Sur France 2, les ex-otages sont longuement revenus sur le cauchema qu'ils ont traversé trois ans et demi durant dans la prison d’Evin à Téhéran.

F.M - Aujourd'hui à 22:05 - Temps de lecture :

Photo Sipa/Eliot Blondet Photo Sipa/Eliot Blondet

C’était leur première interview depuis leur retour en France le 8 avril dernier. Lundi, sur le plateau du “20-Heures” de France 2, Cécile Kohler, 41 ans, et son compagnon Jacques Paris, 72 ans, sont revenus sur un cauchemar long de trois ans et demi. Celui-ci débute en mai 2022, alors que leur voyage en Iran se termine. « On arrivait à quelques minutes de l’aéroport quand notre taxi a été bloqué, raconte l’enseignant à la retraite. Nous avons été arrachés de la voiture et emmenés dans deux véhicules différents. Là, nous sommes rentrés dans un autre monde : celui de l’incarcération, et surtout en Iran où c’est quelque chose de très spécial. »

Et pour cause, l’Alsacienne, elle aussi enseignante, évoque des « conditions inhumaines ». D’abord en isolement complet : « On n’avait absolument rien dans la cellule. Il y avait un processus de déshumanisation total, on m’a privée de tout ce qui faisait mon identité. J’étais dans un pyjama gris pendant trois ans et demi, je ne pouvais même pas voir mon visage ». Elle parle aussi de « menaces en permanence », soit d’une dégradation des conditions de détention, soit de pendaison, ou de les « envoyer dans des endroits où on ne survivrait pas ».

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« Il ne fallait pas lâcher »

Comment ont-ils tenu ? D’abord la nuit, où « pendant trois ans et demi, on n’a absolument pas vu l’obscurité » dixit Jacques, qui évoque un éclairage artificiel permanent dans leur cellule. Elle apprenait L’Odyssée d’Homère par cœur, lui faisait du sport en continu pour s’épuiser. « On avait la conviction au fond de nous qu’on ne nous laisserait pas tomber », ajoute Cécile Kohler. Impression confirmée au bout de sept mois, quand ils ont enfin pu contacter leur famille. « On s’est dit que, pour nos familles, nos amis et tous les inconnus qui se battent pour nous, il ne fallait pas lâcher, ils ne nous détruiront pas. Et on se le répétait tous les jours pour se convaincre et pour tenir le coup », poursuit l’Alsacienne.

Détenus majoritairement à la prison d’Evin à Téhéran, d’où ils sont sortis le 4 novembre dernier, ils estiment être « des rescapés du bombardement d’Israël », sur le secteur. Ensuite, ils sont assignés à résidence cinq mois à l’ambassade de France à Téhéran avant de pouvoir rallier Paris, voilà quelques jours à peine. « Un immense soulagement et un immense bonheur », selon Cécile, appuyé par son compagnon : «  Lorsqu’on a été privé de tout, on s’émerveille de chaque chose. »

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