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Ivan Demidov complète un noyau motivé, signé à long terme, et pour pas cher en plus

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De plus en plus, les bons joueurs de la LNH sont capables d’orienter leur destin et de décider là où ils veulent aller jouer. Et le 1er juillet, même des joueurs médiocres ramassent un pactole à l’endroit de leur choix.

Peu importe qu’il s’agisse d’une vedette qui en a marre de perdre et qui veut changer d’adresse, ou d’un gros ailier top-9 qui est sollicité par plusieurs équipes sur le marché des joueurs autonomes, le défi du Canadien de Montréal est de se montrer le plus attrayant possible aux yeux des joueurs.

La courbe ascendante de l’équipe, la réputation favorable dont jouit l’entraîneur-chef Martin St-Louis, l’atmosphère exaltante de Montréal susceptible de séduire une certaine catégorie de joueurs… il y a des cartes dans le jeu du CH.

Mais la carte qui pourrait devenir la plus importante s’est exprimée mercredi à travers la signature du nouveau contrat d’Ivan Demidov, qui s’est entendu avec l’équipe pour huit ans à raison de 9,15 millions $ en moyenne par saison.

L’organisation s’est encore une fois montrée assez imperméable à l’inflation qui a cours dans la LNH à travers ce nouveau contrat qui entrera en vigueur pour la saison 2027-28.

 Tellement hockey

Tout le noyau dur du Canadien est désormais sous contrat à long terme, et aucun joueur de l’équipe n’a de contrat supérieur à 10 millions $ par saison. C’est une situation extrêmement favorable par rapport à la nouvelle réalité salariale de la LNH, qui verra le nombre de contrats supérieurs à 10 millions $ par année se multiplier à partir de maintenant.

Mais ce n’est pas toute la marge de manœuvre financière dont va jouir le Canadien qui est son principal atout; c’est le fait que ses meilleurs joueurs ont tous accepté moins d’argent dans le but d’améliorer les chances de succès collectif.

Demidov, par exemple, n’a pas accordé de valeur au fait qu’il aurait obtenu plus en attendant l’échéance de son contrat d’entrée avant de signer. À ses yeux, il était facile d’aller de l’avant dès maintenant et de signer un an avant l’échéance de son contrat d’entrée, comme l’a fait Lane Hutson l’été dernier.

Il suffit de regarder notre équipe, a fait valoir Demidov, qui était sur la patinoire du Complexe sportif CN à 7 h 30 mercredi matin, en compagnie de Hutson.

On a un bon noyau. Tout le monde a à peu près le même âge, tout le monde veut remporter la coupe et tout le monde est affamé. Tout ça me motive encore plus. Ça donne envie de venir à la patinoire, de faire notre travail et de gagner des matchs.

Cette adhésion complète du noyau dur à la structure salariale interne de l’équipe doit devenir le prochain argument de vente du Canadien dans ses efforts d’attirer des joueurs d’impact qui compléteront le portrait.

Kent Hughes ne s’est pas montré particulièrement chiche et intransigeant. La plupart des négociations entre lui et ses joueurs-clé ont été rapides et courtoises. Ce qui ressort, c’est que tous ses joueurs sont à 100% partie prenante du projet.

De sorte que si Demidov avait adopté la ligne dure afin d’arracher chaque dernier dollar possible, il aurait fait contraste avec le reste du groupe.

Comme nos autres joueurs, c’est un joueur d’équipe, c’est quelqu’un qui veut faire partie de quelque chose au lieu d’être "le" quelque chose, a illustré Hughes.

Le pari que prend le Canadien, c’est qu’avec le temps, les joueurs des autres équipes vont regarder ce qui se passe à Montréal et vont se demander pourquoi il y a au sein de cette équipe une telle volonté collective de gagner tout en laissant un peu d’argent sur la table.

Kent Hughes parle au micro lors d'un point de presse.

Kent Hughes

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Hughes a vanté la culture dans son vestiaire et l’environnement positif dans lequel tout le monde travaille, qui invite à l’émulation et au dépassement.

Quand il y a une mauvaise place où jouer, ça circule parmi les joueurs, a-t-il mentionné. J’espère que le contraire est vrai aussi.

Le Canadien ne se transformera pas en destination attrayante du jour au lendemain, mais ce processus de longue haleine est bien engagé.

Une journée sur les lignes de côté

Le président des opérations hockey, Jeff Gorton, avait mentionné jeudi dernier que le Canadien avait ciblé des joueurs en vue du marché autonomes, mais l’équipe est finalement restée sur les lignes de côté, laissant à d’autres les folles dépenses.

L’ailier Mason Marchment, l’un des rares joueurs qui aurait pu inciter le Canadien à délier les cordons de la bourse, a choisi de signer avec les Sharks de San Jose, l’organisation à laquelle son défunt père a longtemps été associé.

Marchment a accepté un contrat de cinq ans qui lui rapportera 6,75 millions $ par année. C’est loin d’être le contrat le plus loufoque signé mercredi, mais Marchment avait l’embarras du choix quant à la disposition souhaitée.

Le hockeyeur célèbre un but.

Mason Marchment

Photo : AP / Paul Vernon

De manière générale, il était entendu que le marché des joueurs autonomes ne serait pas la voie de prédilection qu’emprunterait le Canadien pour s’améliorer.

Hughes a fait du bon travail pour se donner de la marge de manœuvre salariale en vue des prochaines saisons, mais ce n’était pas une raison pour le dilapider sur des joueurs de soutien qu’il a déjà en grand nombre.

La même logique s’applique au marché des transactions. L’échange qui a permis aux Predators de Nashville de mettre la main sur Mavrik Bourque, ou encore celui qui a envoyé le robuste Keegan Kolesar à Détroit, étaient peut-être à la portée du CH, mais il ne s’agissait pas non plus de jumelages parfaits avec ce que tente d’accomplir Hughes.

Croyez-moi, ce n’est pas faute d’avoir essayé, et on va continuer à le faire, a déclaré le directeur général. Je ne pense pas que ce soit aujourd’hui, demain ou un jour précis. On va améliorer cette équipe, je n’ai aucun doute là-dessus, mais je ne peux pas vous dire quand cela va se produire. Je le saurai quand l’échange sera le bon et qu’on aura trouvé un partenaire.

On ne fera pas d’échange stupide ni de décision idiote qui pourraient apaiser à court terme nos amateurs passionnés, pour qu’un an plus tard, ils nous disent : "Mais dans quoi est-ce que vous nous avez embarqué?"

Qui veut des choix et des espoirs?

Le Canadien a de l’argent à dépenser et de très bons jeunes joueurs à offrir, mais Hughes s’est buté dernièrement à un contexte où peu d’équipes sont à la recherche d’actifs futurs. Plusieurs d’entre elles sortent d’une reconstruction et ne sont pas intéressées à des espoirs ou des choix au repêchage. Certaines formations seront peut-être confrontées à de dures réalités la saison prochaine, mais pour le moment, seuls Vancouver et dans une certaine mesure Calgary acceptent la voie de la reconstruction.

Si tu veux échanger des actifs futurs ou des choix, plusieurs équipes cherchent à s'améliorer dès maintenant, et non pas pour l'avenir, estime Hughes. Peut-être que ce genre de monnaie d’échange, à l’heure actuelle, n’a pas autant de valeur qu’il en a eu à d’autres moments. Est-ce que cela va durer, ou est-ce que d’autres équipes seront plus tard sur le marché (pour ce genre d’actif)? Je ne sais pas encore, je vois juste ce qui est devant nous.

Cela n’a pas empêché le Canadien d’être très agressif au cours des derniers jours. S’il n’en tenait qu’à lui, a indiqué Hughes, il serait déjà passé à l’action.

Des rumeurs ont évoqué une proposition énorme pour les services de Kirill Marchenko, l’ailier des Blue Jackets de Columbus, mais qui est manifestement restée lettre morte.

Le grand attaquant fonce vers le filet défendu par Samuel Montembeault.

Kirill Marchenko

Photo : AP / Paul Vernon

On a déjà essayé de faire des échanges pour lesquels, de l’avis de d’autres personnes, on aurait probablement surpayé, mais ça n’a pas fonctionné, a dit le DG sans toutefois faire référence à Marchenko.

Mais en même temps, on a nos limites parce qu’on a de très jeunes joueurs qui, selon nous, vont être très bons dans la LNH et dans pas longtemps.

On verra si ce dossier pourra être considéré de nouveau, mais les Blue Jackets semblent avoir trouvé le moyen de faire baisser la température autour de leur organisation et du défenseur vedette Zach Werenski.

Hage, une solution qui devra attendre

Hughes estime que le bon geste à poser nécessitera de la patience et de la prudence. Entretemps, les principaux espoirs qu’il a sous la main – les Michael Hage, Alexander Zharovsky, Adam Engström et Bryce Pickford – pourraient continuer à prendre de la valeur au cours de la prochaine année.

Le cas de Hage est intéressant car dans la sempiternelle quête d’un deuxième centre, il est le seul dans la pépinière du Canadien à avoir des chances de colmater cette brèche.

L’organisation aurait bien voulu que Hage fasse le saut chez les pros dès l’an prochain et qu’il tente de faire sa place, mais ce dernier est à l’aise avec sa décision de retourner à l’Université du Michigan, une expérience au bout de laquelle il tenait à aller.

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Michael Hage (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Je veux être un joueur de centre dans la LNH, a dit Hage au deuxième jour du camp de perfectionnement. Je pense que ma plus grande force est de transporter la rondelle vers le centre de la glace, de créer des occasions et de rendre mes coéquipiers meilleurs.

C’est sûr qu’on apprend au fur et à mesure. L’aspect défensif du jeu et les mises en jeu jouent évidemment un rôle essentiel, et ça ne fait que devenir plus difficile quand on passe chez les pros. Ce sont toutes des choses sur lesquelles je veux continuer à travailler cette année.

À l’université, on fait d’abord confiance aux joueurs plus âgés. Ils ont en quelque sorte mérité leur place pour jouer en fin de match et pour prendre les mises en jeu cruciales. C’est un aspect important de ma décision de retourner là-bas. C’est à mon tour de me familiariser avec ces situations-là et de vraiment parfaire mon jeu.

Si le Canadien était prêt à donner beaucoup pour un gros ailier d’impact, fût-ce Marchenko, Matthew Knies ou un autre, c’est peut-être parce qu’il croit avoir déjà au sein de son organisation son futur centre de deuxième trio.

Mais avec Hage aussi il faudra de la patience et de la prudence.

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