À l’occasion de la diffusion unique dans plus de 350 cinémas en France, le 2 juillet, de son concert filmé à l’Accor Arena de Paris, Julien Doré revient sur la création de ce film et les images d’une tournée qui a pulvérisé les records. Un « dernier pestacle » qu’il a voulu prolonger autrement, sur grand écran, pour donner un visage à celles et ceux qui travaillent dans l’ombre.

Propos recueillis par Audrey Vermorel - Aujourd'hui à 08:51 - Temps de lecture :

Le show enregistré lors de la dernière date à l’Accor Arena de Paris de Julien Doré sera diffusé le 2 juillet au cinéma. Photo Sipa /Sebastien Salom-Gomis Le show enregistré lors de la dernière date à l’Accor Arena de Paris de Julien Doré sera diffusé le 2 juillet au cinéma. Photo Sipa /Sebastien Salom-Gomis
Comment est née l’idée d’une diffusion de votre dernière tournée au cinéma ?

« La tournée précédente avait une mise en scène assez folle, on avait déjà évoqué l’idée de la capter. Je ne sais pas pourquoi, mais je m’étais dit que ce spectacle devait rester physique, vivant. Puis l’idée est revenue avec cette nouvelle tournée et une mise en scène encore plus folle. Finalement, le cinéma m’a offert deux choses : la distance, pour réfléchir à ce que j’allais montrer, et la puissance du format, avec un écran et un son dans lesquels on est totalement plongé. On est assis sur un siège de cinéma comme dans un gradin. Et puis la date unique, c’est un peu comme une date de concert. J’aime bien cette idée. C’était une façon de pousser encore plus loin cette expérience. »

Vous avez déjà vu ce concert filmé qui va être diffusé le 2 juillet. Quel a été votre ressenti ?

« C’était très émouvant, notamment parce que je l’ai vu avec une grosse partie de mon équipe technique. Dès le départ, j’ai eu à cœur de montrer comment ça se passe de l’autre côté de la scène, parfois sous la scène, et de donner de la place à ceux qui restent habituellement dans l’ombre. Je me suis rendu compte à quel point ça transformait la perception du spectacle. Il y a les chansons, les émotions, mais entre les morceaux ou pendant certains titres, on plonge dans un monde qui n’est jamais visible d’habitude. Voir les visages de mes techniciens et techniciennes, réaliser que chacun de leurs gestes est aussi important que ma voix dans un micro, c’était fort. Tous ces personnages de l’ombre, sans qui tout ce show ne pourrait pas exister. »

Est-ce que le spectacle a été adapté ce soir-là pour la captation ?

« Non ! Toutes les images viennent de notre dernière date à l’Accor Arena de Paris, la cinquième, avec la présence de Gilbert Montagné, qui m’a fait la surprise de venir chanter Les Sunlights des tropiques , qui crée un moment assez fou. Ce sont uniquement les images de ce moment-là. »

« J’en aurais bien fait dix de plus ! »

Pourquoi avoir choisi cette dernière date ?

« Parce que c’était notre dernière fois avec cette mise en scène qui m’a demandé presque deux ans de travail. Je voulais qu’on ressente, au fil des chansons, cette fin qui approchait. Les titres sont dans l’ordre exact du concert et cette émotion de la fin est importante ».

Vous avez été très ému lorsque vous avez découvert le résultat. Vos larmes étaient des larmes de joie, de tristesse ?

« C’est un mélange de tout ça. Il y a une pression qui retombe, le fait de réaliser ce qu’on a vécu, un soupçon de tristesse aussi en se disant : “J’en aurais bien fait dix de plus !”. J’ai été particulièrement ému pendant le générique de fin et je pense que le public le sera aussi, car c’est leur montrer qui nous sommes pendant une tournée, notre amitié ».

Pourquoi avoir choisi le noir et blanc pour montrer les coulisses ?

« Je voulais que, lorsqu’on plonge dans ce qui n’est pas vu, dans les coulisses, on change d’atmosphère. Il y a une "caméra off" qui se balade et filme tous les moments qu’on n’a jamais vus, et je voulais qu’elle ait son identité. C’était une façon de passer de la lumière, de la danse, des effets spéciaux, à quelque chose de plus brut, plus vrai. Et puis j’aime profondément le noir et blanc, dans le cinéma comme dans les arts ».

Après une tournée aussi importante – 75 zeniths à guichets fermés et plus d'un million de spectateurs – est-ce difficile de revenir à la vie quotidienne ?

« Je l’aborde comme j’aborde ma vie artistique depuis vingt ans : avec le petit espoir de faire du bien. Aujourd’hui, les choses retombent doucement. Cet été, il y aura encore des festivals, des moments de musique avec le public. Puis à partir de septembre, tout se remettra à sa place. Le silence sera peut-être une prochaine étape, je ne sais pas quand ni comment. Mais ne plus apparaître et essayer de chercher à faire les plus jolies chansons possibles pour la suite, c’est ce qui compte ».

Un film haut en couleurs et en émotions

Julien Doré donnera son dernier "pesctacle", du nom de sa tournée de plus de 75 dates le 2 juillet prochain, lors d’une séance unique sur grand écran dans plus de 350 cinémas. Nous avons pu découvrir ce film en avant-première, aux côtés de l’artiste. Pendant ce concert, capté à l’Accor Arena de Paris le 18 avril, le public est prévenu : c’est « le dernier show ». Lorsqu’il l’annonce, Julien Doré est très ému. Et c’est ce qu’apporte le film : les émotions vécues lors du concert sont parfaitement transmises, voire décuplées.

Julien Doré prend aussi une autre dimension à l’aide du film. Il s’adresse aux spectateurs du concert mais aussi à ceux derrière l’écran. Le spectateur ne va pas seulement voir l'artiste réaliser un show pour le public de Bercy, mais aussi un show qui lui est destiné : il va avoir l’impression que le chanteur performe pour lui. La réalisation plonge parfaitement l’artiste dans les différents décors haut en couleur. Lorsque l’écran devient gris, les hommes et les femmes de l’ombre, sans qui ce show n’aurait pas pu voir le jour, sont mis en lumière. Un concert endiablé, à l’image du chanteur et des scènes remplies d’émotions qui devraient faire passer au spectateur un moment inoubliable, comme s’il était dans la salle.

Dorian Auroque-Oliveira

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