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Sept jours. C’est le délai qu’accorde désormais le ministère des Finances aux hautes personnalités et salariés du public qui n’ont toujours pas déclaré leur IRPP 2025. Passé le 9 septembre, Louis Paul Motaze promet la publication des noms dans la presse, la taxation d’office et une amende de 100 000 FCFA. Le message est sans détour.
Un ultimatum qui ne laisse plus de marge
Dans un communiqué daté du 2 septembre, le ministre des Finances met en demeure les contribuables non professionnels classés « hautes personnalités », ainsi que les salariés des secteurs public et parapublic, encore défaillants sur leur déclaration d’Impôt sur le revenu des personnes physiques. Le délai initial expirait le 31 juillet 2026. Il avait déjà été prorogé une première fois au 30 août.
Cette fois, plus question de souplesse. Motaze invoque l’article L3 du Livre des procédures fiscales et prévient que « l’Administration fiscale mettra en œuvre, sans autre formalité, les procédures et sanctions prévues par la législation fiscale ». Traduction concrète : liste des défaillants publiée dans la presse, taxation d’office, majorations, et une amende forfaitaire de 100 000 FCFA pour chaque contribuable resté silencieux.
Le chiffre fait mal quand on regarde le potentiel réel de cette niche fiscale. L’administration l’estime à environ 25 milliards FCFA par an. Pourtant, en 2024, la Direction générale des Impôts n’avait encaissé que 10,5 milliards FCFA en dix mois, soit 42% de l’objectif fixé à l’époque.
Qui paie combien, et qui y échappe
Le calcul de l’IRPP suit un barème progressif appliqué au revenu net global, après un abattement forfaitaire de 500 000 FCFA. Le taux grimpe de 10% jusqu’à 2 millions de FCFA à 35% au-delà de 5 millions de FCFA. Salariés, commerçants, artisans, propriétaires fonciers et professions libérales sont tous concernés dès lors qu’ils perçoivent des revenus de source camerounaise.
Mais des exonérations existent bel et bien. Les salaires mensuels inférieurs à 62 000 FCFA échappent à l’impôt, tout comme les bourses d’études ou les intérêts de comptes d’épargne plafonnés à 10 millions de FCFA de placement.
Difficile de ne pas y voir une volonté de frapper un grand coup avant la fin de l’année budgétaire. Publier les noms des « hautes personnalités » défaillantes, c’est une pression symbolique forte dans un pays où l’anonymat fiscal reste souvent la norme pour les élites.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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