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Invasion coloniale sioniste du Liban : la grande leçon de stratégie temporelle du Hezbollah face à une pourriture sioniste noyée dans son arrogance (Ali Haydar)

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Grande leçon de stratégie et d’adaptation idéologico-spatio-temporelle. Ça devient de l’art ! La pourriture sioniste s’efface de la face du temps…
~ Résistance 71 ~

« Time… to die ! » (Roy, replicant, Nexus 6, « Blade Runner », 1978)

Renversement de l’embuscade stratégique : la Résistance est en train de vider la supériorité d’Israël de sa substance

Ali Haydar pour le journal Al Akhbar, traduit par Al Manar

4 mai 2026

Url de l’article en français :

https://french.almanar.com.lb/article/63242/

Ce qui se passe au Sud-Liban ne saurait se réduire à un simple faux pas de l’armée ennemie dans l’exécution d’un plan militaire, ni à un échec tactique ; il s’agit plutôt d’un moment révélateur de l’effondrement d’un paradigme entier de pensée stratégique.

Le problème ne réside pas tant dans une erreur d’appréciation d’un objectif ou d’un calendrier, mais plutôt dans l’entrée en guerre d’Israël fondée sur des hypothèses tirées d’expériences passées, qu’il a considérées comme des vérités établies, tandis que l’adversaire avait tiré des leçons de ces expériences et adapté son comportement et ses moyens. Ainsi, l’« embuscade stratégique » qu’Israël pensait avoir tendue a non seulement été déjouée, mais s’est retournée contre lui, car l’autre camp a su exploiter la situation à son avantage.

Globalement, Israël semble avoir reproduit sa vision de la guerre de 2024 : une puissance de feu écrasante, des assassinats ciblés, des destructions massives d’infrastructures et une onde de choc destinée à contraindre l’adversaire à capituler ou à accepter des conditions imposées. Cette vision reposait sur une interprétation particulière de la retenue dont le Hezbollah avait fait preuve en réponse aux attaques israéliennes durant les quinze mois qui ont suivi la guerre, ainsi que sur une surestimation des conséquences de cette ligne de conduite, surestimation amorcée par l’incident des bipeurs.

Israël a interprété la riposte atténuée du Hezbollah comme un signe de faiblesse, alors qu’il s’agissait en réalité d’un repositionnement stratégique, d’une occasion de tirer des leçons et d’adapter ses outils et tactiques aux changements survenus après l’opération Déluge d’Al-Aqsa. Le déroulement des affrontements et leurs résultats jusqu’à présent démontrent que les hypothèses initiales du Hezbollah étaient, pour la plupart, justes, contrairement aux évaluations de la direction ennemie, surprise par la résilience du parti et sa capacité à contenir l’offensive israélienne.

C’est là que réside le changement fondamental : l’objectif n’est plus d’empêcher la frappe elle-même, mais d’en limiter l’impact stratégique.

Dans cette perspective, on comprend mieux pourquoi les frappes massives n’ont pas entraîné l’effondrement sur lequel reposait le plan israélien, mais plutôt une transition rapide vers un autre mode d’interaction. Ce mode ne se fonde plus sur l’équation frappe-représailles, mais sur une équation plus complexe : une frappe préparée à l’avance, non pas anticipée, dont les conséquences sont contenues, suivie d’une usure progressive qui redistribue la pression au fil du temps.

Dans cette situation, la supériorité militaire directe perd son pouvoir de produire un résultat décisif, car elle se heurte à un adversaire qui cherche non pas à l’empêcher, mais à l’absorber et à en prolonger les effets. C’est précisément là que réside le changement de cours du conflit : d’une tentative israélienne de créer un choc décisif, on passe à un engagement forcé dans une guerre d’usure que l’ennemi n’a pas les moyens de gagner.

Cette transformation était manifeste dans la « zone de sécurité » qu’Israël tente d’imposer. Au lieu d’être une zone tampon empêchant les menaces, elle est devenue un espace d’engagement constant, où la présence militaire israélienne elle-même est devenue une cible permanente d’opérations mobiles.

Ainsi, le contrôle territorial, censé conférer la supériorité, devint une contrainte ; il restreint la mobilité de l’armée et la contraint à un état défensif permanent, tandis que les unités de résistance, grâce à leur organisation décentralisée et à leurs coûts opérationnels moindres, peuvent se déplacer avec souplesse. Dès lors, la question n’était plus : qui contrôle le territoire ? mais plutôt : qui dicte les modalités d’engagement à l’intérieur de celui-ci ?

Ce changement n’est pas seulement tactique ; il touche une perception plus profonde. Israël est entré en guerre avec une mentalité fondée sur son expérience passée, tandis que le Hezbollah agissait en fonction des leçons qu’il en avait tirées. Cela a créé un fossé cognitif crucial : l’un répétant le même schéma, l’autre le développant. Dans ce cas, la répétition elle-même devient une faiblesse, car elle donne à l’adversaire une plus grande capacité d’anticipation et de préparation.

Dans ce contexte, l’escalade n’est plus une voie linéaire menant à une issue décisive, mais plutôt un outil de gestion du conflit dans des limites définies. Israël a adopté l’escalade en élargissant le champ d’action de ses frappes et en redéployant ses forces terrestres, mais s’est trouvé contraint par des facteurs externes, principalement son adhésion à la position américaine, notamment en raison de l’imbrication du conflit libanais avec des enjeux plus vastes liés à l’Iran. Ces contraintes ont limité sa capacité à transformer sa supériorité militaire en un résultat décisif, tandis que le Hezbollah les a exploitées pour intensifier sa stratégie d’usure sans pour autant sombrer dans une confrontation ouverte.

Le Hezbollah a bouleversé les calculs et changé les règles d’engagement, passant de la supériorité à l’usure.

En matière de dissuasion, nous avons constaté une érosion particulière. Si Israël conserve la capacité d’infliger des dommages considérables, cette capacité ne suffit plus à atteindre ses objectifs politiques. Inversement, le Hezbollah n’est pas parvenu à dissuader Israël de lancer des attaques, mais il est réussi à l’empêcher de remporter une victoire décisive, en lui imposant une guerre d’usure unilatérale et en établissant des règles d’engagement qui restreignent la résistance. Ce changement reflète un déplacement du centre de gravité, de la capacité d’agir à celle de perturber les conséquences et de contrôler le cours des événements – l’une des transformations les plus marquantes de la guerre asymétrique.

Dans cette équation, le temps n’est plus un élément neutre, mais un véritable champ de bataille. Israël a besoin de résultats rapides pour consolider son discours et atteindre ses objectifs, tandis que le Hezbollah s’efforce de l’en empêcher, utilisant le temps pour répartir les coûts et affaiblir progressivement l’adversaire.

Ainsi, le temps devient un atout pour celui qui sait l’utiliser efficacement. Jour après jour, les fondements sur lesquels Israël a déclenché la guerre s’effritent, et une nouvelle réalité, fondée sur l’attrition et une lente érosion, s’installe.

De ce point de vue, les événements survenus ne peuvent être perçus comme un échec militaire direct, mais plutôt comme une incapacité à transformer les succès opérationnels en impact stratégique. Cela ne tient pas à un manque de capacités, mais à une erreur dans les hypothèses sur lesquelles Israël a fondé ses décisions. C’est là l’un des principaux atouts du Hezbollah : avoir su tirer profit de la dynamique de l’ennemi et de sa confiance dans ses succès sécuritaires lors du conflit précédent.

Pour l’avenir, le résultat le plus évident, quel que soit le scénario, est qu’Israël ne maîtrise plus le cours du conflit comme il le pensait auparavant, et que le Hezbollah est parvenu à faire basculer l’enjeu de la « prévention d’une victoire décisive » du champ de bataille vers les cercles décisionnels de l’ennemi. Par conséquent, le discours israélien se concentre désormais sur des objectifs à long terme pour le démantèlement du Hezbollah, délaissant l’idée d’une victoire rapide et décisive.

Par conséquent, l’essence des événements ne se limite pas à l’équilibre des forces, mais s’étend à l’équilibre des perceptions, compte tenu de son impact direct sur l’évaluation des risques et des limites inhérentes aux options offertes aux décideurs. Israël est entré en guerre persuadé de détenir l’initiative, mais a découvert que la véritable initiative ne réside pas dans la première frappe, mais dans ce qui suit – un fait qui lui a échappé.

C’est précisément là que le changement devient évident : le Hezbollah n’a pas cherché à empêcher l’« embuscade stratégique » tendue par l’armée ennemie, mais l’a plutôt déviée et en a inversé le cours. Il n’a pas cherché à affronter directement la supériorité militaire, mais est parvenu à en neutraliser l’efficacité et à en atténuer l’impact par la durée et l’usure.

Dans un conflit de ce type, la question n’est plus : qui est le plus fort ? mais plutôt : qui est le plus flexible ? Car c’est cette flexibilité qui, en fin de compte, détermine le cours de la guerre et son issue.

Par Ali Haydar

Source : traduit d’al-Akhbar

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This entry was posted on 5 Mai 2026 at 3:15 and is filed under actualité, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, sionisme colonialisme génocidaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , . You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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