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« Si la nation en faillite qu’est l’Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement », a averti Donald Trump. Quelques heures avant, son homologue iranien avait plaidé pour une reprise des négociations.

Aux abords du détroit d’Ormuz, le 28 août 2026. Aux abords du détroit d’Ormuz, le 28 août 2026.

L’armée américaine a bombardé l’Iran pour la deuxième fois en quelques jours, mardi 1er septembre, ce qui, selon la presse iranienne, a donné lieu à une riposte « décisive », malgré une mise en garde de Donald Trump.

« Une opération décisive menée par les forces armées iraniennes en riposte à l’ennemi américain a commencé », rapporte l’agence de presse Tasnim. « Les bases et les intérêts américains dans la région sont pris pour cible par des missiles et des drones iraniens ».

« Aujourd’hui, à midi [18 heures, en France], les forces américaines ont lancé des frappes contre des cibles du corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) en Iran », avait auparavant annoncé leur commandement dans la région (CentCom) sur X. « Ces frappes font suite à de récentes tentatives d’attaques menées par le CGRI contre des navires marchands dans le détroit d’Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région », ajoutait-il.

« Si la nation en faillite qu’est l’Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée bien plus durement », a, quant à lui, averti le président américain, Donald Trump, sur son réseau, Truth Social. Sa cote de confiance ne cesse de baisser, en grande partie en raison de ce conflit impopulaire aux Etats-Unis.

Quelques heures avant les nouveaux bombardements américains, le président iranien, Massoud Pezeshkian, avait plaidé pour une reprise des négociations, aujourd’hui au point mort. « Si les Etats-Unis reviennent à leurs engagements au titre du protocole d’accord (…), la République islamique d’Iran prendra immédiatement des mesures réciproques », a-t-il déclaré, à l’occasion d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) au Kirghizistan, en Asie centrale.

La télévision publique iranienne a fait état de plusieurs explosions dans le sud du pays, près de Bandar-e Abbas et de l’île de Qechm, à proximité du détroit d’Ormuz. La chaîne a précisé qu’« aucun dégât » n’avait jusqu’à présent été signalé dans la province. Elle a, par la suite, fait état d’autres déflagrations aux mêmes endroits, mais aussi sur l’île de Lavan, située dans le Golfe, qui abrite l’un des terminaux d’exportation de pétrole iranien.

Selon les médias iraniens, quatre projectiles ont touché des villes situées à l’est du détroit, et l’aéroport de Jiroft, dans la province de Kerman (Sud), a également été pris pour cible. Ahmad Nafisi, vice-gouverneur de la province du Hormozgan, a fait état de deux morts et de plusieurs blessés. « Une maison a été prise pour cible alors que des personnes y célébraient un mariage », a-t-il déclaré à la télévision.

Asphyxie économique

Peu avant les derniers bombardements américains, deux pétroliers ont été touchés par des projectiles non identifiés alors qu’ils quittaient le détroit hautement stratégique, selon l’agence maritime grecque Marisks. Les cours du pétrole ont bondi mardi, le baril WTI américain repassant au-dessus du seuil des 90 dollars pour la première fois depuis fin juillet.

Les Etats-Unis avaient déjà mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des cibles militaires situées sur une île iranienne et l’Iran avait riposté contre des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis.

L’Iran veut prélever des droits de passage dans le détroit, où la navigation était libre avant le début du conflit. Le gouvernement américain a, de son côté, promis une campagne d’« asphyxie » économique de l’Iran, passant par des sanctions dont les contours restent à préciser.

Les autorités iraniennes ont appelé mardi à réduire la consommation d’essence dans le pays, alors que Téhéran est confronté à des difficultés d’importation du fait d’un blocus naval imposé par les Etats-Unis.

Par ailleurs, l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a émis un avertissement sur le programme nucléaire iranien. La question de l’accès aux sites nucléaires iraniens pour y vérifier le matériel nucléaire « doit être réglée avec la plus grande urgence », souligne-t-elle dans un rapport confidentiel consulté par l’Agence France-Presse.

L’AIEA n’a pas eu accès aux installations nucléaires majeures de Fordo, de Natanz et d’Ispahan depuis les frappes bombardements israélo-américains de juin 2025 contre ces sites.

Le Monde avec AFP