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Meta, Tesla, Hermès… plusieurs géants américains et européens, jugés «pleinement conformes» avec la doctrine sociale de l’Église, ont été intégrés à ces nouveaux indicateurs de référence.
Foi et argent peuvent faire bon ménage. L’Institut pour les œuvres de religion (IOR), la principale institution financière du Saint-Siège, plus connue sous le nom de «banque du Vatican», a annoncé mardi 10 février le lancement de deux indices boursiers «conformes avec les critères éthiques catholiques». L’ambition derrière de ces nouveaux indicateurs financiers ? Proposer une «référence pour les investissements catholiques dans le monde entier». Et démontrer, par la même occasion, que profit financier et principes de foi ne sont pas incompatibles.
Développés «selon les meilleures pratiques du marché» en partenariat avec la société américaine de services financiers Morningstar, ces deux indices - le Morningstar IOR Eurozone Catholic Principles pour la zone euro, et le Morningstar IOR US Catholic Principles pour les États-Unis - rassemblent chacun 50 entreprises, listées de part et d’autre de l’Atlantique, de tailles différentes, et jugées «pleinement conformes» avec la doctrine sociale de l’Église catholique, tels le respect de la vie, la responsabilité sociale ou encore la protection de l’environnement. Certaines entreprises sont donc exclues, comme celles liées à l’armement, l’euthanasie ou l’avortement. L’institution précise que ces indices intégreront les évolutions futures de son approche en matière d’investissement éthique.
Preuve que le Saint-Siège n’a pas renoncé à une approche financièrement rigoureuse, on retrouve, parmi la centaine d’heureux élus, plusieurs poids lourds de la tech, du luxe et de la finance. Côté États‑Unis, les principales pondérations mentionnées incluent ainsi Meta, Amazon, Nvidia, Tesla et Apple. Côté zone euro, ce sont ASML, Deutsche Telekom, SAP, Banco Santander ou encore Hermès qui sont les premiers répertoriés. Une exposition assez large, donc, qui rapproche ces deux paniers de valeurs des indices traditionnels comme le S&P500 aux États-Unis ou Euronext en Europe, mais avec un filtrage éthique en plus.
Assainir les placements du Saint-Siège
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes engagées sous le pontificat du pape François, visant à assainir les finances du Saint-Siège, dont l’image avait été éclaboussée par plusieurs scandales ces dernières décennies. En 2017, le chef de l’Église catholique avait fait un constat sans ambages sur la gouvernance du Vatican, affirmant que «réformer» la Curie romaine revenait à «nettoyer le sphinx d’Égypte avec une brosse à dents». C’est à cet effet qu’il crée le tout-puissant Secrétariat à l’Économie en 2014 et lancé d’ambitieux travaux d’assainissement de la banque du Vatican, où 5000 comptes suspects ont notamment été fermés en 2015.
La gestion des fonds de la cité-État pontificale a toutefois encore fait l’objet de controverses ces dernières années. En 2021, l’ancien auditeur général du Vatican, Libero Milone, avait par exemple révélé que le Saint-Siège avait investi dans une entreprise pharmaceutique produisant des pilules du lendemain. L’année suivante, François avait ainsi pris la décision de centraliser la gestion de patrimoine du Saint-Siège au sein de l’IOR et créé un Comité des investissements chargé de garantir la conformité éthique des placements.
En attendant, l’IOR, qui emploie 105 salariés et compte plus de 12.000 clients dans plus de 110 pays, se positionne aujourd’hui «parmi les institutions financières les plus solides au monde en termes de capitalisation et de liquidité», peut-on lire dans son rapport annuel pour l’année 2024, présenté en juin dernier. La banque du Vatican affiche sur cet exercice financier un bénéfice net de 32,8 millions d’euros, en hausse de 7,2 % par rapport à 2023. Elle a aussi versé 13,8 millions d’euros de dividendes cette année-là, intégralement affectés par le pape François à des projets caritatifs.


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