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Iran : lors des funérailles d’Ali Khamenei, ces fidèles voulaient envoyer un message à Donald Trump

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La cérémonie d’hommage au guide suprême, tué fin février lors des frappes israélo-américaines, a été marquée par des appels à « venger » le « martyr » Khamenei.

Un enterrement aux airs de contre-soirée. Alors que les États-Unis célèbrent leur 250e anniversaire, les funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei – tué dans un bombardement fin février – se tiennent à Téhéran ce samedi 4 juillet. L’événement est placé sous le signe de la « vengeance » contre le « Grand Satan » étasunien, ennemi historique de l’Iran avec lequel un fragile cessez-le-feu se poursuit.

Alors que le jour se levait tout juste sur la capitale iranienne, une foule de fidèles était déjà réunie devant le cercueil d’Ali Khamenei, exposé pour un adieu public au visage de la République islamique. La télévision d’État iranienne a annoncé vers 6 heures (4 heures, heure de Paris) le début des obsèques nationales du défunt guide suprême dans un vaste complexe qui comprend une mosquée.

« Nous ne sommes pas là pour un enterrement mais pour une vengeance », s’écrie un laudateur devant des fidèles en pleurs. Dans la foule, nombreux sont ceux à agiter des drapeaux rouges avec l’inscription « Martyr » ou ceux jaunes du Hezbollah libanais, mouvement soutenu par Téhéran. Ali Khamenei a été tué le 28 février à 86 ans, lors du bombardement de sa résidence à Téhéran par des frappes israélo-américaines qui ont embrasé le Moyen-Orient.

Une foule de fidèles en deuil s’est réunie le 4 juillet à Téhéran pour un dernier adieu à l’ayatollah Ali Khamenei.

- / AFP

Une foule de fidèles en deuil s’est réunie le 4 juillet à Téhéran pour un dernier adieu à l’ayatollah Ali Khamenei.

« Mort à l’Amérique, mort à Israël ! »

Des banderoles rouges appelaient à la « vengeance » et à « #TuerTrump », au moment où les États-Unis célèbrent leur 250e anniversaire. Les images de la cérémonie diffusées par Reuters et que vous pouvez voir ci-dessous montrent les officiels iraniens très émus, à commencer par le président Masoud Pezeshkian, en larmes.

Parmi les fidèles, on compte de nombreuses personnes d’apparence conservatrice : des femmes en tchador et des hommes vêtus de noir. Certains sont venus en famille avec leurs enfants. « Je n’ai jamais eu la chance de voir le guide suprême de près et je le regrette. Aujourd’hui je suis venu pour lui dire un dernier adieu », déclare à l’AFP Javad Akbari, 43 ans, un employé dans l’alimentaire.

Deux rangées de drapeaux iraniens entourent le cercueil de Khamenei exposé sous le dôme de l’immense Mosalla, conçue pour les prières. Les murs du site sont couverts de grands portraits de l’ayatollah Khamenei, à différentes périodes de sa vie, notamment lorsqu’il accompagnait des soldats sur le front lors de la dévastatrice guerre contre l’Irak, de 1980 à 1988.

« Nous avons promis au guide suprême de rester avec lui jusqu’au bout. Tout ce monde est là pour lui » car il « s’est sacrifié pour nous », dit Reza, un professeur d’université de 37 ans. Des chants religieux et patriotiques ajoutent de l’émotion, tandis que des fidèles se recueillent à même le sol. Comme le veut la tradition dans l’islam chiite, beaucoup se frappent la poitrine en signe de deuil.

Certains scandent « Mort à l’Amérique, mort à Israël ! », un slogan régulièrement entendu dans les rassemblements officiels. Par intermittence, de l’eau est pulvérisée sur la foule alors que les températures devraient dépasser dans la journée les 35 °C.

Une cérémonie dans une ville aux allures de camp retranché

De nombreux fidèles tiennent des portraits de Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père à la fonction de guide suprême. Depuis sa nomination en mars, le dirigeant n’est toujours pas apparu publiquement et ne s’exprime que par des communiqués qui lui sont attribués.

Ces funérailles publiques se déroulent dans un contexte de fragile cessez-le-feu avec les États-Unis et six mois après d’importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir. Le centre de Téhéran a samedi des allures de camp retranché : des blocs de béton et des voitures de police bloquent toutes les rues menant au site sur environ deux kilomètres.

Les autorités iraniennes disent attendre entre 15 et 20 millions de participants rien qu’à Téhéran pour cet hommage national qui se déroule sur six jours avec une escale en Irak voisin. Lundi, la dépouille d’Ali Khamenei traversera les rues de Téhéran pour un dernier adieu, avant que le cortège funèbre ne gagne le lendemain la ville sainte de Qom. Le défunt sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad, dans le nord-est du pays, dont il était originaire.

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