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Israël a mené de nouvelles frappes mardi sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, et le sud du Liban, alimentant le flux des déplacés qui a enregistré une augmentation de 100 000 personnes en 24 heures selon l’ONU.
Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l’Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.
Dans l’immense Cité sportive à Beyrouth, un camp de toile a été installé pour accueillir les déplacés qui fuient les bombes.
« Nous avons fui à pied à deux heures du matin et avons passé la première nuit dehors », sur le front de mer de Beyrouth, raconte à l’AFP Fatima Chehadé.
Cette femme de 35 ans, mère de quatre enfants dont un bébé, dit avoir fui à pied la banlieue sud pour se réfugier dans ce centre d’accueil où les familles dorment sur des matelas fins à même le sol en béton.
Mardi après-midi, de violentes frappes ont à nouveau visé la banlieue sud, pilonnée sans relâche depuis neuf jours.
Des images de l’AFPTV ont montré un nuage de fumée se dégager de ce quartier, qui abrite en temps normal entre 600 000 et 800 000 habitants.
Ses habitants ont fui massivement depuis un ordre d’évacuation jeudi de l’armée israélienne.
Dans le sud du Liban, l’armée israélienne a mené mardi une frappe près de la ville côtière et millénaire de Tyr, après avoir averti qu’elle allait y viser des infrastructures du Hezbollah et exhorté la population à évacuer.
« Recommencer à zéro »
Israël a déjà averti à plusieurs reprises les habitants d’une vaste zone du sud, s’étendant de la frontière jusqu’au fleuve Litani, à une trentaine de km plus au nord, de la nécessité d’évacuer.
« Nous avons passé deux ou trois jours sous un pont, jusqu’à ce qu’ils ouvrent cet endroit », déclare Malak Jaber, qui a fui Nabatiyé dans le sud avec ses trois enfants, également arrivée à la Cité sportive.
« Ma maison a été bombardée hier », ajoute cette femme de 35 ans. « Si je veux rentrer […] il faudra tout recommencer à zéro ».
Les derniers habitants d’un village chrétien frontalier avec Israël, qui avaient résisté aux avertissements israéliens, ont été évacués mardi par les Casques bleus, selon une source de l’ONU et un correspondant de l’AFP.
La mort dimanche d’un habitant de ce village, Alma Al-Chaab, et celle d’un prêtre du village de Qlaaya dans des bombardements israéliens, ont suscité la peur des habitants.
Le maire du village, Chadi Sayah, a indiqué à l’AFP que « 83 personnes sont parties, personnes n’est resté parce qu’ils se sentaient en danger ».
Au total depuis le 1er mars, près de 500 personnes ont été tuées au Liban, selon les autorités.
667 000 déplacés
Plus de 667 000 personnes ont par ailleurs été déplacées par les frappes israéliennes sur le Liban, soit une augmentation de 100 000 personnes en 24 heures, a annoncé mardi le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) à Genève.
« Et le nombre de personnes déplacées continue d’augmenter au moment où nous parlons », a ajouté Karolina Lindholm Billing, représentante du HCR au Liban.
« Beaucoup de personnes déplacées le sont pour la deuxième fois depuis les hostilités de 2024 et la plupart ont fui précipitamment, presque sans rien, et cherchent refuge à Beyrouth, au Mont-Liban, dans la région du nord du Liban et dans certaines parties de la Békaa », a-t-elle expliqué.
La plaine orientale de la Békaa, un bastion du Hezbollah frontalier de la Syrie, est également pilonnée par l’armée israélienne.
Mardi, les présidents libanais, Joseph Aoun, et syrien, Ahmad al-Chareh, sont convenus de mieux « contrôler » leur frontière commune, au lendemain d’un incident frontalier, a annoncé la présidence à Beyrouth.
La Syrie avait dénoncé dans la nuit des tirs d’artillerie du Hezbollah pro-iranien vers son territoire.


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