NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Quatre ans après son Prix de la meilleure performance pour le film Harka, dans la section Un Certain Regard, l’acteur franco-tunisien Adam Bessa, 34 ans, montera les marches en compétition pour Histoires parallèles de l’Iranien Asghar Farhadi, avec Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel et Pierre Niney. Le film sort en salles ce jeudi.
Propos recueillis par Nathalie Chifflet - Aujourd'hui à 06:30 - Temps de lecture :
« C’est une machine de travail. Sa mise en scène est extrêmement précise : si on a une scène, il sait exactement à quelle phrase doit arriver tel geste, telle émotion. Mais il y a autre chose : il ne décroche jamais vraiment. Je me souviens d’un soir, après une longue répétition, on marchait ensemble dans Paris. Il y a eu quelque chose qui m’a fait rire spontanément, et il m’a dit : "C’est ça qui me manque. Je veux ce sourire dans le film." On était en train de parler de la vie, de sa fille - et lui, il travaillait encore. »
« Non, pas spécialement. Et honnêtement, ce serait difficile d’entrer dans ma psyché ! J’ai plutôt senti qu’il prenait le temps d’apprendre à me connaître, qu’il revenait toujours au personnage, qu’il avait une image très précise de ce qu’il voulait. Mais tout ce que je lui renvoyais l’alimentait. Je sentais clairement qu’il me voyait comme une matière sur laquelle il travaillait. Il n’a jamais dit "coupez" et tout oublié. C’était constant. »
Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.
En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).
En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix
« Farhadi me voyait avec une fraîcheur absolue »
Votre personnage sort de prison au début du film. Asghar Farhadi vous a-t-il transmis une manière particulière d’aborder cette dimension ?« Oui, et c’est là que sa vision orientale a tout changé pour moi. Il m’a raconté une anecdote : un jour, il était en voiture à Téhéran, il a vu un homme sortir de prison et marcher sur le bord de la route. Il s’est arrêté et lui a proposé de le déposer quelque part. L’homme a refusé. Asghar Farhadi a insisté : "Mais c’est très loin à pied." Et l’homme lui a répondu : "La seule chose que j’ai envie de faire, c’est de marcher. J’ai été enfermé quatre ans." Farhadi m’a dit : "Je l’ai vu partir et il ne marchait pas - il volait sur le sol." Dans tout son discours, il n’y avait aucune notion de réinsertion, de casier, de statut. Juste un homme qui voulait marcher. Ça m’a profondément touché. »
« Énormément. En France, quand on me donne un rôle d’arabe, le prisme est immédiatement politique, sociologique. On est tellement chargés d’histoire. Lui n’avait rien de tout ça. Il me voyait avec une fraîcheur absolue. Il m’a dit que c’est un truc très iranien, très oriental : voir de la poésie dans des situations que nous, on qualifie de graves, de problématiques. Il m’a infusé de ça tout au long du tournage. »
« La France est encore un pays de cinéma »
Cette sensibilité orientale vous renvoie à votre propre histoire ?« Oui, mon enfance en Tunisie. C’est un regard que je reconnais. Et ce qui est beau, c’est que Farhadi le réintroduit dans un Paris qui n’est pas celui des cartes postales, mais celui de Magenta, de la République, du canal Saint-Martin. Ce premier plan où on me suit dans le métro, et puis soudain on bascule sur Isabelle Huppert dans une lumière bleue incroyable, j’ai eu l’impression d’arriver dans un film de Melville. Il redonne à Paris un attrait poétique que le cinéma français lui-même ne se permet plus toujours. »
« Il y a d’abord un attachement culturel profond au cinéma français et à son histoire. Et puis il y a une configuration politique et financière qui permet encore de faire des films ambitieux, non commerciaux, sans devoir répondre à une logique de studio. Farhadi a voulu tourner ce film aux États-Unis avant de le faire ici, mais ce n’était pas possible là-bas. La France permet encore ça. C’est une grande chance. Et il y a les spectateurs aussi : ce pays est encore un pays de cinéma, avec des îlots de résistance partout, des salles qui font découvrir des choses. »


3 week_ago
61




![[PODCAST] Affaire Autrand : qui en voulait à Rachel ?](https://i1.ytimg.com/vi/Eg_q6vLfl9w/maxresdefault.jpg)






















.jpg)






French (CA)