Projet dernière chance envoie Ryan Gosling dans l’espace dans un film alliant grand spectacle et comédie intimiste. Rencontre avec la star d’un film somptueux et abouti.

Propos recueillis par Thibault Liessi - Aujourd'hui à 07:00 - Temps de lecture :

Ryland Grace (Ryan Gosling), pas si seul que cela dans l’espace. Photo Amazon MGM Studios Ryland Grace (Ryan Gosling), pas si seul que cela dans l’espace. Photo Amazon MGM Studios
Dans Projet dernière chance, votre personnage, Ryland Grace, est un enseignant qui se retrouve dans l’espace, seul et confus. Comment réussir à rendre cet antihéros attachant ?

Ryan Gosling : « Déjà, il faut souligner le travail d’Andy Weir, qui rendait attachant Grace dans son livre (*), et si on restait fidèle à son caractère, j’étais sûr que le public allait l’aimer. Là où Christopher Miller et Phil Lord [les réalisateurs du film, NDLR] ont eu de l’intelligence dans cette adaptation, c’est de filmer en ordre chronologique. L’introduction où Grace se réveille et se cogne dans toute la station spatiale dans ce pyjama immonde est la première scène qu’on a tournée. L’audience découvre l’univers du film en même temps que mon personnage. »

Cet aspect ordinaire de votre personnage, comment le conciliez vous avec l’extraordinaire de la situation ?

« C’est le film le plus compliqué que j’ai jamais tourné, et il fallait conjuguer tout ce que j’ai appris en 30 ans de carrière pour rendre crédible ce personnage, autant dans la comédie que le drame. Nos vies ne sont pas que des rires ou des larmes. C’est pareil dans ce film. »

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« Même si ce n’est pas facile, on a le droit d’espérer »

Projet dernière chance évolue en “buddy movie” avec la rencontre de l’alien Rocky, qui ressemble à un tas de cailloux. Comment on joue avec un personnage qui n’a pas de visage ?

« En pré-production, on m’avait montré des maquettes de Rocky, donc je savais à quoi m’attendre. Mais sur le tournage, comme je l’ai précédemment dit, on filmait les séquences dans l’ordre. La scène où je rencontre Rocky arrive au bout d’une centaine de jours où j’étais seul en scène. Autant dire que je suis quasiment dans le même état que mon personnage, heureux d’avoir enfin quelqu’un à mes côtés ! (rires) Là aussi, il faut souligner les bons choix de Chris et Phil : ils ont créé Rocky sous la forme d’une marionnette, et non en images de synthèse. Le marionnettiste qui incarne Rocky, James Ortiz, autant dans les gestes que dans la voix (**), était à mes côtés durant les scènes. Tout a été fait pour rendre crédible cet alien, et donc notre duo. »

Blade Runner 2049, le futur film Star Wars, Projet dernière chance : pourquoi cet attrait pour la science-fiction ?

« C’est un genre qui rend possible l’impossible, et qui résonne dans chacun d’entre nous. Notre histoire en tant qu’humanité est faite de problèmes insurmontables qui ont été résolus. En tant que parent, je voulais montrer ça, par la science-fiction, à mes enfants pour leur rappeler que même si ce n’est pas facile, on a le droit d’espérer. »

Ce qu'on a pensé du film

« Ce n’est jamais un mauvais moment de rappeler que nous pouvons travailler ensemble, comme une seule espèce, pour le bien de tous » : les mots des cinéastes Phil Lord et Christopher Miller peuvent être le leitmotiv de Projet dernière chance, qui reprend le travail d’Andy Weir (déjà l’auteur de Seul sur Mars) pour un film de science-fiction résolument optimiste. Car la catastrophe du scénario, la mort des étoiles, est une allégorie assez évidente du réchauffement climatique, et pour la résoudre c’est un duo improbable, composé d’un professeur amnésique (Ryan Gosling) et d’un extraterrestre caillouteux, qui est à la manœuvre.

Même dans l’espace, Projet dernière chance prend la forme d’une comédie quasi-intimiste pour parler des relations avec l’autre, ce qu’il faut sacrifier, ou garder, pour avancer ensemble. Mais le tour de force du film, c’est de le faire dans un grand spectacle somptueux, où on est baladé de nébuleuses roses à un vaisseau majestueux pour offrir un film à la fois utopique et ancré sur Terre. Un bijou de science-fiction.

(*) Projet Dernière Chance aux éditions Bragelonne.

(**) Rocky est doublé en français par Emmanuel Curtil, la voix de Jim Carrey.

Projet dernière chance de Phil Lord et Christopher Miller, en salles dès ce mercredi 18 mars. Durée : 2 h 37

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