Le 16 octobre 2025, un engin explosif avait été déclenché devant le domicile du journaliste Sigfrido Ranucci, menacé par la mafia, détruisant ses deux voitures dans un quartier résidentiel de Pomezia, à une vingtaine de kilomètres au sud de Rome.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 11:59 - Temps de lecture :

Digiteka PlaceHolder

Quatre personnes, soupçonnées d'être les auteurs de l'attentat à l'explosif ayant visé en octobre la voiture d'un célèbre journaliste d'investigation italien, sans faire de victime, ont été arrêtées ce mardi, ont annoncé les carabiniers italiens.

Interpellées près de Naples (sud), elles sont « fortement soupçonnées [...] des délits de détention, de port et d’utilisation d’engins explosifs dans un lieu public, de menaces et de dégradations, aggravés par le fait d’avoir agi à plus de cinq personnes et selon des modalités de type mafieux », relève le communiqué des carabiniers. Trois d'entre elles ont été placées en détention provisoire et la quatrième en résidence surveillée.

« Liste infinie de menaces »

Le 16 octobre 2025, un engin explosif avait été déclenché devant le domicile du journaliste Sigfrido Ranucci, menacé par la mafia, détruisant ses deux voitures dans un quartier résidentiel de Pomezia, à une vingtaine de kilomètres au sud de Rome.

« Au moins un kilogramme d'explosif a été utilisé », avait déclaré Sigfrido Ranucci au quotidien Corriere della Sera au moment des faits. Le journaliste, qui présente l'émission d'investigation « Report » sur la chaîne de télévision publique Rai 3, vit sous escorte policière depuis plusieurs années.

Le journaliste, rendu célèbre par ses enquêtes sur la mafia, la corruption et les conflits, avait indiqué à l'agence Ansa, au lendemain de l'attentat, avoir reçu « une liste infinie de menaces diverses » dont il avait « toujours informé la Justice, et sur lesquelles les membres de (sa) garde rapprochée ont toujours fait des rapports ».

Enquête « particulièrement complexe »

L'enquête, confiée au parquet anti-mafia de Rome, « s'est avérée particulièrement complexe », nécessitant « le recoupement de l'ensemble des systèmes de vidéosurveillance publics et privés, des relevés technico-scientifiques » sur l'engin explosif utilisé, « ainsi que l'examen de tous les relevés téléphoniques », soulignent les carabiniers.

Selon eux, « le commando aurait agi sur mandat spécifique de tiers, non identifiés à ce jour, à titre de "faveur" et contre rémunération ». « Les commanditaires se sont efforcés d’assurer un soutien pour protéger les auteurs présumés, en leur fournissant des fonds, des cartes téléphoniques dédiées, une assistance juridique et en planifiant leur éventuelle fuite à l’étranger », ajoutent-ils, précisant que l'enquête se poursuit afin de les identifier.

Articles les plus lusFaits-divers - Justice