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Iran : que cherche Donald Trump en déployant l'arsenal militaire américain ?

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"Le temps est compté" a dit Donald Trump, mercredi, après avoir déployé un vaste arsenal dans la région du golfe Persique. Washington menace Téhéran si un accord sur le nucléaire n'est pas conclu selon ses conditions, et l'Iran promet de contre-attaquer "comme jamais" s'il le faut.

Publié le 29/01/2026 08:28 Mis à jour le 29/01/2026 08:30

Temps de lecture : 3min

Le porte-avions "USS Abraham Lincoln" (ici en 2019) a été déployé dans les eaux du Moyen-Orient, ont déclaré les États-Unis le 26 janvier 2026. (ZACHARY PEARSON / US NAVY / AFP) Le porte-avions "USS Abraham Lincoln" (ici en 2019) a été déployé dans les eaux du Moyen-Orient, ont déclaré les États-Unis le 26 janvier 2026. (ZACHARY PEARSON / US NAVY / AFP)

Donald Trump renforce, en cette fin janvier, la pression sur l'Iran, avec un vaste arsenal envoyé dans la région - comprenant notamment le porte-avions USS Abraham Lincoln et son escorte, et des mots en lettres capitales sur sa plateforme Truth Social : "PAS D'ARMES NUCLÉAIRES". Sinon, promet-il, l'Iran subira une attaque "bien pire" que les frappes américaines de juin dernier contre des sites nucléaires du régime.

L'USS Abraham Lincoln mesure plus de 300 mètres de long, pèse près de 100 000 tonnes et accueille jusqu'à 80 appareils. Le bâtiment est désormais stationné dans le golfe Persique, au large de l'Iran. Figure de proue de ce que Donald Trump présente comme son "armada", le porte-avions est escorté par des sous-marins et par trois navires de guerre équipés de missiles Tomahawk.

Cela vient s'ajouter aux 50 000 soldats américains déjà stationnés dans les bases de la région : trois bases aériennes au Qatar, en Arabie saoudite, en Jordanie, et une base navale américaine à Bahreïn. Bref, l'étau se resserre de jour en jour autour de l'Iran.

Pour Donald Trump, l'objectif affiché est de forcer l'Iran à renoncer à l'arme nucléaire, selon ce qu’il a écrit sur son réseau social. Pourtant, il y a six mois, le président américain affirmait avoir déjà "anéanti" le programme nucléaire iranien avec les bombardements contre des bunkers en Iran. De son côté, Téhéran assure vouloir développer le nucléaire civil et non pas militaire.

Mais l'objectif non affiché de Donald Trump est de renverser le régime iranien, "plus faible que jamais", a asséné, jeudi 28 janvier, Marco Rubio. Le chef de la diplomatie américaine évoque les manifestations massives en Iran, réprimées dans le sang ces dernières semaines, dans une apparente fébrilité du régime.

Les menaces de Donald Trump contre les figures de la République islamique d'Iran sont à peine voilées. Dans son message, il rappelle aux mollahs la capture de Nicolas Maduro, le président du Venezuela. Selon la presse américaine, la Maison Blanche envisage des frappes contre des responsables iraniens et contre des installations militaires.

En réponse, les autorités iraniennes se disent prêtes à dialoguer, mais aussi à contre-attaquer. Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, a disparu des ondes, peut-être caché dans un abri sous-terrain. Mais jeudi 28 janvier, la diplomatie iranienne a un peu copié le "style Trump" en publiant un message tout en majuscules : "SI L'IRAN Y EST CONTRAINT, ALORS IL SE DÉFENDRA ET RÉAGIRA COMME JAMAIS AUPARAVANT."

Ces échanges inquiètent les pays de la région, qui ne semblent pas intéressés par la chute du régime iranien. Le Qatar appelle à la "désescalade", la Turquie à la "négociation". L'Arabie saoudite refuse que son sol serve de base arrière aux frappes américaines, qui seraient suivies de représailles iraniennes.

Dans la bataille, Donald Trump a pour dilemne un risque de déstabilisation, de perturbation aussi des livraisons de pétrole et de gaz, sans oublier dans l'équation son propre électorat, auquel il avait promis d'arrêter les guerres et non pas d'en commencer de nouvelles.

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