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AUTISME. Au Québec, le mois d’avril est dédié à l’autisme afin de sensibiliser le public, promouvoir l’inclusion et célébrer la diversité de la neurodiversité. L’Express souhaite mettre en lumière Roxanne Hébert, une jeune femme de 18 ans affectée par le trouble du spectre de l’autisme (TSA), qui a su retrousser ses manches et foncer afin de réaliser ses rêves.
Son sourire est contagieux. Elle a une bonne humeur et une envie d’aider son prochain. Elle sillonne les allées du commerce Liquidation PH du 421, rue Saint-Pierre et, avec l’aide de son père Pascal, elle gère l’entreprise familiale. Malgré les embûches, Roxanne Hébert a trouvé sa voie et souhaite se dépasser.
Cependant, tout n’a pas toujours été rose pour la jeune femme. Après une enfance difficile en raison de son TSA qui n’avait pas été diagnostiqué, elle a touché le fond du baril vers ses 14 ans.
«Sans le savoir, je cachais bien ma condition. J’avais des amis, mais c’était difficile. Un jour, j’ai explosé. Je faisais des crises, de l’anxiété et je me suis rendue jusqu’à une tentative de suicide», confie l’entrepreneure.
À la suite d’une hospitalisation à Sherbrooke où le spectre n’a pas été décelé, Mme Hébert s’est retrouvée dans un centre jeunesse, à Saint-Hyacinthe.
Roxanne Hébert et son père Pascal. (Photo : Ghyslain Bergeron)«Ça n’allait vraiment pas bien. Je vivais des montagnes russes d’émotions et je n’avais pas du tout la tête aux études. Juste de penser retourner à l’école me créait de l’anxiété. Heureusement, j’ai été accompagnée par une psychoéducatrice et une pédopsychiatre et mon TSA a été diagnostiqué. Aujourd’hui, la médication est bien ajustée et ça va bien. Tout au long de cette épreuve, j’ai pu sentir l’appui de ma famille. Ç’a fait une énorme différence de savoir que mes proches étaient derrière moi.»
Liquidation PH
Une fois sa situation stabilisée, Roxanne Hébert souhaitait intégrer le marché du travail. Toutefois, elle est consciente que sa condition est difficilement ajustable aux horaires de travail conventionnels.
«Je m’épuise rapidement, alors les employeurs ne peuvent pas m’offrir de pauses comme ça, un peu à l’improviste, au milieu d’un quart de travail. J’ai besoin d’un endroit calme pour me reposer, car mes interactions sociales me prennent beaucoup d’énergie», explique-t-elle.
C’est de là qu’est venue l’idée de créer un travail adapté à sa condition. Avec l’aide de son père, qui œuvre déjà dans l’achat et la revente de marchandise, ils ont mis sur pied l’entreprise idéale pour que Roxanne puisse s’épanouir et venir en aide à la population.
«C’est le concept idéal. Un petit magasin avec des articles à bas prix. C’est Roxanne qui s’occupe du commerce et elle m’accompagne dans les achats. Quand la fatigue se fait sentir, on a aménagé un espace sombre, tranquille où elle peut aller se reposer. Les employés comprennent la situation et de toute façon, on travaille en équipe ici, comme une famille, raconte Pascal Hébert. Liquidation PH a ouvert ses portes en novembre 2025 et déjà, un agrandissement est prévu pour l’été prochain. On ne fait pas ça pour devenir riche, c’est un service à la population. C’est fou de voir comment les gens ont besoin d’aide. L’épicerie coûte tellement cher, alors on offre tout à des prix vraiment bas ici.»
Pascal et Roxanne Hébert souhaitent aider la population en offrant des articles à bas prix dans leur commerce de liquidation. (Photo : Ghyslain Bergeron)Des ambitions
Au milieu des caisses de produits divers, Roxanne Hébert continue de s’intégrer et de s’impliquer dans la communauté, et ce, même si parfois elle doit s’adapter à de nouvelles situations.
«Il y a beaucoup de personnes qui m’ont dit que je ne serais pas capable, mais moi, j’ai décidé d’apprendre à vivre avec le TSA et de foncer. Je me suis rendu compte que les clients ne s’en font pas avec ça et souvent ils ne le remarquent même pas… sauf quand je porte mes bouchons, là, ça fait bizarre!» raconte-t-elle en riant.
Mme Hébert s’est lancé un autre défi pour les prochaines années, soit de compléter une formation comme préposée aux bénéficiaires. «Il y en a qui ne croient pas en moi, ils disent que je ne serai pas capable. J’ai décidé de les ignorer et je vais foncer. Je ne vais pas me limiter. J’ai eu des périodes sombres et même si parfois c’est difficile, on apprend à vivre avec le TSA et on finit par s’en sortir», affirme avec conviction Roxanne Hébert en terminant.


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