifs ont atteint des sommets que les gens ne sont plus prêts à payer les yeux fermés. « La clientèle d’aujourd’hui n’a plus envie de flamber comme autrefois, conclut Stefanos. Elle recherche plus d’authenticité et un bon rapport qualité-prix et certains professionnels commencent à le comprendre. »

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